Donc, si on a bien suivi, il a été mis fin au CDD de . Car on n’imagine pas qu’après avoir été ministre de l’Intérieur, on le retrouve sous-secrétaire d’État aux Ordures ménagères. C’est dommage, c’était un bon client,  : tapez sur votre moteur de recherche « Boulevard Voltaire Christophe Castaner » pour vous en convaincre… Castaner, c’était le joker des chroniqueurs en manque d’inspiration. Rien de bien sexy, aujourd’hui, dans l’actualité ? Vite, allons voir du côté de Castaner. Sa vie, son œuvre, le jour et la nuit : chez Casta, y a tout c’qu’il faut.

Faut dire aussi que, depuis quelque temps, il se faisait plutôt faiblard après ses grandes heures flamboyantes du temps des gilets jaunes, et que Sibeth Ndiaye l’avait largement supplanté. N’avait pas vu venir la bête de concours, Casta. Et puis, sentant peut-être qu’il fallait faire quelque chose, qu’il ne pouvait pas en rester là – qui n’avance pas recule, dans ce monde cruel de la compétition de haut niveau -, il nous avait fait le coup du genou à terre. Une sorte de sursaut génial, de surprise stratégique, quelque chose qu’on n’avait pas vu depuis que les Allemands avaient déboulé à travers les Ardennes alors qu’on les attendait ailleurs. Une balle dans le pied dont on se remet plus difficilement qu’une balle dans le genou. Le genou était symboliquement plié. L’affaire aussi. Pour lui, et pas que symboliquement. Fin de l’aventure à Beauvau.

Tout plein de souvenirs à ramener à Forcalquier avec les beaux costumes sur mesure. Au bord de la piscine, il va avoir le temps de se constituer un bel album photos. Peut-être écrire un livre. Deux cent cinquante pages découpées en fines tranches comme le jambon à la supérette. Au tabac-presse du coin, on en vendra bien une centaine, pour peu qu’il vienne faire une séance de dédicace juste avant le pastis. Que les celles-zé-ceux qui ont la fibre sociale se rassurent, il devrait normalement retrouver son siège de député des Alpes-de-Haute-Provence. Le troupeau de La République en marche lui fera une ovation à s’en fracasser les pattes avant lorsqu’il réintégrera son banc au palais Bourbon. On pourra même verser une larme.

Maintenant, quel avenir politique pour ce marcheur de la première heure ? Les méchantes langues diront qu’il n’y a qu’à regarder dans le rétroviseur pour le savoir. Qui sait ? En politique… Tiens, normalement, l’an prochain, se tiendront les élections régionales. Pourquoi pas tête de liste de La République en marche en Provence-Alpes-Côte d’Azur ? En 2015, l’homme était encore socialiste et avait conduit, superbe, son parti au naufrage : 16,59 % des suffrages exprimés, au premier tour. Marion Maréchal Le Pen était arrivée en tête avec 40,55 %. Les résultats à peine connus, Castaner s’était retiré – le coïtus interruptus le plus court de l’histoire politique moderne, ce qui n’avait pas été sans laisser quelques traces – au profit d’Estrosi, qui n’avait obtenu que 26,47 % des voix au premier tour, offrant ainsi au maire de Nice la région sur un plateau et contribuant, par la même occasion, à achever un peu plus le Parti socialiste, privé d’élus régionaux pour six ans.

2021, le retour de Castaner en Provence-Alpes-Côte d’Azur ? Ce ne serait pas forcément une mauvaise nouvelle…

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