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Editoriaux - Table - 1 septembre 2017

Et c’est ainsi que Bruno Roger-Petit est grand…

Nommer un porte-parole élyséen, voilà qui a tout d’une lubie de Kennedy français ou de biberonneur de séries télé américaines ayant trait à la Maison-Blanche. Nicolas Sarkozy, donc, avec le très éphémère David Martinon (16 mai 2007-19 mars 2008), et aujourd’hui Emmanuel Macron avec . Au fait, qui es-tu, petit Roger ?

Bruno Roger-Petit est journaliste. Un vrai, blanchi sous le harnais. Qui a roulé sa bosse et à qui on ne la fait pas. La preuve ? Il a présenté “Télématin” avant d’officier à “Envoyé spécial”, émission pour laquelle il réalise un portrait consacré à Michel Sardou, philosophe à ne pas confondre avec Michel Foucault. Le reste du temps, on le voit chez Jean-Luc Delarue et Cyril Hanouna, dans ces deux sommets intellectuels que sont “Ça me regarde” et “Touche pas à mon poste”. Bref, le genre de pedigree qui pose son homme.

Mais, plus qu’un journaliste, Bruno Roger-Petit est également justicier à ses heures perdues, tel qu’en témoignaient ses billets publiés sur Le Post, site avalé, le 23 avril 2012, par LeHuffPost, filiale française du Huffington Post américain. Et c’est là que l’on se rend un peu compte qu’il ne suffit pas d’être de gauche pour avoir du talent ; autrement, Marc-Olivier Fogiel serait Jacques Julliard.

Autre problème, cette lecture nécessite une attention plus que soutenue, tant on a parfois l’impression que Bruno Roger-Petit empiète sur les plates-bandes du Gorafi, le site satirique bien connu. Exemples : “Benoît Hamon se fout de la présomption d’innocence de Julien Dray : est-il un beauf de gauche ?”, “Un complot socialiste pour empêcher Strauss-Kahn d’être candidat en 2012 ?”, “Quand Manuel Valls recycle les plans com’ de Jean-Marie Le Pen”. Nonobstant demeure ce fil conducteur de la pensée de notre lanceur d’alertes : la gauche n’est jamais assez à gauche, elle a tendance à se compromettre avec la droite et même la droite de la droite. Bruno Roger-Petit ? Que ferait la véritable, l’authentique gauche, sans lui ?

Les records étant faits pour être battus, notre homme était condamné à se surpasser. Et c’est ainsi que, le 2 mars 2011, il titrait : “Benoît Hamon juge que DSK “ne respire pas les molécules françaises” : après la terre, l’air qui ne ment pas ?” On peut bien penser et dire ce que l’on veut de Benoît Hamon ; mais de là à prétendre qu’il serait néo-pétainiste, il ne faudrait tout de même pas pousser Tonton dans les orties.

Ce qui ne l’empêche d’ailleurs pas de pousser plus loin dans le lyrisme de chef-lieu de canton : “J’ignore si DSK respire un air cosmopolite, vicié, apatride et antifrançais aux yeux d’Hamon. Ce que je sais en revanche, et tout bon républicain (et socialiste) pourra en convenir, c’est que ces propos sont, eux, irrespirables.”

Un assez bon exemple de ce que notre consœur Élisabeth Lévy surnommait, non sans malice, la « gauche olfactive ». C’est donc avec impatience que nous attendons les premiers pas de l’artiste à l’Élysée ; même si, comme dirait l’autre, on ne le sent pas trop bien pour l’instant.

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