Après dix ans de Macron, la France sous la menace du FMI, selon un rapport commandé par Bercy

Le rapport sur « la situation tendancielle des finances publiques à horizon 2030 » détaille l'héritage du macronisme...
BERCY

L’État a attendu le cœur de l’été pour publier le document. Quatre économistes indépendants mandatés par Roland Lescure, ministre de l’Économie et des Finances, et par David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, livrent, ce 15 juillet, les conclusions de leur analyse « pour évaluer les perspectives d'évolution des finances publiques jusqu'en 2030 et établir des scénarios de rééquilibrage des comptes publics dès l'année prochaine ». Le rapport sur la situation tendancielle des finances publiques à horizon 2030 est censé « éclairer le débat public notamment dans le cadre de la prochaine élection présidentielle ». Mais pas trop quand même… Une sortie mi-juillet étouffe un peu la déflagration. Les chiffres sont là, néanmoins, et ils ne sont pas tout à fait à l’avantage du président de la République : en dix ans de macronisme, non seulement la France croule sous 3.500 milliards d'euros de dette, mais l’ardoise laissée au successeur de Macron comprend d'autres lignes. On n’a pas touché le fond…

La facture de l'UE va bondir de 37 % en quatre ans !

En l'état actuel de l'économie française, si rien n'était fait (et rien ne sera fait), « le déficit public atteindrait 5,9 % du PIB en 2027 puis près de 7 % du PIB en 2030, écrivent les économistes indépendants (Xavier Jaravel, Xavier Ragot, Jean-Luc Tavernier et Natacha Valla). La dette publique passerait de 118 % du PIB en 2026 à plus de 130 % du PIB en 2030. » En conséquence, « la charge de la dette augmenterait d'environ 10 milliards d'euros par an entre 2027 et 2030 ». La mission pointe notamment l'explosion des coûts sociaux, bien sûr, mais aussi le poids… de l’Europe. Car la même UE qui plombe notre agriculture et notre industrie, laisse nos frontières ouvertes à tous les vents et prépare une avalanche de lois liberticides nous coûte cher. Très cher. La mission rappelle que l’UE coûtera 28 milliards d’euros à la France en 2026, un chiffre qui augmentera chaque année pour atteindre 38 milliards d’euros en 2030, soit un bond de 37 % en quatre ans ! Quand on aime…

Une France en faillite en guise de cadeau de bienvenue au vainqueur de la course présidentielle de 2027, en somme. La mission tire quelques conclusions assez nettes de l’examen du désastre. Et oublie l’excuse bidon du Covid-19… « La France est dans une situation de déficit primaire très significatif, contrairement à la plupart des pays européens », constatent les auteurs. Des pays qui ont tous fait face à l'épidémie. « À scénario macroéconomique inchangé, l’ajustement à faire pour stabiliser la dette publique avant la fin du prochain quinquennat est de 126 milliards d’euros, pour passer en excédent primaire suffisant, écrit le rapport. À défaut, le déficit et la dette dériveraient respectivement vers 6,8 et 130 points de PIB à horizon 2030. » Rappelons que le déficit de la France en 2016, avant l’arrivée de Macron, représentait 3,4 % du PIB et que la dette publique nette atteignait 87 points de PIB, selon l’INSEE.

Ces chiffres officiels sont-ils crédibles et sincères ? « 126 milliards, c’est une blague », estime Jean-Richard Sulzer, ancien professeur agrégé des facultés de l'université Paris Dauphine et président du Cercle national des économistes. Il estime la somme très sous-évaluée, notamment du fait de la dérive des comptes sociaux… La mission n'a en effet aucun intérêt à exagérer le désastre, bien au contraire.

« Volonté politique »

Réussir à être impopulaire sans prendre la moindre décision courageuse, Macron a réussi ce tour de force. Méprisant vis-à-vis de ses opposants lors de ses deux campagnes présidentielles, notre « Mozart de la finance » s’est fait élire essentiellement sur une réassurance financière vis-à-vis d’une Marine Le Pen décrite comme « dangereuse » pour l’économie. Son héritage imposera pourtant à son successeur, quel qu’il soit, des mesures drastiques et, donc, une impopularité record. « L’ampleur de l’ajustement est telle que les efforts devront être partagés et qu’il est illusoire de penser qu’une partie minoritaire de la population (les ultra-riches, les fonctionnaires, les retraités, les étrangers, etc.) puissent subir tout l’ajustement », notent les auteurs. Tous les Français, riches et pauvres, seront priés d’écoper le navire jeté sur le récif.

Pour redonner de l’air à nos finances publiques asphyxiées, ils invitent à supprimer, « sur un an ou plus », la quasi-totalité des clauses d’indexation, sauf pour le RSA et le minimum vieillesse. Ce qui nécessite un courage politique rare. « La mission tient à souligner que la volonté politique est une condition clef de la réussite de l’ajustement », notent benoîtement les auteurs. La Macronie est en effet apparemment bien plus à l’aise pour ouvrir les frontières, brider la liberté d’expression, ouvrir nos portes à l'Algérie sans conditions, constitutionnaliser l’avortement et faire voter l’euthanasie que pour redresser des finances qu'elle a elle-même ruinées.

Après dix ans de Macronie, la France est donc dos au mur et ce sont les experts missionnés par le pouvoir qui le disent. Si le pays continuait à laisser filer les déficits, « il deviendrait probable que la sévérité et les modalités de l’ajustement soient alors imposées au pays ». En clair, le FMI viendrait remettre de l’ordre comme il l’a fait en Grèce, jetant tout un peuple dans la misère et le désarroi.

 

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 18/07/2026 à 22:32.

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Marc Baudriller
Directeur adjoint de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

129 commentaires

  1. Et si cela était la seule solution pour qu’un certain nombre de Français indolents ou d’étrangers opportunistes venant du monde entier comprennent enfin que là où coulait le lait et le miel de l’abondance, surtout de la démagogie politique, coule désormais le fiel et le vinaigre ?

  2. Il ne faut pas demander à ceux qui ont causé le problème de le solutionner. En clair, qu’ont fait et que font les commentateurs du désastre, rien. Personne pour rappeler au fou furieux de se calmer. Au contraire, les flots d’argent vers l’étranger, ils savent et ne font rien. Encore un signal pour avertir le peuple qu’il va être tondu, mais que pour eux, rien ne peut changer, ils sont l’élite.

  3. Giscard a le premier mis la france en deficit. De plus le regroupement familial c est lui
    Il voulait plaire a ma gauche. Cela lui a bien réussi et ses successeurs de la droite molle on pris le meme chemin. Voilà où on arrive en suivant la gauche. Merci la gauche. Maintenant on va devoir payer cher comme il est normal.

  4. Le baladin n’a qu’un objectif : une guerre avec la Russie. Les conséquences seront telles que la dette déjà dramatique deviendra abyssale. Et il pourra peut-être ainsi faire oublier qu’il fut le Mozart de la dette enchantée en devenant , le croit-il, celui qui aura réussi là où Napoléon avait échoué.

    • Unifier l’Union Européenne contre la Russie, c’est copié Bismarck qui a unifier l’Allemagne contre la France… quelle horreur ces types maudits, faiseurs de guerre et ne comptant pas les souffrances et les morts.

    • Pour continuer sur le sujet précédent, il y a toujours eu le Royaume Uni derrière pour affaiblir tout empire continental, qu’il soit Français, Allemand ou Russe (par exemple : guerre de Crimée), le mieux est qu’ils se détruisent entre eux en utilisant le Drang nach Osten Allemand, les fantasmes universalistes et républicains de la révolution française… on sent la patte germanique à l’initiative et la germanophilie maladive d’une certaine élite française qui reprends ceux que leurs aieux collaborationnistes ont laissé en chantier après la libération. Finalement, ce n’était pas tant le communisme qui les génait mais c’était que des terres riches appartenaient à des slaves.

  5. La seule question à mon humble avis est : est-ce que cette crise aura lieu avant les élections présidentielles pour influencer le vote des Français ou après les élections pour les punir de leurs votes ?

  6. 10 ans pour mettre le pays dans le mur. Macron et ses gouvernements successifs sont tellement hors sol et incompétents qu’il faut être aveugle pour ne pas voir.

  7. Et pendant ce temps-là, le couple élyséen va assister à un spectacle Kpop à nos frais.
    Pourquoi se gêner ?

  8. Et dire que dans ma famille élargie il y en a qui ont voté, et vote encore, pour ces blaireaux (désolé pour la gent mustélidé!). Certes la majorité est d’anciens fonctionnaires qui n’ont aucune idée de la notion d’échéance à la fin du mois…

    • Oui, après eux le déluge, génération de criquets pélerins tout pour eux rien pour les autres… mais tartuffe pronant le partage et l’accueil à peu de frais sur les impôts des autres.

  9. Il nous aura tout fait , « le Mozart de la finance » , et voila que maintenant la France va être mise sous tutelle .

  10. Et devinez ce que préconisent ces  »non-économistes dépendants » ? La réindustrialisation, le protectionnisme, la sortie du Mercosur ? Que nenni mais : la réduction de la dépense publique et l’augmentation de impôts….Bref du poison macronien qui tue la France

  11. Tout ça les français le savent depuis longtemps mais ferment les yeux. Sont-ils prêts au sacrifice pour y remédier je n’en suis pas sûr. Pourtant il n’y a pas d’autres solutions. A moins que le pervers narcissique nous déclare une guerre à la Russie pour nous achever davantage. Il a promis le sang pas les larmes qui viendront ensuite.

  12.  »Économistes indépendants » ? Hum…Mais indépendants de quoi ? 1) Xavier Jaravel, n’est pas un économiste mais un économètre monétariste, professeur associé à la London School of Economics. 2) Xavier Ragot est lui aussi un économètre monétariste qui veut « dépolitiser l’analyse économique » (sic !) par l’usage de modèles économétriques, opposé à la sortie de l’€, favorable la « monnaie hélicoptère » (sic!) par la BCE, conseiller régulier de l’Élysée, de Bruno Le Maire et du le Parlement européen…3) Jean -Luc Tavernier est encore moins un économiste mais un polytechnicien et satisticien… 4) Natacha Valla, n’est pas non plus une économiste ( pas de thèse d’état) a suivi une formation aux USA et dans l’incubateur de la commission européenne (à Florence), puis à la BCE, puis à Goldman Sachs, à LVMH, à nouveau à la BCE, et encore à LVMH…

      • Oui, cher Oui (!) il faut bien lire : j’ai voulu démontrer que  »tout ces gens » ne sont pas de vrais économistes, ne sont pas indépendants (et payés très cher) et que ce sont eux qui ont fait que »le pays est très près du gouffre ». Mais aussi qu’ils œuvrent pour le pousser dans ce que vous appelez  » le gouffre ». En vérité le  »gouffre » est artefactuel : relire Maurice Allais sur l’émission monétaire par les banques privées lorsqu’elles prêtent puis que ce qu’elles possèdent.

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