Editoriaux - Entretiens - Politique - 2 avril 2019

Gilbert Collard : « Les députés macronistes ? Des « Danette® » qui se lèvent tous ensemble ! »

Aujourd’hui, à l’Assemblée nationale, s’ouvrait le grand débat réservé, cette fois, aux députés. Réaction de Gilbert Collard au micro de Boulevard Voltaire. L’occasion d’évoquer avec lui l’ambiance qui règne au sein de l’Hémicycle et aussi la perspective des élections européennes.

Qu’attendez-vous du grand débat des députés qui commence aujourd’hui à l’Assemblée nationale ?

Rien ne pourra sortir de ce grand débat. Il est malheureusement technocratique et complètement englouti dans le formol des réunions du président de la République. Il s’est cru à un exercice répétitif de l’ENA. C’est hallucinant de voir à quel point un exercice né de la spontanéité d’une revendication populaire peut se rabougrir à une espèce de répétition technocratique et égocentrique d’un seul personnage qui pérore pendant des semaines et des semaines dans une espèce d’inaudibilité. C’est assez fascinant de voir comment la spontanéité d’un peuple peut aboutir aux rhumatismes verbaux d’un homme.

L’élection d’Emmanuel Macron est-elle, pour vous, une erreur ?

J’ai toujours considéré et dit qu’il allait être un Président très violent. Je pense qu’avec lui, on oscillera entre Néron et de Funès. Comme il est là pour appliquer des directives de Bruxelles et pour jouer le jeu des grandes banques avec toutes les ramifications que cela implique, il sera d’une impitoyabilité et va nous étonner d’événement en événement. Je pense qu’on s’est marré avec Hollande, on va pleurer avec Macron.

Grand débat ou non, un léger remaniement a eu lieu. On a, notamment, assisté au départ de Benjamin Griveaux, de Nathalie Loiseau et des arrivées,au gouvernement, de la porte-parole Sibeth Ndiaye et d’Amélie de Monchalin. Ce mini-remaniement est-il significatif et traduit-il une quelconque volonté politique ?

C’est un remaniement de repliement. Il est surtout l’expression de l’asphyxie spatiale politique de monsieur Macron, qui est obligé de faire appel à des proches parce que son espace est de plus en plus restreint. Il y a aussi des significations symboliques qui ne sont pas bonnes. Par exemple, prendre comme porte-parole une jeune femme qui a fait du mensonge en politique sa devise. Je rappelle qu’elle a dit qu’elle était prête à mentir pour le Président. Même si elle s’en est expliquée maladroitement, du reste, cela reste quand même malvenu pour quelqu’un qui va porter la parole où il faut précisément ne pas mentir.
Le manque de délicatesse à l’égard de Simone Veil. Je dirais que les augures ne sont pas bons.

Avez-vous l’impression qu’un semblant de dialogue ou un semblant d’opposition respectueuse s’est mis en place ?

Malheureusement non, même s’il y en a de très bien. J’en connais quelques-uns avec lesquels j’échange très volontiers. Ils sont au Club Med ou au golf, mais pas au Parlement. On leur donne des éléments de langage, ils les répètent d’une manière souvent mécanique. Dès que quelque chose se passe à l’Assemblée, ils se lèvent. À tel point qu’aujourd’hui, j’ai crié « Debout ! Couché ! »
C’est incroyable, au moindre bruit dans l’Assemblée, ils se lèvent. Dès qu’un orateur de leur majorité prend la parole, ils se lèvent. C’est La République en marche pour Danette !
C’est hallucinant de les voir se lever comme cela. On pourrait les qualifier, dans l’Histoire, comme les « Danette® de la politique ».

Prochainement se tiendront les élections européennes. On a vu Jordan Bardella extrêmement présent dans les médias. Le Rassemblement national peut-il arriver en tête ?

Je ne pense pas qu’il y aura un envol de La République en marche, même si les sondages, auxquels je ne crois pas, même lorsqu’ils sont favorables, le prédisent.

Cela vous fait un point commun avec Jean-Luc Mélenchon.

Il est bon d’avoir des points communs avec les autres. C’est cela, le vivre ensemble.
Tant que ce ne sont pas des « coups de poing » communs, ce n’est pas grave. Je pense qu’on va arriver en tête. Je n’imagine pas, sauf erreur de ma part, que la majorité critiquée, insultée, contestée puisse, en dehors des plateaux de télévision, faire le point. Je pense que nous pouvons, avec la modestie qui s’attache à toute prédiction politique, arriver en tête.

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