Editoriaux - International - Médias - Presse - 23 mai 2017

À Manchester a eu lieu un “incident” terroriste…

L’attentat de Manchester, qui a visé la jeunesse occidentale, décadrante et dépravée selon les auteurs de tels actes criminels, a été qualifié par la police anglaise en conférence de presse “d’incident terroriste”.

Ce mot est repris par nombre de journalistes français, heureux de puiser dans cette terminologie l’édulcorant empoisonné :
“Fait secondaire, à caractère fâcheux, qui survient au cours d’une action et peut en perturber le déroulement normal.”

Voici pour la définition du mot incident en langue française.

Monsieur Valls nous avait prévenus, il allait falloir nous “habituer” au terrorisme.

Monsieur Macron voit de “l’impondérable” dans le terrorisme.

Les incidents possèdent intrinsèquement leur part impondérable, il faut s’y habituer. Belle sagesse par syllogisme.

Depuis des années, dans toute l’Europe de l’Ouest, les médias sont à l’unisson pour édulcorer le fait barbare qui endeuille nos pays, tantôt la France, tantôt l’Angleterre, tantôt l’Allemagne… les trois points expriment ici la suite du carnage.

Le novlangue frappe et frappe encore, de Paris à Berlin, de Londres à Manchester, il se fait le complice pervers des assassins de l’islam en minorant l’impact des actes terroristes, avec son cortège de corps mutilés, de vies brisées, de handicapés à vie.

Selon la logique sémantique du parler orwellien, nous devons disparaître en silence, sans broncher, dans la “dignité”.
Dignité. Mot novlangue de clôture, post-attentat. Tu vois ton enfant déchiqueté ? Voilà ce que l’on attend de toi : bougies, petits cœurs “I love Manchester” et mantra désormais célèbre : “Vous n’aurez pas ma haine.”

Stricto sensu, le novlangue possède sa logique : il est en effet indigne de se fâcher par trop pour un incident.

Le novlangue vampirise nos mots et nos vies.

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Cette hypothèse vous rappelle assurément de bien bonnes fables gauchistes… …