Culture - Editoriaux - Histoire - International - 15 novembre 2017

Aux États-Unis, Philippe de Villiers reçoit le même prix que Walt Disney !

Pour ses quarante ans, le Puy du Fou vient de recevoir un 5e prix international. Le Hall of Fame Award vient d’être décerné à son fondateur, Philippe de Villiers. C’est la première fois qu’un Français est récompensé par cette distinction, dont le premier lauréat a été… Walt Disney.

Mais Philippe de Villiers est un peu, il est vrai, notre Walt Disney. Il nous réenchante. Comme le cinéaste il a puisé dans notre patrimoine culturel oublié pour nous le conter. Et il nous laisse espérer, à nous autres Français enracinés, que notre pays, telle la Belle au bois dormant assoupie, va enfin sortir de sa léthargie, qu’un jour nous ne serons plus la Cendrillon dont on rabat le caquet et que l’on humilie. Il est le rêve français : yes, we can. Et pourtant, c’était mal barré.

Le Puy du Fou, le bien nommé. Il fallait être un peu cinglé, en 1977, pour se lancer, avec une bonne idée, trois bouts de ficelle et une poignée de bonnes volontés, dans un tel projet. Il est complètement inespéré, en 2017, qu’il ait rencontré un tel succès. Lorsque j’y suis allée la première fois, je ricanais, persuadée de n’y croiser que des familles Le Quesnoy et des tribus Cyrillus. Penses-tu ! C’était bien ma boulangère, mon plombier, mon collègue de bureau et mon voisin de palier – ou, en tout cas, leur sosie – qui déambulaient dans les chemins creux de Vendée où l’on entendait réciter en boucle des Ave, tremblaient face aux Vikings, réclamaient à grands cris la grâce des premiers chrétiens dans l’arène gallo-romaine. En 2016, pas moins de 2,2 millions de visiteurs se sont pressés au Puy du Fou, soit 100.000 de plus que l’année précédente. Avec son parc de loisirs historique évoquant la France d’avant – d’avant Hanouna, le Plug anal et l’écriture inclusive, la France sans doute imparfaite, rustre, belliqueuse et que seule la crainte de Dieu retenait de commettre tout un tas d’exactions, mais la France qui avait de la gueule, du panache, de l’allant, du génie, la foi et la fierté de soi – le Puy du Fou se place numéro 2, en France, derrière Disneyland Paris.

Je lis dans Wikipédia, à l’onglet « controverse », que certains lui reprochent une lecture partiale de l’Histoire qui ne mettrait pas assez en exergue la lutte entre seigneurs et paysans. Qui réconcilierait, en somme, les Français. C’est suspect, hein ?

Que l’anneau de Jeanne, tout bien pesé, lunettes sur le nez, index mouillé, grimoires et archives compulsés, ne verrait pas son authenticité complètement vérifiée.

Ils peuvent pester, mais ne peuvent rien contre le succès.

En plus de conter, éduquer, cultiver, amuser, enchanter… Philippe de Villiers, avec le Puy du Fou, a aussi dynamisé tout un département qui, comme le reste de la France périphérique, tendait à se désertifier. Un exploitant vendéen de chambre d’hôte me racontait, récemment, les appels suppliants qu’il recevait, à la haute saison, lui qui était pourtant à plus d’une demi-heure du parc de loisirs : « Vous n’avez plus de chambre… mais vous avez bien une grange ? »

Philippe de Villiers, comme tous les hommes publics, est critiqué. Il n’a pas fait/dit/déclaré/entrepris/rallié/condamné ceci ou cela, à tel ou tel moment, quand l’un ou l’autre l’attendait.

Restent les faits : Le Puy du Fou est debout. Et plus que debout, triomphant, quoique parfaitement incongru et improbable.

Si j’étais ministre de la Culture, je serrerais la louche de Philippe de Villiers avec des compliments plein la bouche : Le Puy du Fou honore la France.

Si j’étais curé, je lui dirais qu’il a bien thésaurisé, avec tout ce beau boulot, pour le Jugement dernier, ce qui lui sera autrement utile que tous les Hall of Fame Awards of the World.

Je ne suis que Gabrielle, et je veux simplement dire ici que notre Walt-Villiers, notre Philippe de Disney, rend aux yeux de nos enfants la France belle, et de cela, nous lui en sommes infiniment reconnaissants.

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