Editoriaux - Polémiques - Politique - Social - 27 décembre 2019

Agen : la CGT coupe l’électricité au stade et à… la clinique ; le maire crie au scandale !

Pour le réveillon de Noël, à Agen et en Lot-et-Garonne, quand la conversation a finalement dérivé vers la retraite à points et les grèves, alors que Macron et le gouvernement perdaient nettement la partie au moment de la dinde, même chez la génération Delevoye, la situation s’est subitement retournée à la bûche.

En effet, dans le cadre de ses actions, la a revendiqué des coupures d’électricité sauvages, et les plus spectaculaires ont visé des lieux et des événements susceptibles de faire parler de la grève. C’est donc sur le stade Armandie et le match de rugby de samedi dernier que la avait jeté son dévolu, sachant qu’à Agen, s’il reste bien quelque chose de sacré, c’est le rugby, son club le SUA et son temple Armandie. Hors de cette trinité, point de salut en terre agenaise.

Donc, pendant quelques minutes, la rencontre – un derby Agen-Toulouse, vous imaginez… – fut interrompue par la coupure : chez les adorateurs du ballon ovale, on voyait rouge.

La CGT avait réussi son coup en faisant parler d’elle et, fair-play, rallumait la lumière pour que le match puisse se dérouler.

Mais ce qui a retourné ma belle-mère, c’est que, pour couper l’électricité au stade, il fallait aussi la couper à la clinique, juste à côté. Et la clinique Esquirol-Saint-Hilaire a décidé de porter plainte. « Cette coupure a eu lieu alors qu’un de mes confrères était en train d’opérer. Il était en train de réaliser une opération de chirurgie vasculaire majeure », a déclaré à la presse régionale Philippe Fiatte, chirurgien urologue connu. « Même si l’interruption de l’électricité n’a duré qu’une dizaine de secondes avant que le groupe électrogène du bloc opératoire prenne le relais, cela aurait pu avoir des conséquences graves », a-t-il fustigé. Le chirurgien en question, Alain Veyret, ancien maire socialiste d’Agen dans les années 2000, a précisé qu’il ne porterait pas plainte, au contraire d’Enedis et du directeur de l’établissement.

Et l’affaire a pris un tour politique car l’actuel maire d’Agen et candidat à sa succession, Jean Dionis, UDI soutenu par LREM, a protesté dans un tweet : « Scandaleux ! Je viens d’avoir confirmation par EDF/ENEDIS qu’il s’agissait d’une coupure sauvage ! Que les grévistes continuent comme cela, ils vont avoir les Françaises et les Français avec eux ! »

Si on peut critiquer l’action de la CGT, la posture d’un bon petit soldat de la Macronie désireux de conserver son siège en mars n’a échappé à personne.

On ne saurait mieux dire à quel point, désormais, dans ce conflit, c’est au niveau de l’opinion que la bataille va se jouer.

Pour rassurer ma belle-mère – et le maire d’Agen -, aucun dysfonctionnement n’a été enregistré à la clinique. La CGT a fait parler d’elle. Papi a été opéré sans dommage et a un cœur tout neuf. Et Agen a perdu. Et tout ça « en même temps ».

Magie de Noël.

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