Editoriaux - Education - 26 août 2019

Bonne rentrée… et bon appétit, bien sûr !

À quelques jours de la rentrée des classes, l’heure est venue de se féliciter de notre système éducatif et de ses réussites exemplaires. Nous connaissons tous la qualité de l’enseignement supérieur avec, en fer de lance, ses universités reconnues pour leur érudition, leur exigence orthographique et leur neutralité idéologique. Nous pouvons nous réjouir des taux de réussite au baccalauréat et au brevet des collèges, des examens qui, depuis des décennies, magnifient la grandeur et l’excellence. Mais avant le collège unique, véritable creuset républicain où transpire la soif d’apprendre et règne avec félicité le vivre ensemble, la France peut s’enorgueillir d’une école primaire efficace, juste et généreuse.

Ainsi, le dispositif de dédoublement des classes à 12 élèves sera étendu aux CP et CE1 pour les élèves des établissements classés en zone REP+. Il va de l’honneur de la France de donner toutes leurs chances à des jeunes issus de l’immigration regroupés dans ces quartiers socialement défavorisés. Dans le respect d’une politique budgétaire sérieuse et rigoureuse, il va de soi que ce dispositif ne pourra se faire qu’à moyens constants et qu’il nécessitera quelques centaines de fermetures de classes en zone rurale.

Mais ce n’est pas tout : à partir de cette rentrée, les maîtres et maîtresses en poste en zone REP+ serviront gratuitement un petit déjeuner équilibré en classe à nos jeunes compatriotes (composé d’un produit céréalier, d’un produit laitier, d’un fruit frais, sans oublier une boisson). Après une matinée d’apprentissages sérieux et rigoureux, ils pourront ensuite se restaurer pour 1 euro à la cantine de l’école (un repas tout aussi équilibré et réalisé dans le souci de respecter les us de chacun).

« Cocu tant qu’on voudra mais pas amphitryon ! » chantait Brassens… Nous entendons, en effet, çà et là, quelques râlements à propos de l’iniquité de ces mesures. Ces critiques pernicieuses léseraient soi-disant cette France périphérique, cette France séditieuse des « gilets jaunes » qui se lèverait tôt pour conduire, chaque matin, ses enfants à la garderie de l’école située à plusieurs dizaines de kilomètres de la maison après la fermeture de la petite structure communale (bien trop éloignée des centres urbains pour bénéficier des tramways et autres transports en commun). Les jeunes ruraux se serreraient dans des classes chargées à double ou triple niveau. Ces mêmes parents payeraient plein pot la cantine à 5,50 euros par tête et ne disposeraient d’aucune allocation ou aide sociale car le père et la mère toucheraient chacun 1.500 euros par mois. Ils ne pourraient pas, non plus, profiter du nouveau dispositif d’aide aux devoirs et devraient hâter leur retour pour récupérer leurs enfants avant la fermeture des grilles. Mais le Gaulois est réfractaire et le Français est râleur, c’est bien connu… À peine deux enfants par femme en moyenne et il semble dépassé !

Nul doute que ces nouveaux dispositifs renforceront la qualité de notre système éducatif et qu’ils susciteront une forme de reconnaissance à la nation. Nous ne pouvons, désormais, que souhaiter à tous nos élèves une bonne rentrée… et bon appétit, bien sûr !

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