Bruxelles veut casser notre souveraineté hydroélectrique : Macronie et PS complices

En obligeant EDF à vendre son électricité à des tiers, la Macronie en fait le jeu de Bruxelles.
Photo de SlimMars 13: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/paysage-montagnes-nature-france-13037824/
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Ces 4 et 5 février, une proposition de loi est en cours de discussion, en première lecture, à l’Assemblée nationale. Elle ne fait pas la une des médias. Pourtant, elle porte sur des aspects d’importance nationale qui touchent à la souveraineté énergétique de la France.

Intitulée « Proposition de loi visant à relancer les investissements dans le secteur de l’hydroélectricité pour contribuer à la transition énergétique », elle s’apprête à modifier en profondeur le fonctionnement d’un parc de barrages hydroélectriques, dont les premiers ouvrages ont été construits à la fin du XIXe siècle, appartenant à l’État mais dont l’exploitation fait l’objet de concessions à des opérateurs publics. Un système qui a jusqu’à présent donné entière satisfaction, faisant de l’hydroélectrique le second producteur français après le nucléaire avec, aujourd’hui, 11 % de l’électricité produite en France (25,6 GW). La gestion du parc est actuellement concédée pour 81 % à EDF (20,8 GW) et pour le reste à la Compagnie nationale du Rhône (4,1 GW) et à la Société hydraulique du Midi (0,8 GW).

C’est ce système, coupable de relever d’un insupportable « colbertisme » franco-français, que la Commission européenne cherche depuis déjà une dizaine d’années à casser afin de « libéraliser » la production hydroélectrique en l’ouvrant au privé. Et Bruxelles a trouvé des alliés de poids, en France : les socialistes et la Macronie. Emmanuel Macron n’est d’ailleurs pas étranger à cette histoire. En 2015, alors qu’il était ministre de l’Économie sous la présidence de François Hollande, il avait contribué à la tristement célèbre vente aux Américains de General Electric de la branche énergie d’Alstom, qui avait repris Neyrpic, fabricant grenoblois des turbines équipant nos barrages.

Le spectre de l’ARENH nucléaire

Difficile pourtant, pour l’Élysée, de remettre d’un coup en cause une filière hydroélectrique qui fonctionne. Difficile, surtout, de justifier une casse qui fragiliserait à nouveau EDF, en position ultra-dominante dans l’hydroélectrique. Or, à mesure que des négociations avançaient en 2025 entre Paris et Bruxelles, les milieux de l’énergie commençaient à parler d’un ARENH hydroélectrique. Le terme fait référence au l’Accès Régulé à l'Électricité Nucléaire Historique (ARENH nucléaire), système qui obligeait EDF à vendre environ 30 % de sa production d’électricité nucléaire au tarif fixe de 42 €/MWh aux fournisseurs alternatifs et aux industriels. Un système non rentable, prévu par la loi NOME de 2010 et qui a pris fin le 1er janvier 2026 après avoir ruiné et failli faire disparaître EDF.

Il fallait donc à tout prix éviter de laisser penser que l’on allait reproduire le même schéma pour l’hydroélectrique. Deux députés ont donc été missionnés sur l’affaire : la socialiste Marie-Noëlle Battistel (Isère) et le macroniste Les Démocrates Philippe Bolo (Maine-et-Loire), rapporteurs d’un rapport d’information parlementaire de la commission des affaires économiques en mai 2025. Le 29 août, François Bayrou, Premier ministre du moment, se félicitait, dans un communiqué, d’un « accord de principe obtenu par le gouvernement français avec les services de la Commission européenne ». L’accord en question prévoyait pour l’essentiel « le passage d'un régime de concession à un régime d'autorisation pour l'exploitation de l'énergie hydraulique », ainsi que « la possibilité de maintenir les exploitants en place » (possibilité seulement et non garantie) et, enfin, « la mise à disposition par EDF de six gigawatts de capacités hydroélectriques à des tiers et au bénéfice final des consommateurs. Ces capacités virtuelles seront mises en vente sous le contrôle de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) et via des enchères concurrentielles. »

Une PPL pour faire passer la pilule

Pour ce qui est de la mise en œuvre, François Bayrou annonçait « une proposition de loi (PPL) qui sera[it] prochainement déposée à l’initiative des députés » Marie-Noëlle Battistel et Philippe Bolo. Il faut noter que les installations de la Compagnie nationale du Rhône sont exclues de cette PPL, car leur concession a été prolongée jusqu’en 2041 par une loi en 2022. Voulu par la volonté élyséenne, ce texte de loi n’est pas parti avec l’eau du bain après le remplacement de François Bayrou par Sébastien Lecornu à Matignon, puis la reconduction du même. Déposée sur le bureau de la bienveillante présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet le 13 janvier 2026, la proposition de loi a fait l’objet (tiens, comme le texte sur l’euthanasie mais pas comme celui sur les ZFE) d’une « procédure accélérée ». Raison pour laquelle sa discussion en première lecture, prévue sur deux jours, a débuté le 4 février à l’Assemblée nationale.

Pour le spécialiste de l’énergie Fabien Bouglé, répondant à BV,  « avec cette PPL, Emanuel Macron accepte, ce faisant, de jouer le jeu bruxellois consistant à imposant un libéralisme concurrentiel en matière énergétique, tout en maintenant une discrimination du nucléaire et de l'hydroélectricité vis-à-vis des énergies renouvelables intermittentes ». Selon lui, seuls points positifs dans le texte en discussion, nous conserverions, pour l’instant du moins, « la maîtrise et le maintien de notre souveraineté énergétique sans privatisation » et, par ailleurs, « le système d'enchères va éviter que des producteurs alternatifs se goinfrent ». EDF va donc vendre de force, mais à des prix peu éloignés de ceux du marché.

LR silencieux, RN discret

En attendant de voir quel texte partira au Sénat, constatons que si les socialistes et les macronistes sont logiquement en faveur de cette PPL, le silence de LR sur ce dossier est assez étourdissant. Plus étonnant, encore, la relative discrétion du RN, même si le député des Alpes-Maritimes Lionel Tivoli s’est prononcé contre le texte en commission des affaires économiques.

En fait, opposés par principe à un risque de « privatisation » de la filière hydroélectrique, ce sont les députés communistes et LFI qui s’affichent le plus bruyamment en première ligne contre cette proposition de loi. Un comble.

Mise à jour du 5 février 2026 : Le texte a été adopté en 1ère lecture par 56 voix pour (socialistes, bloc central et républicains), 8 contre (communistes et LFI) et 11 abstentions (11 RN et 1 Écologiste et social).

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 06/02/2026 à 18:34.

Vos commentaires

83 commentaires

  1. Le macron son but définitif c’est de détruire la France au maximum avant d’être viré de l’Elysée le message est clair

  2. Mais le macron, il veut quoi ??? démolir la France et après il lui reste quelque chose dans le cerveau pour nous surprendre encore et encore ?? Nous arrivons au bout ,mais il trouve tous les jours qq chose à démolir.
    Merci à tous ces français qui ont voté pour lui. Quelle misère

  3. Si la France glisse doucement vers les républiques bananières sans pourtant y est actuellement arrivé il est curieux de voir que ce qui fait notre pays encore fort, construits par nos générations depuis des siècles, de voir des secteurs comme le nucléaire ou la construction de l’armement avec le spectre des barrages hydrauliques et combien d’autre sur la liste en voie d’être accaparé par des pays étrangers,
    Si certains de nos compatriotes avaient encore les souvenirs des constructions tant laborieux que couteux sur nos impôts ils défendraient becs et ongles contre ces entreprises étrangères néfastes de s’accaparer ce qui fait la grandeur Française.

  4. Mais n’y a t’il pas une loi qui permette de destituer un dirigeant œuvrant contre les intérêts de son pays ? Macron détruit un à un les fleurons français et on ne peut donc rien faire ?

    • Justement, j’ai posé la question a propos notre défence nucléaire, qu’il veut  » partager » Peut il le faire sans l’accord des élus de la chambre haute, basse ??? ou un conseil d’état ? consitutionnel ?? Qui peut répondre? Merci

    • Oui…et c’est même dans notre Constitution !
      La lire est utile… c’est l’art 20 , qui parle de destitution du président quand il ne remplit pas ses devoirs . Donc: DESTITUTION !! La liste des actes contraires à ses devoirs de président est immense ! … faire la liste et la présenter à l’Assemblée, au Parlement , au Sénat….et exiger l’application de notre Constitution…laquelle, en plus, dit bien que la France est gouvernée par la peuple et pour le peuple.
      La lire !!

      • La question était peut il braderie tout seul notre nucléaire.. la destitution, on sait qu’elle est a la main des assemblées.. qui n’en veulent pas…postes oblige…!

  5. La macronie n’est pas complice du PS elle est le PS d’où viennent, macron, attal, borne, ferrand…. et autres les macronistes ont choisi de s’appeler autrement que PS mais ce sont des socialistes

  6. On hurle après Macron, mais que font nos députés à quel jeu jouent ils? Même après le départ de Macron avec les guignols qui sont censés nous représenter nous ne sommes pas sortis de l’auberge, continuons ainsi et nous ne tarderons pas à finir sous tutelle allemande. Mais à qui donc faire confiance pour gérer notre cher pays?

    • Je pense que Reconquète, un parti tout neuf, qui n’a pas de passé et qui à les yeux tournés vers l’avenir peut nous sortit de cette ornière dévastatrice. .

      • Tout à fait d’accord avec vous, c’est pour le moment le seul parti qui garde sa ligne et défendra la France avec énergie et bon sens.

    • A Zemmour, à Sarah Knafo, à Philippot, à Dupont Aignan…. avec destitution de macron, remigration et….Frexit !
      Pas facile ? Mais quand on veut on peut !!

  7. Bruxelles est systématiquement contre la France
    A près nous avoir fait démanteler notre centrale Fessenheim qui venait d’être révisée l’allemagne rêvait de mettre nos barrages sous son contrôle
    Nous n’avons plus aucun intérêt avec l’allemagne qui de fait dirige l’europe …
    Le silence du RN est grave …

  8. Mais qui va arrêter ce massacre des richesses de la France ?
    Mille fois Frexit ! la seule façon de se tirer de ce piège à ….

  9. On ne sait plus à qui faire confiance. Si le RN ne tape pas du poing sur la table pour rejeter ce texte dont les conséquences seraient catastrophiques pour notre indépendance énergétique, espérons que RECONQUÊTE le fera pour le plus grand bonheur et l’honneur de ses électeurs. Souhaitons que ces derniers soient les gagnants dans les prochaines élections. Nous auorns besoin d’élus de ce parti pour redresser le pays des turpitudes macronistes et des républicains qui n’ont le mot « République » que de façade.

    • Reconquète n’a malheureusement pas d’elus pour le moment donc des moyens limités pour se faire entendre,et malgré ca nous sommes les seuls a proposer de vraies solution et a générer des débats sur des sujets anciennement tabous..securite,immigration,souveraineté.. que kew autres reprennent tels des coucous…

  10. Pour être concurent d’EDF en matière de barrages, il faudrait en batir puis construire ses propres lignes de haute tension, puis distribuer et commercialiser. Et même chose pour la production d’électricité nucléaire (centrale, lignes de haute tension…). Alors à quand la privatisation des ponts de Paris, de Lyon et de Rouen avec péages ?

  11. Lorsque Philippe de Villiers dit que le prochain Président de la République sera un martyr, je crois qu’il n’a pas tort lorsque je vois tous ces gens qui nous détruisent à petit feu.

    • C’était peut-être « à petit feu en 1950 mais là c’est des « feux de joie » que la FRANCE subit ! …
      Le ruissèlement de l’affaire ALSTOM continue ! … La « souveraineté énergétique » doit complètement disparaître DONC il faut fracasser AUSSI le contexte hydroélectrique français ! …
      DES TI TU TION de macron ET en même temps FREXIT de toute urgence ! …

    • Soit les députés RN sont incompétents soit il y a parmis eux des félons. Ça fait douter de leur capacité à tenir un jour les rênes du pays. S’ils veulent convaincre du contraire il va falloir qu’ils se ressaisissent et communiquent clairement sur leur future ligne programatique.
      A part leur discours sur l’immigration et l’islamisation qui reste réaliste on peut craindre pour le reste.

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