[CHRONIQUE] Charles Alloncle en première ligne dans le combat pour la liberté

Ce texte lève le voile sur des faits et des comportements que certains auraient préféré laisser cachés: train de vie etc
Capture d'écran Assemble nationale

Rarement un rapport parlementaire aura suscité autant de polémiques, d’agitation et de feinte indignation que le « rapport sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel ». Et il s’en est fallu de peu qu’il ne soit pas adopté, tant la gauche et l’extrême centre s’étaient ligués contre cet épais document de plus de 550 pages. Preuve, s’il en est, que ce texte levait le voile sur des faits et des comportements que certains auraient préféré laisser cachés : train de vie somptuaire, petits arrangements entre amis autour des sociétés de production, rémunérations très élevées et assez embrouillées pour être peu visibles, congés extensibles, mauvaise utilisation des deniers publics, partialité idéologique, pluralisme de façade à la mode du pâté d’alouette.

De façon assez singulière, le président de la commission d’enquête, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), consacre sa longue introduction au rapport à saper celui-ci. En langage trivial : à le démolir. Il voit dans la commission d’enquête, qu’il a pourtant présidée, comme « le symptôme de l’évolution délétère de notre débat public ». Décidément, toute vérité n’est pas bonne à dire ! Pour lui, « l’objectif politique de cette commission d’enquête créée par l’UDR ne fait plus aucun doute : il s’agissait de préparer les esprits à la privatisation de l’audiovisuel public ». Pourtant, l’homme reconnaît lui-même que les manquements et les dysfonctionnements « existent bien au sein de l’audiovisuel public et exigent des réponses à la hauteur », et Charles Alloncle, s’il relève « un audiovisuel public dans une situation financière inquiétante », appelle à « des mesures fortes pour garantir sa pérennité » et non sa disparition. Et de proposer un train de mesures pour parvenir à cet objectif, dont la fusion de chaînes, la réduction des frais de représentation, plus de transparence dans les pratiques contractuelles, etc. Quant à la neutralité, s’il est impossible de la garantir, au moins faudrait-il assurer un réel pluralisme dans l’expression des opinions.

Dévoiler ce qui était caché

Au-delà du contenu, largement critiqué et commenté, il convient de s’arrêter sur la démarche du rapporteur qui a consisté à dévoiler ce qui était caché afin de faire apparaître la vérité sur la gestion, les coûts et les méthodes en usage dans l’audiovisuel public. Démarche parfaitement légitime, puisque l’audiovisuel public coûte 4 milliards d’euros aux Français, milliards qui, à l’évidence ne sont pas perdus pour tout le monde. Rappelons, en effet, que l’institution parlementaire, que je ne sacralise nullement, est née de la volonté de contrôler l’usage des deniers publics, qui proviennent toujours de poches privées, par le pouvoir exécutif.

Les allégories classiques représentent la vérité comme une jeune femme nue sortant d’un puits et tenant, d’une main, un miroir qui projette la lumière en direction de ce qui est caché et, de l’autre, étranglant un serpent qui figure le mensonge. À l’évidence, le système ne souhaite nullement que la lumière vienne éclairer les parts d’ombre de notre République usée jusqu’à la corde. C’est bien là tout le mérite de Charles Alloncle : mettre en lumière ce que certains voulaient conserver caché.

Le cœur du système de formatage de l'opinion

Ce que l’on appelle démocratie s’apparente en fait à une oligarchie élective tempérée par la cooptation. Certes, tout pouvoir tend à dériver vers un système oligarchique, encore faut-il que celle-ci soit ouverte. Or, notre nomenklatura, étrange mélange de technocratie d’État, de libéralisme financier internationalisé et d’idéologie libertarienne woke, se referme de plus en plus sur elle-même, devient agressive pour conserver son « pré carré » et est prête à user de tous les systèmes de contrôle de l’opinion pour se maintenir en place. Dès lors, le coup de projecteur sur l’audiovisuel public du député UDR devient insupportable, car c’est le cœur du système de formatage de l’opinion qui est en cause !

Il ne peut y avoir de semblant de démocratie sans vérité sur les données relatives au fonctionnement des institutions et pouvoirs publics. Plutôt que de s’effaroucher, les tenants du système seraient mieux inspirés de collaborer au dévoilement de la vérité des choses, faute de quoi ils finiront par être balayés sans merci. Et c’est à très juste titre qu’Éric Ciotti réclame que soit désormais passés au crible d’une commission d’enquête les vrais coûts de l’immigration, autre secret bien gardé de la République.

Saint Jean rapporte les paroles du Christ : « Alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. » C’est en cela que le travail de Charles Alloncle est œuvre de liberté, tant il est vrai qu’il ne peut y avoir de liberté réelle sans vérité. Et il ne faut pas s’étonner qu’ils aient été si nombreux à vouloir le faire taire car, en ce pays, nombreux sont ceux qui n’aiment pas la liberté et haïssent la vérité car elles les mettraient à nu.

Picture of Stéphane Buffetaut
Stéphane Buffetaut
Chroniqueur à BV, élu de Vendée, ancien député européen

Vos commentaires

30 commentaires

  1. A gauche, leur vision de la liberté consiste à stigmatiser toutes contradictions et à discréditer ceux qui la portent. Ils ont occulté le réel depuis plus de 40 ans, donc il doit être douloureux pour eux de sortir de leur idéologie et de mettre fin aux magouilles.

  2. « tant il est vrai qu’il ne peut y avoir de liberté réelle sans vérité » et qu’il ne peut y avoir de démocratie sans transparence. A l’inverse, le totalitarisme a besoin d’opacité, qui débouche toujours sur la corruption. On y est en plein.

  3. Bon il a été mis au grand jour tout ce que tout le monde savait. L’audiovisuel public abuse de sa position et dépense notre argent sans aucun respect.
    La question est : maintenant qu’est-ce qu’on fait ?

    • Tout le monde savait ? Pas sûr. J’ai lu le rapport de la page 1 à la page 551, et je ne savais pas à quel point le système audiovisuel public est pourri, ses dirigeants et ses prestatataires des profiteurs à ce point (400 000 € par an pour la présidente, deux fois ce qu touche le président de la république), notre argent jeté par les fenêtres des grands hôtels, son organisation incroyable (1 directeur ou secrétaire géénéral pour 37 employés), ses emplois fictifs à peine déguisés, son empilage d’accords d’entreprise conduisant à des satuts ahurissants (un exemple :5 jours de travail, 5 jours de repos, 12,8 semaines de congés… sans compter les jours fériés)…
      Quant à votre question : qu’est-ce qu’on fait, la réponse, là, est connue d’avance : RIEN. Il y a trop de gens qui profitent du système, de la partialité des journalistes, des prébendes et privilèges.

  4. Michel Colucci, plus connu comme Coluche avait dans un de ses sketchs énoncés que les français sont tous égaux, mais qu’il y en a qui sont plus égaux que d’autres. Je ne suis pas certain que les « intéressés » (au sens premier du terme) veuillent nuire à la liberté: ce serait faire trop d’honneur à une intelligence malfaisante. Par contre, je suis certain qu’ils souhaitent garder leurs privilèges (priva lex= loi privée) discrets afin de pouvoir continuer à les exercer sereinement.

Laisser un commentaire

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

⇨ Tous les vendredis de 17h30 à 19h30
avec Marc Baudriller et Boulevard Voltaire ⇦

Les meurtriers de Quentin Deranque sont désignés comme des camarades
Vidéo YouTube

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois