À Ivry, la gauche veut faire le siège du conseil municipal contre l’élu RN

PCF, CGT, LFI... Les opposants de Kévin Nader veulent peser sur un conseil municipal explosif.
Capture d'écran X
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La séquence est loin d'être terminée. Trois semaines après avoir récité un Je vous salue Marie en plein conseil municipal, en brandissant une croix en réponse au port du voile autorisé par le maire communiste Philippe Bouyssou, le conseiller municipal RN Kévin Nader se retrouve de nouveau au cœur de la tempête. Ce jeudi 2 juillet, à partir de 18 heures, plusieurs organisations de gauche appellent à manifester devant l'hôtel de ville d'Ivry-sur-Seine (94), juste avant l'ouverture d'un conseil municipal qui s'annonce particulièrement tendu.

À l'initiative du PCF d'Ivry, l'appel a été relayé par la CGT, La France insoumise et plusieurs élus écologistes. Tous dénoncent l'attitude de l'élu RN et entendent afficher leur soutien au maire, qui devrait soumettre au vote un blâme à l'encontre de Kévin Nader. Une procédure que ce dernier considère comme un « procès politique ».

L'ambiance promet donc d'être électrique, autour de l'hôtel de ville, pour cette soirée qui pourrait bien constituer un nouveau tournant dans une affaire désormais suivie bien au-delà du Val-de-Marne.

« Ce qui m’inquiète, c'est ma sécurité »

Face à cette mobilisation, Kévin Nader assure ne pas être inquiet. « Je l’aborde comme d'habitude, très sereinement, avec le sourire », confie-t-il à Boulevard Voltaire. Mais l'élu reconnaît qu'il prendra des précautions particulières. « Je serai accompagné. Ce qui m’inquiète, c'est ma sécurité », explique-t-il, précisant qu'il arrivera avant le début de la manifestation.

L'élu estime que les organisateurs cherchent avant tout à faire de cette soirée « un procès politique ». Il affirme également que la procédure de blâme engagée contre lui est « dépourvue de toute base légale ». Cette hostilité, Kévin Nader dit pourtant y être habitué. Il rappelle que sa première réunion publique, en novembre dernier, avait déjà été perturbée par une importante manifestation d'opposants, parmi lesquels il affirme avoir identifié plusieurs militants antifas. Selon lui, les mêmes réseaux seraient aujourd'hui mobilisés contre sa présence au conseil municipal.

« Plus ils m'attaquent, plus ils me renforcent »

Loin de se dire fragilisé, le conseiller municipal RN estime que cette nouvelle offensive politique joue finalement en sa faveur. « Plus ils m'attaquent, plus je convertis leurs attaques destructrices contre eux. Ils ne comprennent pas », affirme-t-il.

Depuis la polémique, l'élu assure avoir reçu « un soutien massif », bien au-delà de son propre camp politique. « J'ai eu des gens de droite, des athées, des Juifs et même des musulmans qui m'ont soutenu. Les gens me reconnaissent dans la rue et me remercient », raconte-t-il. Pour autant, Kévin Nader assure qu'il ne rejouera pas la scène qui a déclenché la polémique. « Il n'y aura rien. Je ne vais pas revenir avec une croix et me remettre à prier tout le temps », assure-t-il.

Une affaire qui dépasse désormais Ivry

Ce qui n'était au départ qu'un incident de séance est devenu un débat national sur la laïcité et la place des signes religieux dans les assemblées locales. Au point que la députée IDL du Val-d'Oise, Anne Sicard, avait déposé, en avril, une proposition de loi visant à interdire le port de tout signe religieux dans les conseils municipaux.

À Ivry-sur-Seine, cependant, c'est bien le rapport de force politique qui se jouera, jeudi soir. Entre la manifestation annoncée par la gauche, le vote d'un blâme contre l'élu RN et la forte médiatisation de l'affaire, tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce conseil municipal l'un des plus scrutés de ce début d'été. Reste à savoir si la mobilisation annoncée restera symbolique ou si elle donnera lieu à de nouveaux débordements. Une chose est certaine : la soirée s'annonce particulièrement tendue.

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Yann Montero
Journaliste Boulevard Voltaire

Vos commentaires

60 commentaires

  1. Belle démonstration de démocratie, avec LFI c’est le Chao assuré, quand les Français ouvriront ils les yeux ?
    Un élu est un élu du peuple, et il doit être respecté comme tel.
    Inadmissible de ne pas respecter les fondamentaux de ce qui reste de notre démocratie.
    Les fachistes sont bien aujourd’hui d’extrême gauche.

    • Je n’entends pas assez d’élus de droite le clamer haut et fort et dénoncer ces actes fachistes qui pleuvent de plus en plus sur le pays.

  2. Les provocations avec des femmes voilées fonctionnentt très bien. La preuve. Aujourd’hui, c’est IVRY, demain, ce sera tout le territoire. A mon avis, çà va coincer quelque part à un moment donné.

  3. La CGT et ses méthodes mafieuses est à dissoudre. La justice ne perquisitionnera jamais leurs locaux et domiciles. Pourtant, cela serait certainement intéressant…
    La question est QUI n’interdit pas cette manifestation pour  » potentiel  » trouble à l’ordre publique…

  4. Imbéciles de la France Insoumise, ils n’ont rien d’autres à penser que ça, parce que les contribuables paient ces minables pour régler leurs comptes, cela devrait faire réfléchir le mouton encore faut il qu’il ait un cerveau pour ça … la France, le pays ou le médiocre et le crétin sont rois.

  5. La CGT n’est plus un syndicat mais une officine de l’ultra gauche. Retour aux années Marchais, c’est la marche en avant telle que pensée par la gauche française. C’est lamentable.

    • Effectivement ! D’ailleurs, le rôle d’un syndicat est, me semble-t-il, de faire valoir les droits des salariés et certainement pas de se mêler de politique , ni même de géopolitique (cf. leur abjecte ingérence dans les conflits d’Indochine et d’Algérie). Ces gens sont ignobles.

  6. Si la CGT manifeste contre un élu c’est donc un acte politique. Par ricochet la manifestation du premier mai veille du second tour des présidentielles devrait être annulée pour principe de réserve .

  7. Ces « gens » qui n’ont que « tolérance » et « vivre ensemble » dans la bouche n’appliquent toujours pas leurs propres mantras!!

  8. Ce microcosme de banlieue parisienne est le laboratoire vivant de la nouvelle France mais aussi une parfaite fiction décrivant un avenir proche de bordelisation si l’on suppose une victoire à droite. Il faut bien comprendre que la France est et demeure : 1793, la commune, 1936, 1968. 1981….un vrai pays de gauche couteau saignant tenu entre les dents. On efface pas l’histoire d’un trait de plume.

  9. La démocratie vue par la gauche et l’extrême gauche , les français doivent prendre conscience avant les élections que l’idéologie de gauche n’amène que le chaos et faire en sorte qu’elle retourne au néant de l’oublie.

  10. Donc nos gauchistes n’hésitent plus à tourner le dos à la démocratie et imposer leurs volontés par le nombre … à quand passeront ils aux actes violents … pardon c’est déjà fait avec la jeune garde qui fait étrangement penser aux milices cocos ou trotskistes

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