Le 29 novembre, Daniel Hamiche est décédé. Portrait de ce journaliste, blogueur, essayiste, éditeur, et surtout chrétien engagé, par Charles de Meyer au micro de Boulevard Voltaire.

Le 29 novembre, le journaliste, blogueur, essayiste et éditeur Daniel Hamiche nous a quittés des suites d’une longue maladie contre laquelle il se battait. Son profil est assez particulier puisque avant d’être ce journaliste catholique engagé, il a commencé dans le maoïsme.

Daniel avait renié le contenu idéologie et le fondement du maoïsme et il en avait gardé une plume acérée très efficace qui donnait un peu de couleur dans nos réflexes parfois pris de tiédeur.

Daniel avait une immense humanité. C’était vraiment le meilleur des hommes. Il était d’une grande douceur et d’une grande attention à l’autre. Il avait gardé à la fois la fougue du militant et l’humanité du chrétien et du catholique qu’il était.

Il a collaboré avec de très nombreuses revues et publications. On peut citer L’Homme nouveau et Monde & Vie. Il était assez discret. Comment expliquer que l’on connaît peu de choses de Daniel Hamiche ?

Daniel avait la passion des niches. Il a fondé une des feuilles légitimistes au sens politique le plus connu, mais en même temps connu d’un cénacle particulier. Il a fait un travail de compilation d’archives des relations entre le monde catholique américain et le monde français qui intéresse principalement des chercheurs. Il y a, évidemment, eu l’œuvre qu’est l’Observatoire de la christianophobie, qui demandait une attention quotidienne pour des petits patelins, pour des petits faits divers qui ne sont souvent répertoriés que dans la presse locale. Cette force de travail vient dans les petites choses avec un degré de conviction très important. On ne fait ces travaux archivistiques longs et parfois pénibles que parce qu’on est complètement convaincu. Daniel avait la foi du converti qui s’étalait sur des dizaines d’années.

Vous êtes président de SOS Chrétiens d’Orient. On imagine que Daniel Hamiche était très proche de cette association.

J’ai eu l’occasion de travailler avec Daniel avant même la naissance ou l’idée de SOS Chrétiens d’Orient. Daniel était très lié au mouvement militant pendant l’opposition à la dénaturation du mariage et contre la loi Taubira. Il était donc une sorte de grand frère tout en gardant une forte simplicité. J’avais travaillé avec lui à l’époque de la destruction scandaleuse de la petite église de Gesté. À la naissance de SOS Chrétiens d’Orient, il a été dans les premiers soutiens. Il a fait passer et circuler l’information. Il a fait les premiers papiers sur notre association. Depuis, nous ne l’avions jamais oublié. On avait accès à des médias à plus forts tirages et pourtant sa bonhomie nous restait très familière et sympathique. Que ce soit à L’Homme nouveau ou en privé, on voyait souvent ses vêtements un peu sombres autour d’un bistro. C’était toujours des moments formidables et d’amitié. Si l’amitié française a un sens, Daniel l’incarnait bien.

2 décembre 2020

À lire aussi

Que souhaiter pour le Liban ?

La fin d’un système qui réalise l’exploit d’être à la fois kafkaïen et ubuesque… …