Editoriaux - 2 avril 2019

Cesare Battisti : quoi de pire qu’un terroriste ? Son fan-club !

Dans sa carrière, l’auteur a rencontré plus d’un terroriste clandestin, des Brigades rouges (BR) à l’ETA, à l’IRA, au Fatah-Conseil révolutionnaire d’Abou Nidal et à la Fraction armée rouge (RAF). (Note aux fact-checkers : qu’ils viennent me voir ! J’ai des choses à leur montrer.)

Comme ceux qui vécurent l’épreuve, l’auteur sait que la vie cesse à l’orée de la clandestinité – pire, cent fois, que l’entrée au couvent. Dès lors, le clandestin passe 90 % de son temps à survivre – et 10 % à agir. Sa vie disparaît ; plus une minute pour rien d’autre – surtout pas, réfléchir. Dans le Beyrouth de la guerre civile, une clandestine de la RAF passait parfois chez l’auteur se doucher (plus agréable que dans un camp palestinien…). Que chantait-elle, dans la salle de bains ? Les tubes à la mode à Berlin en 1969 – l’année de sa plongée dans la clandestinité. Depuis, plus un livre, plus de musique – 100 % survie.

Pour le « clando », tout passant, tout bruit menace. Le concierge sonne (une fuite d’eau) : votre cœur s’enraye. Du premier jour au dernier, un pas dans l’escalier à l’aube vous jette hors du lit. Ce, des mois, des années – des décennies, pour Cesare Battesti.

Votre vie de bête traquée s’achève à votre capture. Là, dans le calme (relatif) de la cellule, le calme revient. Semaines, mois : la conscience émerge, vous revivez vos actes. Puis, une nuit, la futilité, l’horreur de tout ÇA, vous envahit. Le souvenir de vos victimes est là – et il vous taraude.

Catholiques comme on l’est dans le Belfast des ghettos (Ballimurphy, Andersonstown, Short Strand…) les « volontaires » de l’IRA en pleuraient parfois encore, dix ans après. L’auteur a aussi rencontré les chefs de la direction stratégique des Brigades rouges incarcérés à la prison romaine de Rebibbia : Franco Messina, chef de la « colonne » de Rome (connu auparavant, clandestin à Paris), Barbara Balzerani, Alberto Franceschini, etc. Autorisés à sortir de prison à déjeuner, vers 1988, nous allions à la pizzeria du coin (15 heures, retour en taule). Dix ans après, la mort d’Aldo Moro les hantait toujours.

Récemment, ce fut le tour du bandit-terroriste des « années de plomb » Cesare Battisti. Cet homme ravagé a enfin soulagé sa conscience devant ses juges. Oui, il était bien le seul coupable de quatre homicides. Oui, auparavant, il se mentait à lui même et trompait son fan-club de gauchistes mondains des beaux quartiers, pathétique cinquième colonne de terroristes de pacotille, certes – assassins quand même.

Que Battisti paie sa lourde dette à la société. Qu’il expie la mort de quatre innocents. Plus injuste est le sort de son fan-club mondain qui, de copinage journalistique en morale de l’intention (« Nous voulions bien faire »), passeront une fois encore entre les gouttes.

Ce fan-club, on le connaît. Dès qu’il faut jouer la dame patronnesse-gauche-caviar, c’est d’ailleurs peu ou prou le même. Show-biz bien glauque cherchant à peu de frais une vertu révolutionnaire… Bourgeoises échauffées par le contact des tueurs… Politiciens deuxièmes couteaux quêtant les projecteurs… Citons-en quand même – qu’au moins on n’oublie pas ces honteux soutiens d’un assassin : l’abbé Pierre, Christophe Alévêque, Jacques Audiard, Guy Bedos, Daniel Bensaïd, Richard Berry, Olivier Besancenot, Jane Birkin, José Bové, Patrice Chéreau, Pascale Clark, Régine Deforges, Bertrand Delanoë, Julien Dray, Anny Duperey, Jean Ferrat, Dan Franck, Adeline Hazan, Jacques Higelin, François Hollande, Alain Krivine, Bernard-Henri Lévy, Lio, Miou-Miou, Georges Moustaki, Renaud Muselier, Philippe Sollers, Fred Vargas, Daniel Picouly, Yves Simon, Jacques Tardi, Pierre Vidal-Naquet, Dominique Voynet, etc.

Aussi, le “groupe communiste de la ville de Paris”, le “bureau national du Parti socialiste”, la “Ligue des droits de l’homme”, la “fondation Danielle-Mitterrand”. Enfin, le Conseil de Paris, dont la majorité fit du tueur gauchiste un « ami de la ville de Paris ».

Honte et mépris sur tous ces « idiots utiles » (formule de Lénine).

Mention spéciale pour les actuels dirigeants communistes, minables zombies ignorant tout de leur propre histoire. Savent-ils, ces factices « communistes », qu’en Italie, le Parti communiste (PCI) combattit férocement les maoïstes Brigades rouges qui, de fait, avaient infiltré ses sections du nord de l’Italie et ses syndicats d’usine ? Non, bien sûr : eh bien, qu’ils lisent ce qui suit, faits sur lesquels l’auteur s’est tu plus de vingt ans.

Dans la décennie 80, un appareil secret anti-BR existait à la direction du PCI. Il obéissait, alors, au député communiste Antonello Trombadori. Cet appareil « militaire » clandestin expurgeait les brigadistes du PCI – guerre secrète qui fit plus d’un mort. Son chef opérationnel était un homme (encore jeune), connu comme « Camarade Burgos ». L’auteur l’a longuement rencontré à Florence, en 1995, par le contact de la « Camarade Laura ». Ces communistes purs et durs n’avaient que haine et mépris pour les Brigadistes, Battisti & Co. – à éliminer comme des cafards, disaient-ils. Vu leur âge, « Burgos » et « Laura » sont toujours en vie. Et voyant les freluquets “communistes” mondains parisiens soutenir Battisti, sans doute n’ont-ils eu qu’une seule envie : celle de vomir.

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