Jordan Bardella : son heure n’est pas encore venue
Coup de théâtre ! Marine Le Pen annonce se pourvoir en cassation après sa condamnation et être ainsi candidate à l'élection présidentielle. Le scénario tant imaginé d'un Jordan Bardella prétendant à l'Élysée n'aura finalement pas lieu.
L’incertitude fut totale, en cette journée du 7 juillet qui est entrée dans l’Histoire, désormais, comme le jour le plus long pour le camp national. Marine est une Le Pen. Bretonne à tête dure. Mais lors de cet après-midi sans fin, ses plus fidèles lieutenants et ses conseils juridiques ont réussi à la convaincre. Puisque les magistrats laissaient entrouverte la porte d’une candidature, il fallait s’y engouffrer.
Elle avait effectivement, à maintes reprises, expliqué qu’il était impossible de faire campagne avec un bracelet électronique. « Je ne peux pas dépendre d'un magistrat pour m'autoriser à aller faire un meeting à Romorantin ou aller sur un marché à Hénin-Beaumont », rappelait-elle à nouveau, le 1er juillet, sur le plateau de LCI. « Quand on est un candidat à la présidentielle, il faut être totalement libre de ses mouvements, et ce n’est pas le cas si vous êtes porteur d’un bracelet électronique. »
Alors que la cour d'appel l'a condamnée, ce 7 juillet, à un an de prison avec port d'un bracelet électronique, en se pourvoyant en cassation, Marine Le Pen n'a pas à se dédire, contrairement à ce qui courait déjà sur tous les plateaux de télévision parisiens. Le pourvoi suspend le jugement, explique, en plateau, la députée du Pas-de-Calais. La candidate ne devrait ainsi pas avoir à porter de bracelet jusqu'à cette nouvelle étape.
« Binôme gagnant »
D’aucuns entrevoient un coin enfoncé dans la relation de confiance établie entre la députée du Pas-de-Calais et le président du RN. Car lui, finalement, s'était fait à l'idée d'endosser le costume de candidat. Tout était prévu pour un tel cas de figure. Pendant la longue réunion de plusieurs heures entre la prononciation du verdict, qui fut beaucoup plus courte qu’attendue, et le 20 Heures de TF1, les gardes rapprochées des deux responsables se sont confrontées. Marine Le Pen doit-elle y aller, malgré le port d’un bracelet électronique ? Pourquoi ne pas laisser le champ libre à Jordan Bardella, malgré ce qui était convenu, à savoir le refus de mener campagne avec un bracelet ? Le pourvoi en cassation règle la question. Au risque de laisser des traces ? Celles d'un désaveu du successeur tant loué ? Sur le plateau de Gilles Bouleau, Marine Le Pen a une nouvelle fois vanté les bienfaits du « binôme gagnant » qu'elle forme avec le président du RN et de sa « très forte solidité ». La veille du verdict de ce 7 juillet, tous, au RN, louaient la passation de flambeau réussie entre les deux candidats. « Elle a anticipé sa succession comme personne n’est parvenu avant elle à le faire », plaidait, auprès de BV, un cadre du parti.
Une ascension fulgurante
L’osmose semble parfaite entre Marine Le Pen et Jordan Bardella. « Ce soir, je veux lui redire publiquement ce que je lui dis dans la vie : mon soutien est total et ma fidélité ne dépendra jamais des circonstances, écrivait ce dernier, le 6 juillet au soir. Je n’oublie pas à qui je dois d’avoir trouvé le chemin de l’engagement. Et je n’oublie pas les combats que nous nous sommes promis de mener ensemble. »
La prochaine bataille sera donc celle de la présidentielle où le président du RN fera campagne derrière Marine Le Pen avec l’espoir, en toile de fond, de conquérir Matignon. Une ascension fulgurante pour celui à qui les observateurs politiques reconnaissent des qualités peu communes pour son âge. Trop jeune pour Matignon ?
Le président des victoires électorales
« Ce procès en inexpérience est faux », s’insurge, auprès de BV, un parlementaire RN. Au sein de la formation nationaliste, on défend bec et ongles le bilan de celui qui a emmené le parti à la flamme vers des scores historiques. En 2019, à seulement 23 ans, il est tête de liste aux élections européennes. Vainqueur du scrutin avec 23 % des suffrages, le RN envoie 23 députés européens à Bruxelles. En 2022, la percée aux élections législatives est historique. Le groupe RN passe de 8 à 89 députés au palais Bourbon. Deux ans plus tard, nouvelle déflagration qui entraînera la dissolution de l’Assemblée nationale : Jordan Bardella réalise 31 % aux élections européennes, permettant au RN d’asseoir son statut de premier parti de France. Avec 143 députés élus, en comptant son allié l’UDR, le RN entrevoit même Matignon, lors des élections législatives anticipées de cette année 2024. En 2012, le jeune homme de 16 ans adhère à ce qui est encore le Front national. Marine Le Pen vient d’en prendre la tête. Élu conseiller régional d’Île-de-France trois ans plus tard, celui qui est aussi secrétaire départemental de Seine-Saint-Denis (dont il est originaire) devient porte-parole du parti qui deviendra, en 2018, le Rassemblement national. En 2022, il est élu, à 27 ans, président du mouvement, consacrant ainsi un parcours aux marches enjambées quatre par quatre. « Son expérience politique est tout à fait considérable, pour un homme de 30 ans », souligne, auprès de BV, la députée du Pas-de-Calais Caroline Parmentier, qui a accompagné Jordan Bardella à ses débuts alors qu’elle était attachée de presse du RN. « Je l’ai vu performer et surperformer sur les plateaux. »
Celui qui tutoyait des sommets dans les sondages revient, ce 7 juillet, à une réalité plus prosaïque. Entre déception et soulagement, peut-être Jordan Bardella dormira-t-il, tout de même, plus sereinement, ces prochaines nuits.
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74 commentaires
Ca va, les gauchos, vous pouvez arrêter de lui chercher des poux,,,,la patronne peut se présenter!