Editoriaux - Education - 14 février 2018

Le baccalauréat nouveau est arrivé

Jean-Michel Blanquer a, finalement, annoncé le nouveau format du baccalauréat et les orientations générales des futurs lycées général et technologique.

Ce nouveau bac se passera sur deux années (la première et la terminale), en cinq épreuves, trois contrôles en cours de formation et une faible part de contrôle continu pur.

En fin de première se déroulera l’épreuve anticipée de français, selon les mêmes modalités qu’aujourd’hui : un écrit et un oral. À la rentrée des vacances de Pâques en terminale (entre fin avril et début mai), deux épreuves écrites portant sur les spécialités suivies par l’élève. Fin juin, une épreuve écrite de philosophie et un oral portant sur au moins une des spécialités de l’élève. Au cours de ces deux années, trois épreuves ponctuelles évalueront les élèves dans les différentes disciplines et compteront pour 30 % de la note finale. Enfin, le bulletin scolaire comptera pour 10 % de la note.

Ce nouveau calendrier permettra la prise en compte d’une partie importante des épreuves pour l’orientation dans le supérieur. Les effets pervers possibles du contrôle continu (transformation du bac en diplôme « maison ») sont limités par les épreuves ponctuelles qui se feront avec des sujets nationaux, les copies des élèves étant anonymisées et corrigées par d’autres enseignants que ceux de l’élève. L’architecture est conforme à ce qui était annoncé et plutôt positive, tant pour la simplification de l’organisation que pour le renforcement de la valeur du baccalauréat. Il faudra, bien entendu, attendre la forme que prendront les différents exercices qui y seront demandés aux candidats, en particulier pour ce qui concerne l’oral. Celui-ci peut aussi bien être une mascarade qu’un exercice exigeant, selon ce qui est demandé aux candidats et les critères d’évaluation.

Le lycée s’organisera en un tronc commun et deux ou trois spécialités. Les séries (ES, L, S) disparaissent donc. On ne les pleurera pas, elles ne jouaient plus leur rôle. Le tronc commun comprend un enseignement « humanités scientifiques et numérique » de deux heures dont on attend de connaître le contenu pour se prononcer. En première, les élèves choisiront trois spécialités de quatre heures hebdomadaires chacune dont il semble que certaines regrouperaient plusieurs disciplines. Parmi ces spécialités, l’élève devra en abandonner une en terminale pour se concentrer sur deux, de six heures par semaine chacune. Ce système permettra aux élèves de « tester » plusieurs disciplines pour choisir, au final, celles qui lui conviennent le mieux, en fonction de ses goûts mais aussi de son projet d’orientation. Projet qu’il pourra affiner tout au long du lycée grâce à 1 h 30 par semaine dédiée à cela. S’ajouteront un enseignement facultatif possible en première et deux en terminale.

Là encore, l’architecture semble intéressante, plus simple et lisible qu’aujourd’hui. Le ministre n’a pas retenu – et c’est tant mieux – l’usine à gaz que le rapport Mathiot proposait. Il faut, là aussi, attendre de lire les programmes que le Conseil supérieur des programmes doit rédiger pour 2019 avant de crier victoire. Mais la personnalité de sa présidente, Souâd Ayada, pas vraiment pédagogiste, tend à nous rendre optimiste.

Les Cassandre auront eu tort de s’affoler. Si la concertation s’est faite sur un temps court, elle a eu lieu et aura permis des ajustements. Cela n’empêchera pas certaines de ces Cassandre de continuer à voir dans cette réforme les prémices d’une destruction de l’école. Il faut dire que les élections professionnelles dans l’Éducation nationale se dérouleront en fin d’année et que certains syndicats vont tenter de masquer leur peu d’action ou d’efficacité de ces dernières années par une agitation démagogique. Des associations de spécialistes, dans un réflexe corporatiste, prendront ombrage de leur perte d’influence, réelle ou fantasmée. Mais les parents, comme les professeurs et les élèves, devraient, eux, y trouver leur compte.

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