Editoriaux - Société - 26 août 2019

Amis antispécistes, vous êtes sur une mauvaise pente !

Dans l’inventaire à la Prévert des participants au contre-G7, on trouve naturellement les altermondialistes, les Black Blocs, les gilets jaunes, mais aussi, aujourd’hui… les antispécistes. Ces gens, dont l’exemplaire français le plus médiatique est le si avenant Aymeric Caron, assimilent à du racisme – et donc au mal absolu – l’idée assez partagée que l’homme est au sommet de la pyramide des êtres vivants.

Née, comme bien d’autres, dans les vapeurs cannabiques et déconstructivistes des années 70, cette idéologie a été théorisée par un certain Peter Singer dans son livre La Libération animale, paru en 1975. Selon sa thèse (in Wikipédia), « si le mal qu’il y a à tuer un être dépend de la capacité qu’a cet être à se projeter dans l’avenir, il est plus grave de tuer un être humain adulte normal que de tuer une vache. ».

Là, nous sommes tous d’accord, mais il y a la suite : « Il est plus grave aussi de tuer une vache, qui possède cette capacité à un certain niveau, que de tuer un nouveau-né humain, qui ne la possède presque pas. » Ici, pépère pousse un peu loin le bouchon, d’autant qu’on peut a fortiori en déduire que, pour sa sensibilité d’alien, tuer un fœtus ou un embryon humain est encore moins grave. En foi de quoi le Conseil des sociétés humanistes australiennes le désigna, en 2004, em>« humaniste australien de l’année » (et, en plus, elle était bissextile…). Allez vous étonner, ensuite, que ses disciples caillassent des boucheries !

À l’exception, toutefois, des commerces halal, ce que justifiait candidement une antispéciste suisse à la Tribune de Genève en 2018 : « Au vu du contexte d’islamophobie inacceptable dans lequel nous vivons, taper sur une population déjà stigmatisée ne serait vraiment pas anodin. » Et serait peut-être imprudent, aussi ?

Mais jusqu’où étendre cet admirable respect du vivant ? À la tique, au moustique, au bacille de la tuberculose qui, lui aussi, a bien le droit à un hôte pour se reproduire ? À cette question insomniante, les antispécistes les moins radicaux ont trouvé une réponse jésuitique consistant à classer les animaux sur une échelle de « sentience » (capacité d’éprouver des choses subjectivement, d’avoir des expériences vécues). Au sommet de laquelle ils placent ceux aux capacités cognitives supérieures comme les mammifères – probablement capables d’éprouver douleur et plaisir -, puis les vertébrés, etc., jusqu’aux oursins et aux éponges, bref, à préférer ceux qui nous ressemblent.

Mais préférer ceux qui nous ressemblent, n’est-ce pas, précisément, le ventre fécond d’où sortent racisme, sexisme, homophobie, islamophobie… assez mal portés ces temps derniers ?

Attention, amis antispécistes, vous êtes sur une mauvaise pente !

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