Ce mercredi 2 septembre s’ouvre le procès des attentats de 2015 ayant touché la rédaction de , l’Hyper Cacher et Clarissa Jean-Philippe, la policière tuée à Montrouge. Un sondage IFOP, commandé par Charlie Hebdo et relayé par l’Agence France-Presse, s’intéresse au regard porté par les Français, cinq ans plus tard, sur cette vague d’attaques ayant fait 17 morts, et quinze ans après la publication des caricatures de Mahomet. Ce sondage porte également sur « l’attachement à la liberté d’expression et aux valeurs de la République ».

Deux tiers trouvent justifié un procès pour blasphème visant Charlie Hebdo

D’après les résultats publiés, les Français soutiennent la démarche du journal satirique : 59 % estiment que Charlie Hebdo a eu raison de publier les caricatures de Mahomet en 2006. Ils invoquent la liberté d’expression.
Cependant, l’idée selon laquelle les journaux avaient « tort » reste largement répandue chez les musulmans (69 %) et « 73 % d’entre eux comprennent que ces dessins puissent susciter la colère et les deux tiers trouvent justifié un procès pour blasphème visant le journal ».

Au sujet des attentats de 2015 : 92 % des Français de toute confession condamnent l’attentat de Charlie Hebdo ; ce chiffre tombe à 82 % chez les Français musulmans. Un fait marquant : plus les interrogés sont jeunes, moins ils sont nombreux à condamner cette attaque. « Un quart des jeunes musulmans (26 %) de moins de 25 ans ne condamnent pas explicitement les auteurs des attentats du 7 janvier 2015 », selon l’IFOP.

41 % des musulmans déclarent qu’ils n’auraient pas participé à la minute de silence organisée en hommage aux journalistes victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo, soit une proportion deux fois supérieure à celle mesurée chez l’ensemble des Français (20 %). Et le sondage précise même qu’« un musulman sur quatre (25 %) admet que s’il se retrouvait dans cette situation, il aurait proféré des injures lors des cérémonies en l’honneur des victimes : cette proportion montant même jusqu’à 34 % chez ceux vivant dans des banlieues populaires ».

Pour 74 % des Français musulmans de moins de 25 ans, l’islam passe avant les valeurs de la République

Interrogés plus largement sur leur rapport à la religion, les musulmans sont ainsi deux fois plus nombreux (40 %) que l’ensemble des Français (17 %) à faire passer leurs convictions religieuses avant les valeurs de la République, sachant que cette proportion est très largement majoritaire chez les jeunes musulmans de moins de 25 ans (74 %).

Les résultats de ce sondage font dire à l’hebdomadaire paru en kiosque, ce mercredi 2 : « La liberté d’expression, c’est important, mais… »

2 septembre 2020

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