À Mâcon, Bardella sonne la charge contre Attal, Philippe et même Retailleau

« Vous ne devriez pas vous présenter à la présidentielle. Vous devriez plutôt vous couvrir la tête de cendres et demander pardon au peuple français ! »
Capture d'écran X Jordan Bardella
Capture d'écran X Jordan Bardella

Il est des commentateurs qui aiment à ironiser sur le « binôme » que Jordan Bardella constitue avec Marine Le Pen, scrutant à la loupe leurs différences. Un binôme, visiblement, complémentaire et, il faut bien le reconnaître, à la popularité insolente. Mais dans la course à la présidentielle, il y a aussi un triumvirat d'outsiders (pour la petite histoire, la grande Histoire nous apprend que les triumvirats finissent généralement mal). Ce triumvirat, c'est celui que Jordan Bardella a constitué à travers son discours, en ce 1er mai à Mâcon, devant 5.000 militants remontés à bloc, en s'en prenant frontalement à deux anciens Premiers ministres et un ancien ministre d'Emmanuel Macron : « Vous ne devriez pas vous présenter à la présidentielle. Vous devriez plutôt vous couvrir la tête de cendres et demander pardon au peuple français ! », a-t-il lancé, désignant nommément les deux macronistes (ou anciens macronistes, on ne sait plus trop) Gabriel Attal et Édouard Philippe, mais aussi Bruno Retailleau, à qui Bardella reproche sa participation au gouvernement durant plus d'un an.

Et le président du RN d'enfoncer le clou

« On ne reconstruit pas un pays avec ceux qui l'ont détruit [...] Comment messieurs Attal, Philippe et Retailleau, qui ont exécuté et mis en œuvre la politique d'Emmanuel Macron depuis dix ans, peuvent-ils avoir le culot de se présenter devant les Français pour nous expliquer qu'ils feront l'inverse de ce qu'ils ont fait hier ? » Après avoir énuméré les différents pardons que, selon lui, les Français seraient en droit d'exiger d'eux (« Pardon d'avoir mis à terre la plus grande nation du monde, pardon de n'avoir pas su, pas pu ou - pire - pas voulu protéger le peuple français », Bardella a achevé son réquisitoire par une « question simple » et directe : « Messieurs, qu'avez-vous fait de la France ? » Le moment était fort et a installé le jeune président du RN en combattant.

Le Pen et Bardella sur une même ligne en économie aussi

Mais le meeting de Mâcon a aussi permis de répondre à ceux qui voudraient trouver une incohérence entre un Bardella libéral et une Marine étatiste. Ils ont ainsi tous deux défendu « la France de ceux qui se lèvent tôt », s'opposant à la gauche qui « défend le droit à la paresse ». Ils ont aussi insisté sur l'importance d'« entreprendre », de « produire », de compter dans le pays « des champions nationaux » ou encore de réduire les impôts, vaincre la fraude et se débarrasser du « bidonville normatif ». Une façon de faire entendre une petite musique libérale populaire qui devrait séduire autant l'ouvrier que le patron. C'est d'ailleurs Marine Le Pen elle-même qui n'a pas hésité à pourfendre « l'assistanat », expliquant que « la nécessaire solidarité nationale n'a rien à voir avec l'adhésion malsaine à un assistanat endémique entretenu et encouragé » pour des raisons électorales.

Quant à Jordan Bardella, il a loué la « France du mérite », déroulant le programme du RN en matière de préférence nationale (allocations, logements sociaux réservés aux nationaux, suppression de l'aide médicale de l'État) ou d'immigration (fermeture des frontières, expulsion des clandestins) et se payant le luxe de citer la célèbre formule de Michel Rocard, sur la France qui « n'a pas vocation à prendre en charge toute la misère du monde ». Quand on voit les évolutions d'un Ruffin ou d'un Montebourg sur l'immigration, on perçoit à quel point il vise juste. Il y a bel et bien un alignement des planètes électoral qui permet aux leaders du RN d'être audibles dans un très large spectre de l'électorat, du centre gauche jusqu'aux libéraux. À Mâcon, en ce 1er mai 2026, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont donné le coup d'envoi de ce match historique, qui s'achèvera maintenant dans moins d'un an, et ont décoché les premiers coups.

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Frédéric Sirgant
Chroniqueur à BV, professeur d'Histoire

Vos commentaires

40 commentaires

  1. La destitution devrait être obligatoire en cas de non réalisation d’un pourcentage d’objectifs ! Pour ce qui concerne le président ! La destitution devrait être obligatoire lorsqu’il ne peut plus gouverner comme en ce moment ! Car actuellement il pratique un tourisme coûteux pour Nicolas avec pour seul objectif exister dans les médias pour essayer de s’intégrer au gouvernement de l’Europe tout en ne loupant pas une seule occasion de commettre d’énormes bévues diplomatiques ! Donc, il continue de profiter de sa position pour nuire à la France, sans remplir sa fonction !

  2. Jordan Bardella a parfaitement raison de d’en prendre àRetailleau.
    Retailleau, co-patron des LR avec Wauquiez et quelques autres, tous macronistes, a été le faire valoir de macron, et son alibi, ministre du culte musulman et des territoires perdus de la République .
    Collabo ou traitre à la Nation, c’est selon, plus personne ne peut lui accorder confiance, ni à ses Philippe, Lemaire, Castex, Darmanin, Bergé ou Genevard….

  3. Tous ces élus n’ont eu qu’un objectif se maintenir au pouvoir depuis 30 ans ! Ils ont donc navigué à vue, à courte vue ! On voit les résultats ! A quand la signature d’un contrat d’objectifs et l’examen de mi- mandat pour faire le point ! !! Actuellement, ils peuvent promettre n’importe quoi ! C’est le meilleur communicant et  » bluffer » qui rafle la mise

    • Les médias, dans leur « trump bashing »sont là pour évoquer les élections à « mid- term » aux USA et ils sont là à déjà se réjouir du résultat. Aucun média, à ma connaissance, n’a fait un rapprochement avec la France qui ferait bien d’avoir aussi un scrutin à mi-mandat pour le Sieur Macron.

  4. Et Hollande, Bertrand, Villepin, Darmanin, Cazeneuve, Faure/Gluksman … même YBPivet, Valls,. Marre;

  5. Tous ces politiciens qui siègent à l’assemblée nationale ou dans les gouvernements depuis 40 ans,sont complices du déclassement et de la ruine de la France.Le gros Larcher,qu’est-ce qu’il fait encore à la tête du sénat?Dehors!!

  6. La solidarité nationale, c’est le contraire du communautarisme. National c’est tour le monde, le communautarisme c’est pour certains seulement ( mais avec l’argent de tout le monde ).

  7. Je voterai pour le candidat qui s’engagera pour le FREXIT. Il lui reste un an pour commencer.

  8. Il y a très longtemps que je ne veux plus voter pour un de ces personnage qui ont participé de près ou de loin a la décadence de la France et pourtant a les entendre ils nous assurent qu’ils ont les solutions.
    De temps en temps comme pour Attal on nous sort du sérail un premier ministre pour voir qui on pourrait choisir le moment venu quant aux autre ils ne cherchent pas a la suprême fonction mais a se faire connaitre car il est plus rentable de faire de la politique que de travailler.
    Manquent pas d’air ces gens là.

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