Pourquoi, à la veille de Noël, Poutine s’en est-il pris à la ? En plus sur les origines de la Seconde Guerre mondiale, en déclarant notamment : « Les Polonais ont pratiquement conclu une entente avec Hitler », comme le rapporte Le Point. Tout le monde sait pourtant que c’est l’URSS qui a conclu une entente avec Hitler et non la Pologne. Ce qui est en jeu n’est pas la vérité historique, mais les intérêts de la Russie. Les bonnes vieilles méthodes soviétiques de déstabilisation et soumission de l’adversaire sont à l’œuvre et elles ont déjà eu raison de Macron.

Commençons par un minimum de contextualisation : pour des raisons historiques et pratiques, la Pologne d’aujourd’hui considère n’avoir qu’une menace existentielle : la Russie. Et une seule puissance en capacité de la défendre : les États-Unis. Les deux pays ont la même stratégie, en une phrase : il s’agit de priver la Russie de toute ambition impériale. Pour ce faire, il est nécessaire que l’Ukraine s’affranchisse totalement de la Russie, ce que le maître du Kremlin ne peut accepter. Or, la Pologne et les USA, qui ont essayé d’arrimer l’Ukraine à l’Union européenne via les révolutions orange, ne désespèrent pas d’y arriver un jour. Actuellement, elles essayent de faire échouer la réalisation du gazoduc Nord Stream 2 (reliant, par la Baltique, la Russie à l’Allemagne), qui aura le double désavantage de rendre l’Allemagne dépendante de la Russie et l’Ukraine plus vulnérable aux desiderata russes.

Or, les déclarations révisionnistes de Poutine contre la Pologne interviennent le lendemain du déplacement de Poutine en Crimée (qu’il a prise à l’Ukraine) et des sanctions américaines contre le gazoduc Nord Stream 2. Il s’agit donc d’un avertissement très clair à la Pologne. Soit elle accepte la partition de l’Ukraine et la mainmise de la Russie sur l’avenir énergétique du leader de l’Union européenne qu’est l’Allemagne, soit le Kremlin lancera une campagne de désinformation contre Varsovie. Ce n’est pas anodin pour deux raisons. D’abord, la Pologne se relève à peine d’une guerre du fake des progressistes européens, pour qui elle incarne tout ce qu’ils détestent : un pays catholique, où le politiquement correct ne fait pas sa loi et qui s’oppose à l’entrée de migrants provenant de pays islamiques. Ensuite, et surtout, les réseaux de propagande de Poutine en Occident peuvent faire très mal.

Pour s’en persuader, il suffit de voir Macron faire des courbettes au tsar de toutes les Russies. Avec les gilets jaunes, il s’est rendu compte à quel point Russia Today (RT) était devenu un média capable de mettre en échec sa propagande, les Russes ayant compris, eux, que la meilleure arme contre Macron était la vérité.
Macron sait que sa réélection en sera difficile et qu’il ne peut se permettre d’avoir Poutine et RT contre lui. Surtout depuis l’entrée du milliardaire tchèque Křetínský dans le capital du Monde et son rachat de Marianne (les principaux revenus de Křetínský sont liés au gaz russe, donc à Poutine).

Russie, USA, Maroc, Algérie, Arabie saoudite, Qatar, Allemagne : la France n’a jamais été autant sous influence depuis Louis XVI. Pour le comprendre, il suffit de vous interroger : combien de journalistes parlant des intérêts de la France et non de ceux de minorités pouvez-vous entendre à la télévision ? Ils se comptent sur les doigts d’une main ; de deux, si vous êtes généreux.

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