C’est bien connu, l’ est une île. Pour parodier le général  : l’Angleterre, pays maritime et qui entend le rester ! C’est peut-être pour cela, d’ailleurs, que nos voisins d’outre-Manche viennent de préférer le grand large. Qui dit mer dit marine, et qui dit marine dit amiraux. Le 19 février prochain, la Royal Navy aurait dû compter dans ses rangs un amiral de plus : Son Altesse Royale Albert Christian Edward, duc d’York, comte d’Inverness, baron Killyleagh, chevalier compagnon royal de l’ordre très noble de la Jarretière, chevalier grand-croix de l’ordre royal de Victoria, aide de camp de Sa Majesté. Bref, le prince Andrew.

C’est la coutume, les membres de la royale sont promus dans les comme s’ils y accomplissaient une carrière complète. Un âge pivot ou d’équilibre, comme on dit de ce côté-ci du Channel ? Pas vraiment. 58 ans pour Charles, 62 pour Anne. En gros, à l’âge où les amiraux « pour de vrai » posent le sac. Car cette promotion est toute honorifique. Et elle peut se comprendre, pour un pays qui a construit sa gloire et sa puissance sur la mer depuis qu’il fut conquis par le Normand Guillaume, d’ascendance viking.

Or, dans honorifique, il y a honneur. Et c’est tout à celui du prince Andrew, du moins pour ce qu’il en reste, d’avoir refusé cette distinction. Le Daily Mail nous apprend, en effet, que le fils cadet de la reine a pris les devants pour ménager ses arrières, empêtré qu’il est dans l’affaire Epstein, en demandant au ministère de la Défense de ne pas le nommer amiral. Ne pas ajouter de la polémique dans la polémique. Faire un peu low profile, vu les paquets de mer tombant actuellement sur la famille royale.

Officier d’opérette ou d’opération, le prince Andrew ? Les deux, amiral ! Car il fut un vrai officier de marine, il ne faut pas l’oublier. Entré à l’âge de 19 ans dans la Royal Navy, il participa à la guerre des Malouines en 1982 et exerça un commandement à la mer sur un chasseur de mines en 1993-1994. Il quitta le service actif en 2001. D’ailleurs, il faut savoir qu’en fait, Andrew était déjà amiral honoraire. D’abord rear admiral en 2004 – une vieille appellation héritée de la marine à , à une époque où l’escadre avait à la tête de son « avant-garde », pour prendre un terme « terrien », un vice admiral, et à l’arrière un rear admiral. Puis, en 2015, vice admiral. Attention au faux ami… Mais il ne sera pas nommé admiral, l’équivalent de notre grade d’amiral.

C’est peut-être mieux ainsi. Pour tout , et particulièrement pour la famille royale, notamment la reine. La reine qui est d’ailleurs un peu amiral sur les tribord et bâbord puisque, de 1964 à 2011, elle porta le titre honorifique de lord-grand-amiral, qu’elle transmit au en 2011. Et puis, cette non-nomination évitera peut-être de voir un amiral faire naufrage.

8 février 2020

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