À partir de jeudi 16 avril, un motif supplémentaire de sortie viendra compléter l’attestation de déplacements dérogatoires. Non, cette nouvelle dérogation ne lève pas l’interdiction des visites dans les EHPAD, ce qui viendrait soulager le manque affectif subi par nos aînés privés de voir leurs enfants et petits-enfants.

Cette autre dérogation n’autorise pas, non plus, les parents à aller voir leurs enfants en situation de handicap, placés dans des établissements spécialisés, permission qui calmerait la détresse émotionnelle dans laquelle ils sont plongés face à cette absence familiale soudaine qui reste, pour la plupart d’entre eux, incompréhensible.

Ce motif supplémentaire concerne encore moins les familles endeuillées qui auraient, finalement, le droit d’aller se recueillir sur la tombe de leurs proches récemment disparus. Non, rien de tout cela. Cette nouvelle dérogation n’est pas destinée aux humains, espèce menacée d’extinction par la pandémie virulente d’un virus coriace, mais à nos amis les bêtes !

Car l’heure est grave pour l’espèce animale domestiquée. Épargnée par le coronavirus, la rôde, néanmoins, parmi elle. Les fourrières, toujours en service, vont devoir euthanasier chiens et chats errants qu’elles capturent dans nos rues désertées, faute de places disponibles dans les refuges, fermés au public depuis le début du confinement. Intolérable pour la SPA, qui est allée plaider pour la réouverture de ces refuges auprès du ministre de l’Intérieur. Message reçu 5 sur 5 par ce dernier qui a annoncé, samedi dernier, par un tweet, accorder « une tolérance concernant les déplacements pour l’adoption d’animaux en refuge ». Pour justifier cette brèche dans la chape de plomb du confinement, Christophe Castaner brandit la cause animale et tweete, comme l’aurait fait n’importe quel militant antispéciste de l’association L214 : « Nos animaux ne doivent pas être les victimes collatérales du Covid-19. » Autrement dit, le a commencé en catimini pour un secteur non nécessaire à la survie du pays !

C’est à se demander si cette mesure exceptionnelle ne fait pas partie de la stratégie électorale du gouvernement qui, en quête de voix pour les prochaines échéances de notre vie politique, va chasser sur les terres du Parti animaliste qui avait fait l’exploit de récolter 2,2 % des voix l’an dernier, aux européennes.

Bref, de tout façon, nous n’en sommes pas encore là. Aujourd’hui, la question est plutôt de savoir si, au lendemain de l’entrée en vigueur de cette nouvelle autorisation de sortie, on va assister à une ruée dans les refuges ? Très certainement, étant donné qu’aujourd’hui, être propriétaire d’un chien permet de préserver finalement sa de mouvement. À l’heure du confinement, ce n’est plus le maître qui sort son chien mais le chien qui sort son maître. Et plusieurs fois par jour, s’il le faut. Voilà que nous sommes délivrés, libérés et déconfinés par nos amis à poils.

Avant que nos soldats de l’hygiène publique passent, pour la énième fois, le jet d’eau miraculeuse désinfectant nos rues, poteaux, arbres, pneus de voiture, murs d’immeuble, grillages se font régulièrement arroser par tout un défilé canin. Il faut dire que, depuis le début du confinement, petits roquets et gros toutous se refont une physique et mentale. On voit des labradors à la taille plus svelte que celle des lévriers qui regardent d’un mauvais œil cette concurrence imprévisible, des golden retrievers aux poil plus luisant qu’un balayage californien shampooiné par Dessange, des chihuahuas à l’humeur plus zen qu’un moine bouddhiste. Le confinement, pour eux, c’est la belle vie. Les maîtres, menottés à leurs laisses, ont lancé l’open bar des sorties, ce qui bouleverse radicalement les repères de promenade de nos amis sur pattes. Au début, tout contents d’aller se promener plus de deux fois par jour, ils frétillaient la queue et poussaient des jappements de plaisir mais, à J+29 du début du confinement, ils traînent un peu la papatte. Au final, vie de chien tu as, vie de chien tu auras !

16 avril 2020

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