Pour Régine Bonnet, le 31 août est une date terrible. Il y a deux ans, , son petit-fils de 19 ans, était assassiné à Villeurbanne par un réfugié afghan de 34 ans alors qu’il se rendait à un concert. Cinq autres personnes avaient été blessées.

Mère de famille de 8 enfants, grand-mère de 14 petits-enfants, elle a toujours vécu dans l’Indre, à Chabris, où son mari, peintre en bâtiment, est né et a grandi. Elle nous confie que la santé de celui-ci, très éprouvé par le drame, décline. L’indifférence des pouvoirs publics, locaux comme nationaux, a été pour eux une douloureuse surprise. Seul le petit village de Bonvillard, en Savoie, près d’Albertville, où le jeune homme vivait avec ses parents, son frère et sa sœur, lui a rendu hommage. Régine Bonnet décrit « un enfant courageux, qui avait tout pour réussir une belle vie »

avait décroché un CAP de boulanger au lycée de Challes-les-Eaux, près de Chambéry. Étant le « meilleur élève, il avait été désigné pour faire un mois de stage dans les cuisines de l’Élysée, sous François Hollande ». Puis il avait fait un CAP de chocolatier et « il suivait une formation de traiteur au moment du drame […] il avait une opportunité pour faire une saison au Guatemala, chez des amis installés là-bas… » Oui, il « méritait une belle vie » !

Lors des obsèques, le maire de Bonvillard avait pris la parole : « Un acte odieux et inqualifiable. Nous attendons que la Justice fasse son travail pour qu’une telle chose ne se reproduise plus. » Sauf que le procès n'a pas eu lieu et que Régine Bonnet ne décolère pas. Pour elle, tout cela s’apparente à l’affaire Sarah Halimi. « L’assassin avait prémédité son geste puisqu’il avait pris à l'avance un couteau ! » Des témoins l'avaient entendu dire « Ils ne lisent pas le Coran », mais la qualification terroriste n’a pas été retenue et il est, aujourd’hui, en hôpital psychiatrique. Sa grande confusion mentale, aggravée par la prise de cannabis, pourrait aboutir à l'irresponsabilité pénale, même si, selon l’avocat de la famille, « la question n’est pas encore tranchée, l’information judiciaire [suivant] normalement son cours, avec plusieurs expertises psychiatriques ».

Le journal Le Progrès, quelques jours après le drame (3 septembre 2019), posait la question : « Agression sanglante de Villeurbanne : y a-t-il eu une faille ? » En effet, selon le journal, « La dangerosité de l’auteur des coups de couteau était connue depuis de nombreux mois mais sa prise en charge n’a pas été à la hauteur du risque, affirme un acteur de son parcours. » Par ailleurs, rajoutait-il, « selon les observateurs, certains réfugiés afghans présentent un danger particulier, en raison de leurs traumatismes et de leur toxicomanie ». La phrase prend aujourd’hui, évidemment, une résonance particulière.

 

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3 septembre 2021

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