Editoriaux - Politique - 26 août 2019

Jean-Paul Delevoye, bientôt ministre des Retraites : attention, entourloupe ?

Jean-Paul Delevoye est pressenti pour devenir ministre des Retraites. Il occupe, à ce jour, un haut-commissariat aux retraites sous la direction d’Agnès Buzyn, ministre de la Santé et des Solidarités. À 72 ans, il est homme nouveau pour le monde nouveau où l’on fait de la politique d’une nouvelle façon promis par le Président lorsqu’il était candidat, persifleront tous ceux qui ont un peu de mémoire. Pour les autres, sa page Wikipédia aligne les multiples mandats (aux temps bénis où leur cumul n’était pas honni), postes parlementaires ou ministériels ou dans divers machins de la République (Maires de France, Médiateur, CESE).

Il est connu pour sa docilité : il demandait à Jean-Marc Ayrault comment refuser d’analyser les plus de 700.000 pétitions collectées par la Manif pour tous en 2013. Il y a gagné une étiquette de fossoyeur de la démocratie directe en France. C’est sans doute mérité, mais rappelons que l’assassin de ce recours à la voix du peuple, c’est Nicolas Sarkozy signant les traités de Lisbonne malgré le référendum de 2005.

L’homme, transfuge de la droite molle, s’est prononcé pour Emmanuel Macron assez tôt pour présider le comité d’investiture d’En Marche ! Il est donc responsable des erreurs de casting manifestes qui peuplent l’Hémicycle, mais soyons charitable : pas de noms ! Au moins pouvons-nous parfois en rire, avant d’en pleurer.

Il a remis un rapport au Premier ministre pour réformer les retraites. Il a même été épinglé par une presse pourtant macronolâtre pour sa présentation biaisée : les exemples choisis seraient comme des participants à « L’École des fans » : ils y gagneraient tous ! Comme c’est étrange…

En bon socialiste qu’il fait semblant de ne pas être, il a mis sa démission dans la balance pour préserver l’âge « normal » de départ en retraite à 62 ans. Effet d’annonce de celui qui prétendrait défendre la veuve et l’orphelin, mais pas sans plafonner une éventuelle pension de réversion.

Bien sûr, il y a dans les orientations énoncées pour une prochaine réforme des retraites des principes auxquels tout citoyen censé peut souscrire : la fin des régimes spéciaux et un système de surcote-décote en fonction de l’âge effectif de départ. Mais pour certains libéraux dont le régime est excédentaire, ça ne passe pas : doubler les cotisations du jour au lendemain sans revaloriser les prestations, c’est ni plus ni moins faire main basse sur leur magot.

Certes, il faudrait bien un jour réformer les retraites, et donc quelqu’un pour porter cette réforme dure et clivante, très difficile. Rappelons qu’en 2010, des lycéens et des étudiants étaient dans la rue pour s’opposer à la réforme des retraites de naguère, dindons d’une farce où ils ne percevaient pas qu’ils seraient plumés. Le problème récurrent de casting de M. Macron se poursuit : La République en marche n’a à offrir que des apparatchiks serviles dont la plupart sont incompétents. Qui voudrait siéger dans un gouvernement où Christophe Castaner est ministre de l’Intérieur ?

Alors, Jean-Paul Delevoye comme ministre, pourquoi pas ? Le colosse a prouvé par le passé être capable d’encaisser les coups et les critiques sans broncher et de garder le cap qu’on lui a fixé. Pour le meilleur et pour le pire.

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