Editoriaux - Justice - Politique - 31 janvier 2019

Castaner veut “accueillir” les djihadistes ? Florence Parly et la droite ont une autre idée

La politique de retour et d’accueil des djihadistes « français » va suivre son cours selon les déclarations audibles, quoique balbutiantes, du ministre de l’Intérieur chez Bourdin, mardi matin.

Le même, alors secrétaire d’État, intervenait déjà sur le sujet en mars 2018, sur Europe 1, en indiquant :

“258 adultes français sont en Syrie et susceptibles de revenir. Il vaut mieux les accueillir, les suivre, les emprisonner lorsque des actes criminels ont été commis, pour faire en sorte que l’on puisse identifier le risque.”

En un an, l’accueil a dû fonctionner et le risque apprécié, puisqu’il n’y aurait plus, actuellement, que 120 individus promis au retour rédempteur dans leur mère patrie ! Que sont devenus, où se trouvent ceux qui sont rentrés, quelle leçon tirer de leur réinsertion ? Réponse à l’issue du long processus en cours.

Pourtant, une voix gouvernementale discordante s’est fait entendre, il y a peu, en la personne du ministre des Armées Florence Parly, qui déclarait « sans état d’âme » que ces combattants n’avaient pas vocation à revenir ! Il y a fort à penser que les quelque 130 djihadistes disparus des registres du retour ou manquant à l’appel depuis un an ont dû subir les traitements définitifs que les militaires encore sur le terrain savent et sont habilités à procurer, puisque c’est leur mission.

Hélas, semble-t-il, ce job n’est plus possible si les « boys » de l’Oncle Trump quittent la Syrie et rentrent eux-mêmes à la maison.

Ce sentiment est largement partagé et exprimé, ainsi par Guillaume Peltier, de LR, mercredi matin chez Bourdin, ou – de manière encore plus radicale – par le député Pierre-Henri Dumont, qui préconise tout haut une solution que beaucoup doivent penser tout-bas. “Il y a un choix juridique d’intelligence avec l’ennemi, en leur retirant la nationalité française. Il y a un autre choix, l’élimination de ces personnes.”

Il est vrai que l’intelligence avec l’ennemi « mérite » plus qu’un retour gracieux à la maison et les prestations gratuites de logement et subsistance fournies par la société en sus des cours de rééducation en vue d’une possible réhabilitation ! D’ailleurs, avec quel passeport ou pièce d’identité sont-ils identifiés ? Ceux délivrés naguère par Daech, la nouvelle patrie à laquelle ils avaient fait allégeance, ou grâce aux archives du ministère de l’Intérieur ? Puisque le ministre déclare que ses services les connaissent tous.

Si ces renégats de la nationalité tentent de revenir, c’est évidemment car ils savent que leur devenir sera ici moins pire qu’ailleurs. Et alléguer les droits de l’homme au bénéfice de desperados qui les ont bafoués avec une folle détermination n’est pas le moindre des paradoxes qui minent notre société.

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