À cause du solaire et de l’éolien, l’électricité française est de plus en plus vendue… à perte

Les « prix négatifs » se multiplient : des symptômes du pourrissement de notre filière électrique par l’écologie punitive.
Photo de Quang Nguyen Vinh: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/35105426/
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La vente à perte est interdite en France. Le principe est gravé dans le marbre des lois et règlements régentant l’activité commerciale, et notamment l’article L442-2 du Code de commerce.
Mais l’électricité fait exception, et l'on ne parle d’ailleurs pas de vente à perte mais de prix négatif, histoire de bien souligner qu’ici, la pratique est licite. Elle se répand d’ailleurs, ce qui n’est pas sans provoquer quelques désagréments. Ces dernières années, les épisodes de vente d'électricité à prix négatif se multiplient, s’allongent, et leur niveau s’amplifie, confirmait déjà l’Union française de l’électricité (UFE), en novembre 2024 : « Au 1er semestre 2024, la France a totalisé 233 heures de prix négatifs, sur le marché spot J-1, contre 53 au premier semestre 2023 et 147 sur l’ensemble de l’année 2023, qui constituait pourtant déjà le maximum historique en France. »

Le prix négatif, conséquence d’un déséquilibre

Hélas, ce phénomène n'est pas un facteur de baisse de la facture d’électricité, alors que les Français subissent son augmentation drastique.
Pourquoi ? À cause du prix « spot », niveau fixé pour la revente d’électricité entre professionnels, en gros et à très court terme, par les bourses européennes de l’électricité. Le prix de revente final aux utilisateurs intègre bien d’autres ingrédients que ce prix spot, qui est un « prix brut » après production. Par ailleurs, le marché spot, rappelle le Réseau de transport d’électricité (RTE), « ne représente qu’environ 25 % des volumes échangés, la majorité des transactions étant contractualisées à l’avance et donc non soumises aux prix spot négatifs ». Or, non seulement « ces prix négatifs n'allègent en rien nos factures d'électricité, mais ils contribuent même à les renchérir », explique, à BV, le spécialiste de l'énergie Fabien Bouglé, « car ils influent directement sur le système de compensation mis en place pour financer les EnR (énergies intermittentes, dites renouvelables) en faisant augmenter mécaniquement la part des factures destinée à les subventionner ».

Pourquoi le prix de l’électricité peut-il devenir négatif ? Parce que l’électricité ne peut pas se stocker, du moins en quantité importante. Or, le stockage est, d’habitude, un amortisseur permettant de pallier un déséquilibre momentané entre les niveaux de production et de consommation, entre l’offre et la demande. Pourquoi ce déséquilibre ? D’une part, la consommation d’électricité varie selon les saisons (pour des raisons climatiques), mais aussi selon les jours de la semaine et les heures de la journée, pour des raisons liées aux activités humaines. C’est d’ailleurs pour lisser un peu cette demande qu’ont, par exemple, été mis en place des tarifs « heures creuses », incitant à faire tourner un lave-linge tard le soir ou tôt le matin. Et si, au moment où faiblit la demande d’électricité, il fait beau et que le vent se lève, les panneaux solaires et éoliennes (énergies intermittentes) fonctionnent alors à plein, provoquant une soudaine hausse de production, ce qui accentue le déséquilibre entre production et consommation.

L’intermittent, cause du trouble et fausse bonne solution

Quand, donc, sa production devient nettement plus importante que la demande, le producteur n’a pas cet amortisseur à sa disposition et n’a donc pas d’autre choix que de stopper sa production ou d’écouler par tous les moyens possibles son surplus de production. Et c’est là que les choses se compliquent. Stopper une centrale est compliqué, coûteux et prend du temps. Il est donc souvent plus intéressant de payer pour écouler un surplus de production, et donc de le vendre à perte. Les « prix négatifs », loin de constituer une bonne nouvelle, sont donc avant tout le symptôme d’un dysfonctionnement du marché.

Ces épisodes de « prix négatifs » sont apparus dans les statistiques depuis 2010, donc avec l’émergence des énergies intermittentes, dites renouvelables (EnR), et se multiplient depuis au point que la France bat désormais des records mondiaux en la matière.

Alors que les variations de consommation restaient facilement gérables avec des énergies « pilotables » (nucléaire, barrages hydrauliques… ), les énergies intermittentes ont pour effet de créer des pics de production qui compliquent (voire empêchent) les ajustements permettant de maintenir le fragile équilibre entre production et consommation. Ces dysfonctionnements techniques, qui s’étendent à l’international, sont eux-mêmes sources de dysfonctionnements économiques.

Absurdité de l’écologie punitive

L’intermittence du solaire et de l’éolien est, en pratique, doublement problématique. Sur le long terme, alors que la consommation électrique a baissé en France (désindustrialisation oblige), le développement du solaire et de l'éolien est non seulement inutile et coûteux (tous deux sont largement subventionnés), mais il augmente aussi mécaniquement le risque de surproduction et donc de « prix négatifs ». Techniquement incompréhensible, cette politique relevant typiquement de l’écologie punitive est aussi économiquement absurde : une activité intégrant le risque permanent de vente à perte n’est par définition pas viable. « Éolien, solaire : la présidente du régulateur de l'énergie préconise de lever le pied en France », titrait le quotidien Les Échos, en 2025.

 

 

Sur le court terme, c’est-à-dire quand intervient un épisode de « prix négatifs », comment intervenir ? On pourrait, dans l’absolu, stopper d’un coup l’activité de tout ou partie des parcs EnR, puisque « arrêter un parc photovoltaïque prend une minute, une éolienne, deux ou trois », rappelle RTE. Mais ce serait oublier que le développement des EnR en France est le fruit d’une politique purement idéologique qui impose, comme principe absolu, leur priorisation par rapport aux autres énergies. Ce sont donc les énergies les plus susceptibles d’être stoppées si nécessaire qui ne sont en réalité pas arrêtées. Sources du problème, le solaire et l’éolien sont aussi le frein à sa résolution.

Vos commentaires

42 commentaires

  1. il faut supprimer carrément le solaire et l’éolien qui sont une fausse bonne idée très dispendieuse on se recentre sur le nucléaire, et on rend aux cultures tout l’espace volé par ces parasites escrolos, on sait pertinemment que des solutions alternatives seul l’hydraulique est valable, le reste est inutile.

  2. En effet l’augmentation de consommation attendue ne s’est pas produite. Du coup on a « trop » d’électricité. Vous pointez du doigt les écolos et leurs éoliennes. Vous avez en partie raison, je dois dire: Trop d’éoliennes donc trop d’électricité. Mais pour être complet et objectif, on pourrait aussi pointer du doigt les accros au moteur thermique et les anti voitures électriques : Pas assez d’électrification donc pas assez de demande. Ce sont les deux faces d’une même médaille, et la qualité de votre article aurait gagné à considérer les 2 faces…

  3. En d’autres termes fort simples cela s’appelle jeter l’argent par les fenêtres. Le problème c’est que cet argent est le nôtre et pas le leur mais c’est eux qui décident ! Cette Europe est devenue une véritable hérésie.

    • Les Espagnols et les Portugais ne s’y sont pas pliés, mais nous, nous allons au devant. Macron réussit très bien, il a été mis là pour détruire la France et il a 10 sur 10. Pourvu qu’il ne trouve pas une ficelle pour jouer les prolongations, c’est ce que je crains.

  4. Pour une fois que notre pays avait un fleuron industriel nous ne pouvons pas en profiter maudit soit ses socialistes et écologistes qui prônent la solidarité pour les plus pauvres mais sont incapables de la faire pour les contribuables . avec ces personnes nous sommes toujours les dindons de la farce .cette Europe des progressistes c’est une plaie pour notre avenir et notre développement

  5. J’ai une super idée!… Il faut recouvrir toutes les terres céréalières avec des panneaux solaires. Pas besoin d’arroser et ça rapporterait gros en électricité. Puis, toutes les autres cultures. Elle sera belle la vie en Nouvelle France…Je crois que mon cerveau vient de « disjoncter »…Ah cette canicule!…

  6. Pas « d’écologie punitive », il y a un lobby allemand à Bruxelles, qui veut la peau d’EDF, parce que ça affaiblirait la France..De même que pour notre industrie d’armement (2éme au monde)… L’Allemagne veut dominer l’Europe, cherche à éliminer toute concurrence, et nos « élites » ont donné le pouvoir à des traîtres.

  7. On paye l’électricité une fortune et on vend a perte a la communauté européenne, on s’est fait mettre avec Mastrich, on s’est fait mettre par toutes cette classe politique pourrie et il existe encore un électeur qui va voter pour ces là… franchement, il faut rendre la terre aux dinosaures, lis ont vécu des millions d’années et si une météorite n’avait pas eu raison d’eux, on serait sûrement pas là a détruire cette merveilleuse mécanique qu’est la terre.

  8. Et pourquoi ??? macron a tout fait pour démolir ce que nous avions de plus precieux, mis en place par le Général… Notre Indépendance énergetique, Les français ont voté démocatriquement Nous avons les dirigeants que l’on mérite. A bon entendeur pour les Présidentielles..

  9. C’est qui qui paient, les contribuables Français sur leur facture de l’électricité, bien entendu. Quant le parc de l’énergie renouvelable pour les rares fois où il produisent, les centrales nucléaires sont obligés de réduire leur production alors problème c’est qu’elles ne le peuvent que progressivement d’où sur production de même à l’inverse ou elles doivent monter en puissance, principale cause l’éolien qui déstabilise la production d’électricité en France.

    • Belle analyse technique quand on a aucune connaissance du domaine. Cet article omet volontairement la moitié de la réalité du réseau pour servir un agenda politique. Si les prix sont négatifs, ce n’est pas uniquement à cause du solaire : c’est parce qu’EDF fait le choix économique de laisser tourner ses centrales nucléaires. Arrêter et redémarrer un réacteur pour quelques heures coûte plus cher à EDF que de payer pour écouler son électricité à perte. C’est une responsabilité partagée par tout notre mix énergétique, pas un problème purement « vert ».
      Enfin, qualifier ces nouvelles énergies d’« inutiles » alors que la France doit massivement électrifier ses transports et ses usines pour sortir des énergies fossiles, c’est au choix de l’aveuglement économique, au pire de la manipulation. Une belle performance de désinformation par omission.
      C’est assez ironique de lire une critique de « l’écologie punitive » qui défend en réalité un capitalisme sous perfusion.

      • « c’est parce qu’EDF fait le choix économique de laisser tourner ses centrales nucléaires » alors que sa production nucléaire, suffisante, n’a nul besoin des énergies intermittentes. CQFD.

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