Depuis les dernières municipales qui ont porté l’écologie au fronton des mairies, on assiste à une surenchère de sinistres farces. C’est, en quelque sorte, le concours Lépine des « idées à la con », comme dit Mme Saporta-Jadot…

Se trouvent ainsi encouragées des armées de tortionnaires dans l’âme. Dernier né, le collectif La Ronce qui se propose de dégonfler les pneus des SUV « pour vous donner une leçon ». Depuis le 14 octobre, ses membres ont lancé « des actions de ce genre avec, notamment, des sabotages prévus des terminaux de carte bleue dans les stations essence ». Le site turbo.fr précise : « Le collectif incite à ne pas crever les gommes et à se contenter de les mettre à plat via la valve. Et même à laisser un petit mot sur le pare-brise pour alerter, par sécurité, le propriétaire du SUV avant qu’il ne prenne la route s’il ne voit pas les pneus crevés. » Trop aimables…

À Marseille c’est l’histoire plus atypique d’une femme élue malgré elle : Michèle Rubirola. Ariane Chemin lui consacre un long papier dans Le Monde qui la montre, ô combien, « angoissée par un scénario qu’elle n’avait pas prévu ». Et pour cause : elle a été « choisie précisément pour son inexpérience des côtés sombres de l’engagement électoral ». Dès lors, c’est son premier adjoint Benoît Payan qui occupe le devant de la scène, doublé par la pétroleuse Samia Ghali, deuxième adjointe qui n’en fait qu’à sa tête… Michèle Rubirola, retour de son arrêt maladie, le confie au Monde : « J’aimerais porter une autre façon d’être maire. » Elle le disait déjà pendant la campagne : « Maire-bis, c’est un truc qui m’aurait été parfaitement. C’est dommage, ça n’existe pas. » Traduction : elle préférerait rester en coulisse. Côté jardin, c’est entendu.

Alors, une marionnette, Mme Rubirola ? Ça y ressemble fortement. Ariane Chemin rapporte ainsi que, le 8 juillet dernier, alors que Cécile Duflot, venue la « coacher », lui envoie pour la réconforter François Lamy, elle lâche benoîtement à celui-ci : « Tu es au courant que je ne reste que trois mois ? » À quoi l’ancien ministre socialiste aurait répondu : « Reste au moins jusqu’à la fin 2021. » Voilà les Marseillais prévenus.

Heureusement, me direz-vous, il y a quelques pointures pour relever le niveau. Des gens dont on ne saurait douter des convictions, tant elles sont profondément enracinées. Je veux parler ici de Jacques Séguéla, le gars qui remonte ses manches au-dessus de sa Rolex™ pour planter des radis sur son balcon. Il s’est « converti » à l’écologie et sort un livre pour que nul ne l’ignore : Ne dites pas à mes filles que je suis devenu écolo, elles me croient publicitaire ! (Éd. Coups de cœur).

Hervé Gardette (France Culture) a analysé cet ouvrage d’une grande portée philosophique. Bon garçon, Séguéla remercie d’abord la pub qui l’a bien nourri : « Les marques seront en première ligne pour [la] refondation du monde… Quel bonheur : un quart des investissements marketing en France sont destinés à rendre le monde meilleur », « Le pouvoir des marques entre en guerre contre la détérioration de la planète », etc. Grand penseur et surtout bon publicitaire, dit Gardette, il nous livre quelques formules – écrites en caractère gras pour qu’on ne les rate pas – qui auraient fait les beaux jours de l’Almanach Vermot : « Charité écologique bien ordonnée commence par soi-même », « La mer est une terre d’espoir », « Eau secours », « S.Eau.S », « Il n’est jamais trop tôt pour savoir qu’il n’est pas trop tard » et autre pomme d’arrosoir…

Ne soyons pas méchants, Séguéla est une intelligence. La preuve, il a des solutions. Celle-ci, par exemple : « Il existait dans les toilettes publiques une pancarte : merci de laisser cet endroit aussi propre en sortant que vous l’avez trouvé en entrant. Et si nous appliquions à notre planète la même résolution ? »

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