Isabelle Adjani est une très grande actrice. Au moins deux preuves à cela : la première est qu’à 68 ans, elle en paraît à peine 30 ! La seconde est son grand numéro de pauvre femme ignorante des réalités de ce monde, qui vit « dans un petit immeuble qui ne paye pas de mine ». D’ailleurs, dit-elle, elle squatte une chambre chez des amis quand elle vient à Paris, à moins qu’on ne lui paye l’hôtel. C’est qu’elle est sans le sou, la pauvrette !

Voilà ce qu’ont plaidé ses avocats devant le tribunal. Oui, mais voilà… les juges n’ont pas apprécié la prestation et, ce 14 décembre, ont condamné l’actrice à deux ans de prison avec sursis et 250.000 euros d’amende pour s’être frauduleusement domiciliée au Portugal en 2016 et 2017 et avoir fait passer comme prêt une somme de deux millions d’euros reçue de l’homme d’affaires Mamadou Diagna Ndiaye. Président du Comité national olympique et aussi membre du Comité international olympique, ce sportif sénégalais est le parrain de son fils Gabriel-Kane.

La manœuvre qui consiste à déguiser une donation en « prêt amical sans intérêts » aurait ainsi permis à l’actrice d’économiser 1,2 million d’euros de droits de mutation (une bagatelle !). Étant alors dans un « contexte de détresse financière très importante », disent les juges, elle était à l’évidence dans l’incapacité de rembourser la somme.

Autre source d’économie, la domiciliation d’Adjani au Portugal en 2016 et 2017 lui aurait épargné le paiement de 236.000 euros d’impôt sur le revenu. Enfin, détail en passant, la pauvrette était accusée d’avoir fait transiter 120.000 euros via un compte américain non déclaré. Un oubli, assurément.

Car elle était aussi blanche que sa peau laiteuse, ont plaidé ses avocats. Voyez-vous, Monsieur le juge, la malheureuse n’y connaît rien en chiffres, elle a été mal conseillée. Elle l’avait d’ailleurs confié à Paris Match quand l’affaire a éclaté : tout cela découle « de malentendus, de malveillance, voire même de maltraitance ». « On ne peut pas être ruinée quand on n’a jamais été fortunée. J’ai gagné plus d’argent que la moyenne, mais j’en ai donné et perdu plus que la moyenne aussi », disait-elle alors. On comprend. Et puis, que voulez-vous, il faut bien payer le chirurgien qui vous permettra d’entrer dans la tombe avec un physique de première communiante.

Les gens sont méchants, voilà le drame. Ils votent mal, n’aiment pas les étrangers. C’est comme cette polémique idiote autour du burkini qu’Adjani dénonçait en 2016, une polémique « ridicule et dangereuse ». Quant à se dire en guerre contre Daech, c’était à ses yeux « terroriser les gens, les radicaliser du côté du Front national », ce poison qu’elle a toujours combattu.

Adjani n’était pas là au rendu du verdict. Absente à cause d’une « pathologie aiguë », ont dit ses avocats. Mon œil ! a répondu le juge. Toutefois, sitôt connue sa condamnation, l’actrice a réagi sur son compte Instagram : « Ma dédicace du jour à tous ceux qui savent… La vérité est lente mais ne s’arrête jamais. Émile Zola. »

Grande comédienne, vraiment !

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15 décembre 2023 à 16:35

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30 commentaires

  1. Je ne veux pas savoir ce que les juges en auraient « aimé » ou non. Car on demande aux juges de juger, non de donner leur avis ou leur préférence, mais de juger. Capito ? Isabelle Adjani devant eux? Que font-ils ? Aimer ou ne pas aimer son comportement ! Supprimez les Adjani, supprimez les hommes de lettre, les grands artistes, mais dépêchez vous… Certains partent ! On condamne à la vindicte les hommes et femmes des écrans, mais que fait-on des autres, ceux que le peuple ne veut pas condamner comme nous l’avons vu récemment ? Est ce le peuple qui condamnerait ou les juges qui au lieu de suivre la loi, condamnent parce qu’ils n’aiment pas ! De plus, un titre de journal ou la notoriété d’une actrice n’est pas une preuve de culpabilité ! Sinon, ne serions nous pas tous « des anges » ?

  2. Les artistes ont toujours été une mine d’or pour le fisc et……… des proies faciles. Ils font n’importe quoi et écoutent n’importe qui, il existe pourtant des bons, puis viennent pleurer à la télé. Le plus célèbre, Aznavour, les « rent a star company » et au moins deux arrêts du Conseil D’Etat. Le plus faux cul, Noah, condamnation comme Adjani, confirmée par le Conseil d’Etat. A gauche toujours plus…..et ca donne des leçons.

  3. Prenez acte braves gens… Cette personne, cette grande actrice qui « a osé » tourner « la journée de la jupe » devrait être portée aux gémonies ! Une actrice de ce renom et de cette valeur… Je ne veux pas savoir ce que les juges en auraient « aimé » ou non… Qu’ils laissent tomber leur marteau et la laissent partir. Les juges n’ont pas à aimer ou détester ! Tant d’autres sont absous pour beaucoup plus en paradant au tribunal… Laissez là partir, vous y gagnerez en considération, et elle demeure mieux à faire à l’écran ce que quelques pleutres nantis affichent devant un tribunal.

  4. Elle économise 1.2 millions d’Euros en trichant, et la justice lui en réclame 250 000 ! Elle a donc eu raison de le faire. Il n’y a pas pires coupables que ceux qui laissent faire.

  5. Ces gens, artistes, politiques etc….n’en ont jamais assez….Ils ne savent pas se contenter des millions qu’ils gagnent, il faut qu’en plus ils trichent.

  6. Je retiens la journée de la jupe et la mêche coupée pour les femmes iraniennes. Et si on cherchait du côté de ceux qui sont partis en Suisse ou aux States pour mieux baver sur la France ?

  7. Ceux qui s’exilent et ceux qui restent et ceux qui payent il faut de tout pour faire un monde mais il est insupportable de recevoir des leçons de moraline d’individus qui profitent d’un système et viennent nous culpabiliser de ne pas accepter d’accueillir la misère du monde pour une fois la justice n’ est pas dupe de cette grossière supercherie ! Ces artistes sont des profiteurs au dépens de personnes honnêtes qui paient des impôts et des contributions sociales et que l’on vient ensuite dénigrer car ils ont l’audace de ne pas vouloir accueillir toute la misère du monde .de qui se moque t on ???

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