Les enfants, c’est bien connu, ont toujours raison. Parce que la vérité sort de leur bouche. Peut-être, aussi, parce que la fessée est interdite. Promesse de lendemains difficiles pour des parents bouleversés qui se réveilleront, un jour, horrifiés d’avoir nourri, logé, abreuvé ce tyran domestique qu’est l’enfant roi.

Ce phénomène encore mal identifié s’infiltre à l’échelle de toute la société. Révélateur d’une véritable crise d’autorité, nos démocraties souffrent de ce syndrome inédit qui pourrait bien virer à la dictature : le « jeunisme ». Et l’éducation, au sens noble du terme, vouée à la disparition puisque les adultes culpabilisés sont sommés de se soumettre aux injonctions de la jeune génération. Un nouveau monde en perspective…

Greta Thunberg aura montré la voie royale. Une influence considérable sur les grands de ce monde. Courtisée, adulée, reçue au Parlement européen, à la tribune de l’ONU et même au Vatican. Elle se mêle de tout, s’approprie tout : réchauffement climatique, disparition des ours, crises sociales, mouvement Black Lives Matter… Et le répète sur tous les tons : « On dirait qu’on a passé une sorte de point de basculement social, où les gens commencent à réaliser qu’on ne peut pas continuer à détourner le regard, on ne peut pas mettre ces choses sous le tapis, ces injustices. »

Cette année encore, elle loupe de peu, pour la deuxième fois, le prix Nobel de la paix. Mais ne disparaîtra pas. Elle encourage des vocations de culottes courtes partout dans le monde et son langage apocalyptique fait mouche. Exemple à l’appui avec notre nouvelle loi de finances : 48,6 milliards d’euros consacrés à la transition écologique. En pleine crise sanitaire et économique, l’urgence climatique est encore et toujours là.

Et ce jeunisme-là est contagieux. est contaminée. Ses filles, de 8 ans et 13 ans, « très engagées toutes les deux », lui soufflent ses prises de position. En matière de tenue vestimentaire des filles à l’école. Une grosse préoccupation qui a tenu en haleine la France entière et les membres du gouvernement, « un sujet d’engagement pour mes filles qui voulaient que je leur apporte mon soutien ». C’est sur un coin de table de la cuisine familiale que ça s’est décidé. Elles sont tombées d’accord toutes les trois.

Au début, plutôt sur la ligne « tenue correcte au lycée », c’est une histoire de short qui a fait changer d’avis le ministre de la Citoyenneté. Elle a finalement troqué la « tenue républicaine » contre une totale liberté vestimentaire. Au nom de la « sororité » et de l’« admiration ». Nouveaux dogmes d’une religion nouvelle inattaquables, inviolables. Sous peine de briser l’harmonie de la famille Schiappa. Et tant pis pour les jeunes filles de France bien mal conseillées. Comment leur expliquer le monde d’après ? Celui du travail où le délire vestimentaire ne sera plus de mise ?

Pour Marlène Schiappa, l’ère du jeunisme a sonné car cette génération, « engagée et formidable, éveillée à l’actualité bien plus qu’on ne l’était nous », a des choses à dire, des idées à exprimer et à mettre en pratique. « Et puis, ils ont conscience de tout ce qui existe sur les sujets de sexisme, de féminisme. C’est vraiment une belle génération, j’ai toute confiance dans ces jeunes. » Au point de dicter leur conduite aux adultes. Le chemin sera long, escarpé, parfois pénible car « petits enfants, petits caprices, grands enfants, grandes exigences » !

10 octobre 2020

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