Des plaintes pour « abstention de combattre un sinistre » durant la crise du Covid 19, émanant de citoyens et de collectifs professionnels en légitime colère, provoquent des perquisitions judiciaires aux domiciles de responsables d’État soupçonnés de s’être illustrés par leur arrogante et sinistre légèreté à l’égard de la santé des Français. Signe positif de vitalité démocratique face à un État carcan défaillant, un nombre croissant de citoyens libres et exigeants ne se résignent pas à l’« abstention de combattre un ministre » devant la loi. Car l’ampleur et la gravité du désastre politique et économique, face à une épidémie relativement minime par ses effets réels sur la santé publique globale, auraient largement pu et dû être minimisées par une capacité nationale d’un niveau décent et acceptable d’anticipation et de réaction, qui fait gravement défaut.Les fautes publiques – et non erreurs techniques – étant flagrantes et leurs conséquences funestes persistantes, c’est une bonne chose que la Justice se mette aussi en marche.

À condition que les enquêtes aillent jusqu’à leur terme et que de justes et sévères condamnations soient non seulement prononcées mais exécutées, ce qui est rare dans le Landerneau politique trop souvent protégé par l’impunité sous couvert d’immunité. Car au bal masqué de l’absurde, les fous sont rois et les bouffons sont à l’honneur. Quand ministre rime avec cynisme et sinistre, mot associé au malheur et à la mort, le sens de service du mot ministère perd tout son sens et la coupe de l’exaspération citoyenne est pleine. D’autant plus que le sinistre sanitaire se double d’un sinistre économique aux effets combinés et multiplicateurs sans fin, aggravant le sinistre politique et social dans lequel la France est plongée depuis quarante ans, avec une accélération foudroyante depuis trois ans.

En effet, depuis le début de la propagation, en France, du Covid 19, en janvier 2020, on ne compte plus les marques d’incompétence des responsables publics, leurs incohérences, leur malhonnêteté intellectuelle, leurs conflits d’intérêts économiques et financiers scandaleux, leur décalage avec la réalité de la vie quotidienne et les priorités des Français. Pas plus que les manquements d’autres pays, l’invocation facile et persistante du bilan des prédécesseurs à la tête de l’État ne suffit à excuser la gestion calamiteuse de cette crise sanitaire, en réalité très limitée mais aggravée par des décisions absurdes.

En France, une majorité de citoyens élisent (encore) le Président de leur pays pour défendre avant tout leurs intérêts et l’honneur de leur pays, et en exigent légitimement des comptes. Ainsi, la confiance envers les autorités politiques, gouvernementales, sanitaires et scientifiques, totalement discréditées, est elle aussi sinistrée et a laissé la place à une défiance durable vis à vis du régime.

En dehors des canaux institutionnels gangrenés par des logiques corporatistes et idéologiques, d’ego et de conflits d’intérêts, la France dispose en interne de toutes les structures et compétences nécessaires à la prévention et à la gestion efficaces de crises majeures. Il suffirait d’y recourir avec bon sens en misant sur la compétence. À ce jeu d’échecs national, les fous sont rois, l’improvisation est reine, l’armée en marche de cavaliers fidèles consolide en permanence les tours électorales et les citoyens contribuables sont traités comme de simples pions. Si la Justice fait son œuvre – on n’est jamais totalement à l’abri d’une bonne nouvelle -, il restera à en tirer durablement les leçons politiques et techniques. Sinon, on ne s’étonnera pas qu’en avril 2022, un grand nombre de citoyens désabusés préfèrent l’ouverture de la pêche à celle des bureaux de vote.

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