Audio - Editoriaux - Entretiens - 14 décembre 2019

Alain de Peretti : « Les gens ont le droit de connaître le mode d’abattage des animaux ! »

Nicolas Dupont-Aignan avait déposé, en avril dernier, une proposition de loi réclamant que le mode d’abattage soit mentionné sur la viande. Proposition restée sans suite.

Alain de Peretti, docteur vétérinaire, et son association relaient massivement cette proposition afin qu’elle soit mise à l’ordre du jour et discutée dans l’Hémicycle.
Explications au micro de Boulevard Voltaire.

Le député Nicolas Dupont-Aignan a proposé une loi visant à étiqueter le mode d’abattage des bêtes. On imagine que cette initiative va dans votre sens ?

C’est une proposition de bon sens qui serait le minimum minimorum en la matière. Elle revient comme un serpent de mer toujours rejeté. Ce serait soi-disant discriminant d’indiquer le mode d’abattage. C’est totalement absurde. Les gens peuvent vouloir consommer par conviction personnelle autre chose que du halal.
Ce projet de loi a été enterré. Il avait été déposé au mois d’avril et nous l’avons découvert fortuitement. À l’issue de cette découverte, nous avons pris la décision, avec notre association vigilance , de faire une action de masse pour peser sur la décision de le mettre à l’ordre du jour.

Concrètement, comment cela va-t-il se mettre en œuvre ?

Nous avons conçu cette action en envoyant un courrier papier avec une lettre type. Cette lettre a pour but de demander au président de l’Assemblée nationale de mettre à l’ordre du jour ce projet de loi, de le faire discuter par l’ensemble de l’Assemblée et le rendre public. Plusieurs dizaines de milliers de lettres arrivent sur le bureau du président de l’Assemblée nationale. Elles vont avoir un effet psychologique important, beaucoup plus qu’une pétition qui aurait plus de signatures.
Cela nous a permis de tester les réseaux « patriotes ». On s’aperçoit, sur les réseaux sociaux, que les gens sont intéressés par cette action toute simple qui ne coûte pas cher. Il suffit de la télécharger, l’imprimer, la mettre dans une enveloppe et l’envoyer. 16.000 personnes suivent notre page Vigilance Halal. Nous avons de très bons retours, les gens partagent même notre page. D’ailleurs, Boulevard Voltaire agit en ce sens. Nous vous en remercions vivement. C’est grâce à cette interconnexion que nous pourrons obtenir des victoires.

Vous disiez que ce projet de loi était souvent retoqué parce qu’il inciterait à la discrimination. De quelle discrimination parle-t-on ?

Au moment où Nicolas Sarkozy était président de la République, j’étais en relation avec Nicolas Dhuicq, député Les Républicains. Il avait, à ce moment-là, déposé un projet de loi dans ce sens.
À l’époque, Vigilance Halal n’était pas aussi puissant. Nicolas Dhuicq m’avait raconté que son projet avait été quasiment retiré sous la pression de ses amis politiques, Les Républicains. On se trouve confronté à la lâcheté des politiques. D’où l’idée de soutenir Nicolas Dupont-Aignan.
Après les fêtes de Noël, nous allons envoyer un courrier à tous les députés en leur faisant part de cette demande. Nous l’avions déjà fait. Ce courrier avait et aura pour objet de mettre en garde sur l’instauration d’une taxe halal. Plus de 100 parlementaires nous avaient répondu. Notre ambition et notre fonctionnement est d’agir comme un lobby. Puisque la société fonctionne comme cela, nous sommes bien obligés de nous y conformer. C’est notre stratégie actuelle, en plus du combat juridique et de la communication directe.

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