Economie - Editoriaux - Social - 23 septembre 2019

Chômeurs : l’étau se resserre

Précisons-le d’emblée : le sort de ceux qui abusaient des aides de l’UNEDIC m’indiffère. En effet, quelques personnes ne se mettaient en quête d’un employeur que lorsque leurs indemnisations chômage devenaient trop faibles. D’autres jouaient avec les règles d’indemnisation qui permettaient de « recharger » ses droits, du moment que l’allocataire avait travaillé un mois dans l’année précédant sa période de chômage. Employés par des boîtes d’intérim, ils n’acceptaient une mission d’un ou deux mois que lorsqu’ils étaient contraints. Pour finir, ils travaillaient six mois par an, pour un salaire mensuel proche du SMIC. Si on ne peut guère leur reprocher d’utiliser à leur profit un système d’aide sociale, il semble normal de proscrire ce genre de combine, car, sur le fond, c’était l’ensemble des travailleurs, souvent payés au minimum, qui finançaient le « farniente » de quelques-uns.

Désormais, ceux qui sont suivi par Pôle emploi ne pourront pas refuser plus de trois emplois « acceptables » (la définition d’acceptable est complexe) tandis qu’il faudra six mois de travail, au lieu d’un, pour recharger ses droits. Fini le temps où on pouvait vivre aux crochets de l’UNEDIC en ne travaillant qu’un jour sur deux. Les cadres supérieurs, qui payent bien plus qu’ils ne reçoivent, toucheront le maximum prévu (autour de 6.200 euros) durant seulement six mois au lieu d’un an.

Les partenaires sociaux étant incapables de s’entendre, le gouvernement a tranché, faisant pencher la balance du côté des patrons avec, pour seule concession aux salariés, la mise en place d’un bonus-malus (léger !) pour les entreprises qui utilisent des CDD et d’une taxation d’office de dix euros par contrat de CDD. Cette mesure ne rapportera que 40 millions d’euros par an aux caisses de l’UNEDIC. Ajoutons que les démissionnaires pourront être désormais indemnisés par l’UNEDIC, mais cette mesure sera fortement encadrée et ne sera accordée que pour des projets de changement d’emploi préparés avec soin. Ce nouveau droit coûtera 300 millions par an (chiffre donné par l’UNEDIC sans aucune garantie). Enfin, certains libéraux (pas tous !) seront, eux aussi, pris en charge par l’UNEDIC pour 140 millions annuels.

Au total, selon Les Échos, tous ces changements induiront, pour les finances de l’UNEDIC, un gain de 690 millions d’euros en 2020, de 1,79 milliard en 2021 et de 2,09 milliards en 2022. Si tout va bien, si les estimations se révèlent fiables, si aucune crise économique ne frappe le pays (malheureusement, nous risquons de connaître bientôt une violente récession), la dette devrait fondre. Elle sera ramenée de 11,5 mois de cotisations (comme actuellement) à 8 mois en 2022 alors que, sans réforme, il aurait fallu compter 9 mois.

Certaines mesures sont justifiées tout en faisant des dégâts collatéraux. Par exemple, dans le bâtiment, le CDD est parfois la norme. Même si un ouvrier souhaite travailler le plus possible, il a parfois des trous d’une semaine à un mois qui lui sont imposés. Il risque de ne plus être indemnisé alors qu’il n’est pas responsable de cette situation. Quant à la baisse des indemnisations des cadres supérieurs, ce n’est, ni plus ni moins, qu’une honteuse spoliation, car les cotisations chômage sont en principe une assurance !

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