Il y a la gauche qui a compris, opportunisme aidant, que plus rien ne serait comme avant, qu’on ne pouvait plus traiter la question de l’identité et de l’immigration au mieux par l’indifférence, au pire par l’insulte. M. Macron est le héraut de cette gauche nouvelle qui affirme vouloir faire une politique migratoire ferme. D’où la loi en préparation par M. Collomb. D’où la circulaire demandant aux préfets d’organiser des « équipes mobiles » ayant pour mission de recenser, dans toutes les structures d’accueil, les migrants, de façon à mieux les orienter.

Et il y a la gauche qui n’a rien compris, soit par idéologie, soit par un autre opportunisme consistant à flatter certaines clientèles électorales. Cette gauche a volé en éclats à la présidentielle, finissant quatrième, avec M. Mélenchon, ou à 6 %, avec M. Hamon. Mais, depuis l’élection d’, elle cherche à réapparaître et à exister par tous les moyens.

Elle a d’abord misé sur la loi Travail pour mettre les « travailleurs » dans la rue et faire passer le gouvernement pour un méchant loup ultralibéral antisocial. Peine perdue : personne n’a bougé et M. Mélenchon lui-même a reconnu la défaite et l’erreur.

Aujourd’hui, c’est au tour de M. Hamon, ex-candidat officiel du PS (et qui l’a quitté depuis), d’agiter un autre chiffon rouge usé de la gauche : les migrants.  est parfait dans le rôle de porte-étendard de cette gauche pour qui le « migrant » est l’alpha et l’oméga de toute politique – et, d’abord, de toute stratégie électorale. Il nous en avait donné quelques preuves pendant sa campagne.

Il a donc cosigné une tribune dans le JDD, multipliant les formules grandiloquentes destinées à vous faire croire que l’État français serait devenu un État policier traquant le migrant partout…

Petit florilège : “La politique migratoire la plus répressive que notre pays a connue depuis des décennies” (comprenez : Vichy) ; “une politique indigne”, qui “bafoue les droits fondamentaux” ; “circulaire infâme”. Et, bien sûr, la référence apocalyptique suprême : “En matière migratoire, même  n’avait pas osé.”

Si nous revenons sur Terre, nous conviendrons avec Georges Michel que l’État a peut-être un droit de regard sur les migrants accueillis dans ces centres et aussi sur les activités de ces associations, gavées d’argent public, et qui prétendent aujourd’hui lui dicter sa politique en la matière. C’est bien le minimum. Il a aussi le devoir d’assurer la sécurité des Français.

Cette affaire de la « circulaire » pourrait être la pierre d’achoppement sur laquelle la gauche viendra, une nouvelle fois, se fracasser comme elle le fit, il y a deux ans, sur la question de la déchéance de nationalité. Souvenez-vous : M. Hollande, après le Bataclan, avait défendu devant le Congrès cette mesure en faveur de laquelle militait le Front national et que soutenait l’opinion publique. Avant de faire machine arrière, lâché par cette même gauche, alors incarnée par Mme Taubira, garde des Sceaux. Il sera donc intéressant de voir si M. Philippe et, surtout, M. Macron se montreront aujourd’hui plus fermes face à cette vieille gauche que ne le fut M. Hollande, qui lui sert de repoussoir sur bien des points. Un François Hollande qui fut aussi lâché – on l’a un peu oublié – par un certain… Emmanuel Macron.

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