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Editoriaux - Médias - Politique - Société - 22 janvier 2015

Ainsi va la République

Le temps de l’émotion passé, après la tuerie du début du mois et la montée en flèche des sondages présidentiels, l’unité nationale qui fut propice à notre président normal aurait été mise à mal. La faute à qui, selon les médias ? Mais à Sarkozy qui fut le premier à sortir les armes, suite à l’outrance du Premier ministre qui, parlant de notre pays, a évoqué l’apartheid.

Devrions-nous rappeler que, tandis que les derniers accents de “La Marseillaise” unitaire résonnaient encore, qu’on essuyait furtivement les larmes ministérielles et tricolores trahissant l’émotion provoquée par l’unité de tout le pays derrière son Président, le porte-parole du gouvernement rappelait qu’il fallait refaire l’Union de la gauche ? Je ne parle pas de Cambadélis, le taulier du PS, mais du représentant officiel du gouvernement de la France, monsieur Stéphane Le Foll. Où est l’union sacrée dont on nous rebat les oreilles depuis deux semaines ? Comment un chef d’État peut-il simultanément tendre la main à tous les Français, toutes opinions confondues (ce qui est son rôle), et en même temps se présenter comme le chef d’une faction partisane ?

Quant à Manuel Valls, question unité, il fait vraiment dans la dentelle. Entouré par des sociologues et autres spécialistes de la pseudo-politique de la ville qui depuis plusieurs jours analysent les causes des attentats terroristes, il se livre à une accusation terrible contre l’ensemble de la société française en employant le mot apartheid.

Autrement dit, on est tous Charlie, mais si c’est arrivé, c’est de notre faute. On nous a habitués, depuis les années soixante-huit, à cette double peine qui consiste d’abord à compter nos morts et ensuite à battre notre coulpe. L’ennemi étant invariablement une victime, il fallait bien que nous fussions coupables.

Il ne viendrait pas à l’idée de nos « élites » que la crise économique et sociale touche tout le pays, que l’emploi se fait rare et qu’il est totalement irresponsable de faire entrer en France chaque année, par centaines de milliers, des immigrés qui ne peuvent dans leur majorité que venir grossir les listes de demandeurs d’emplois et de logements, et alimenter d’avantage les tensions dans les banlieues ?

Par conséquent, ce n’est pas parce que les sondages montent que le pays va mieux. Ces derniers incidents politiciens qui surgissent, alors que les tombes sont à peine refermées, sont révélateurs de l’absence d’État, de l’absence de politique nationale. Les requins ont repris leur bataille pour le pouvoir et montrent par ces propos irresponsables que la France et les Français sont le cadet de leurs soucis, hors période électorale.

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