L’année du jubilé de platine de la reine d’Angleterre commence bien mal, avec les menaces d’un procès américain se profilant pour le prince Andrew. Une Américaine, Virginia Giufre, âgée aujourd’hui de 38 ans, accuse le fils d’Élisabeth II de l’avoir violée lorsqu’elle était mineure. L’affaire remonterait à 2001, alors qu’elle n’avait encore que 17 ans : embarquée dans un avion pour le par Jeffrey Epstein, elle aurait été en quelque sorte livrée au duc d’York et forcée ensuite d’avoir des relations sexuelles avec lui à trois reprises entre 2001 et 2002 : à Londres, à New York et à Little Saint James, l’île privée que possédait alors Epstein dans les îles Vierges. Vrai ou faux (le prince Andrew conteste la fiabilité des souvenirs de Virginia Giufre, estimant que de « faux souvenirs s’estompent » et que de « faux souvenirs sont créés »), il n’empêche qu’un juge new-yorkais a refusé, cette semaine, de classer la plainte au civil déposée par la jeune femme.

Face à ce scandale qui risque d’éclabousser la monarchie, la main de la reine n’a pas tremblé : le prince Andrew a dû rendre à la souveraine ses titres militaires et ses patronages royaux et il ne fera plus usage du prédicat d’« altesse royale », rapporte le site BBC News. Ses titres militaires ? Pas ceux, sans doute, qu’il a acquis personnellement lorsqu’il était officier dans la Royal Navy - on se souvient qu’il participa à la des Malouines en 1982 comme pilote d’hélicoptère. Mais ses titres en qualité de membre de la royale. Au total, une quinzaine, principalement au Royaume-Uni mais aussi au et en Nouvelle-Zélande : aide de camp personnel de la reine, vice-amiral (en 2020, déjà empêtré dans l’affaire Epstein, il avait demandé à ne pas être nommé amiral), colonel en chef du régiment du Yorkshire, colonel royal du régiment royal d’Écosse, etc.

Pour faire court, le prince Andrew devient un simple citoyen. Le communiqué du palais de Buckingham, en date du 13 janvier, est laconique et implacable : « Le duc d'York continuera à n'assumer aucune fonction publique et défend cette affaire en tant que citoyen privé. » Comparaison n’est pas raison, mais il faut avouer que l’on est loin des subtilités républicaines de chez nous concernant les hommes et femmes politiques : présomption d’innocence, mis en examen mais pas condamné, refus de levée d’immunité parlementaire, etc. D’ailleurs, chose qui n’est pas évoquée pour l’instant : le prince Andrew pourrait-il être inquiété aussi par la du Royaume-Uni, Virginia Giufre affirmant avoir été violée à Londres ? Le pire n’est jamais certain. La femme de César ne doit pas être soupçonnée, dit le vieil adage romain. Un membre de la royale non plus. D’où l’éviction de ce prince devenu encombrant.

Il fallait faire vite et fort. C’est fait. Frapper vite, car les cérémonies du jubilé de la reine approchent. Le 6 février prochain, cela fera 70 ans qu’Élisabeth est reine. En effet, le 6 février 1952 mourait son père, le roi George VI. Ce n’est que le 2 juin 1953 qu’elle sera couronnée et sacrée à l’abbaye de Westminster. Frapper fort, car la reine sait que si elle est aujourd’hui incontestée – ou presque -, la suite l’est moins. Du reste, le prince Charles, qui prend les devants, souhaiterait un « dispositif allégé » et moins coûteux lorsqu’il sera roi. Exit déjà, a priori, Harry, son épouse et sa descendance. Il en serait de même, a fortiori, pour Andrew, « mouton noir de la couronne », selon la journaliste Caroline Lazard, de Point de vue. Donc, à l'avenir, moins de monde au balcon ? Mais l'avenir n'est peut-être pas pour demain... Quoi qu'il en soit, pourvu qu’on ait la duchesse de Cambridge !

En tout cas, pour revenir à ce jubilé de platine et se mettre dès maintenant dans l'ambiance, on ne peut que recommander le livre remarquable de Jean des Cars, La Saga des Windsor, dans son édition complétée de 2021. Mais on en reparlera...

15 janvier 2022

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