Editoriaux - Environnement - Politique - Réflexions - 15 octobre 2019

Appel aux élus locaux : circulation en ville, le bon sens près de chez vous !

Les élections municipales auront lieu dans quelques mois. L’une des préoccupations principales des simples citoyens des villes concerne la circulation, tant il est vrai que se déplacer est une activité essentielle dans les agglomérations, aussi nécessaire pour aller travailler que pour faire ses courses, emmener ses enfants à l’école ou accomplir tous les actes de la vie courante. Pourtant, nos villes sont de plus en plus inaccessibles en raison des politiques publiques délirantes mises en œuvre (sans distinction d’appartenance politique) par nos édiles. Alors, Mesdames et Messieurs les candidats, permettez à un modeste citadin de vous proposer quelques mesures de bon sens qui, à n’en point douter, devraient être envisagées dans vos communes.

Si nul ne conteste la nécessité de lutter contre la pollution engendrée par la circulation, les réponses apportées à cette question sont souvent inadaptées. La grande idée de ces dernières années, illustrée par Mme Hidalgo à Paris, est d’interdire de fait la circulation automobile, de piétonniser les villes. Le résultat de cette idéologie est connu : des bouchons à n’en plus finir, une congestion généralisée et, in fine, une pollution accrue.

Alors, futurs maires, proposez donc à vos concitoyens une politique qui tend à fluidifier le trafic. Le bon sens vous y aidera. Mieux vaut un trafic automobile fluide à 30 km/h qu’un bouchon permanent. Pour cela, revenez sur ces aménagements contestables qui consistent à réduire les voies de circulation, à y intégrer des files réservées à des « bus à haut niveau de service », vides la plupart du temps, à faire déclencher les feux tricolores par les mêmes bus.

Imposez que, là où passe le métro ou le tram, plus aucun bus ne passe en surface ! À quoi bon dédoubler les transports en commun ? Cela contribuera à la fluidité et à la sécurité des cyclistes et des piétons. Hors de la région parisienne, avez-vous constaté que, les jours de grève des bus, on circule mieux en ville ? Supprimez les rues exclusivement affectées à la circulation des bus, les commerçants vous remercieront. Revenez sur ces aménagements qui empêchent de dépasser les bus à l’arrêt, vous limiterez les bouchons. Quant aux plans de circulation, qui révèlent parfois une forme de psychose chez leurs concepteurs, revenez aux choses simples. Nos centres-villes doivent être accessibles sans jeu de piste.

Certes, ce sont souvent les métropoles et les intercommunalités qui disposent, désormais, de la compétence transport. Est-ce une difficulté insurmontable ? Si on faisait le pari que la plupart des maires n’attendent qu’un signal pour revenir en arrière, parce qu’ils sont sur le terrain, reçoivent les doléances des habitants et comprennent de visu qu’il est impossible de continuer ainsi ? Sont-ils, au fond d’eux-mêmes, convaincus du bien-fondé de politiques qui rendent inaccessibles leurs villes aux citoyens qui, pour de multiples raisons, ne peuvent pas utiliser les transports en commun ? Et, à défaut, l’opinion publique saura bien les y forcer. Le référendum local est peut-être une solution intéressante pour faire entendre aux technocrates locaux la voix du bon sens.

Enfin, Mesdames et Messieurs les élus locaux, soyez plus libéraux en matière de stationnement. Le coût des agents municipaux chargés de distribuer des PV ne serait-il pas mieux engagé dans des actions de surveillance de la voie publique pour lutter contre la saleté de nos villes ? Là encore, proposez à vos concitoyens d’affecter ces personnels à des actions de détection et de verbalisation des comportements inadmissibles : crottes de chien qui maculent nos trottoirs, jets de détritus sur la voie publique, poubelles sauvages, tags. Quant à ceux qui font appel à des sociétés privées de télé-verbalisation, qu’ils réfléchissent : est-ce vraiment l’intérêt de leur commune, cela correspond-t-il à un véritable besoin d’intérêt public ? La réponse est dans la question.

Redynamiser nos centre-villes nécessite un accès équilibré, pas une piétonnisation à outrance ou une politique tout transport en commun. Le bon sens près de chez vous…

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