Carcassonne ou l’histoire d’une instrumentalisation anti-RN

Des propos jugés racistes tenus en novembre 2025 ressurgissent aujourd’hui et déclenchent un emballement médiatique.
Capture d'écran BFMTV
Capture d'écran BFMTV

Une « affaire » qui tombe à pic. Alors que Marine Le Pen caracole en tête des sondages, les propos d’un policier municipal de Carcassonne, également membre du service de sécurité du Rassemblement national, viennent d’offrir au système politico-médiatique une occasion en or de reprendre la main. Les faits, révélés par Midi libre, remontent à novembre 2025. La caméra-piéton d’un policier municipal, que celui-ci pensait éteinte, a continué d’enregistrer pendant près de six heures. On y entend notamment des propos jugés « racistes », « complotistes » ou « transphobes ». « Ils roulent vite, ces bougnes », lance ainsi l’agent, en apercevant une personne d’origine maghrébine. Il déclare ensuite : « J'en peux plus, en centre-ville, du bicot, du nègre, du nègre, du bicot, de l'Afghan… » Enregistré à son insu, l’homme moque « un petit Kirikou dans la savane », évoque les actes de torture durant la guerre d’Algérie et rêve que « les Russes » viennent en France afin de « tuer les blédards ».

Immédiatement, la municipalité RN de Carcassonne a dénoncé des propos « inacceptables ». Le parti a également publié un communiqué indigné et annoncé qu’une procédure d’exclusion de l’agent avait été engagée. Ce dernier, qui intervenait occasionnellement au sein du service d’ordre, a ainsi été exclu du parti et radié du dispositif de sécurité.

Une grossière récupération politico-médiatique

L’affaire a très vite déclenché une vive offensive politique. Laurent Nuñez a annoncé un contrôle de la police municipale par l’Inspection générale de l’administration. Olivier Faure a appelé à ne pas donner « les clés de la France » au RN. Carole Delga s’est dit « écœurée », tandis que Manuel Bompard a réclamé la révocation des policiers concernés.

Mais c’est surtout la presse qui s’en est donné à cœur joie. Sur BFM TV, le sujet a tourné en boucle, occultant le reste de l’actualité. La chaîne a jugé bon de faire intervenir en plateau la militante « antiraciste » Rokhaya Diallo, toujours très en verve pour accabler « les institutions » françaises. Sur Radio France, l’affaire a occupé les premières places des journaux successifs. Autre média public, France Info a estimé que les faits rapportés plaçaient « le RN sous le feu des critiques ».

« La mise en boucle médiatique des propos de comptoir des flics de Carcassonne est un exemple de plus de la nature totalitaire du régime dont la priorité n'est pas la lutte contre les crimes violents mais contre les crimes de la pensée », a analysé, ce mercredi, l’ancien député européen Jean-Yves Le Gallou.

Difficile, en effet, de ne pas être frappé par cet emballement médiatique dont l’objectif politique ne trompe personne. Pendant que la machine tourne à plein régime sur les propos tenus en privé par un policier, des faits autrement plus graves passent à l’as : un individu armé d’un couteau qui pénètre dans une église à Forbach aux cris d'« Allah akbar » , un meurtre sauvage à l'arme blanche à Palavas-les-Flots, un jeune Français lynché à mort par un Soudanais sous OQTF à Puteaux… « Pourquoi ça fait moins de bruit que les dérapages verbaux en privé d’un policier ? », s’interroge le lanceur d’alerte Damien Rieu.

La forme et le fond

Le plus troublant reste peut-être le calendrier. Les propos dévoilés ce mercredi par Midi libre ont, en réalité, été enregistrés en novembre 2025, sous l’ancienne municipalité. Pourquoi ne sortent-ils que maintenant ? Parce que le maire actuel est un membre du RN et que la campagne présidentielle a commencé ? « Urgence d’entendre Gérard Larrat, le maire centriste de l’époque qui a embauché cette personne et connaissait cette vidéo… », a lancé, sur X, le vice-président du RN Sébastien Chenu. Il faut dire, aussi, que Christophe Barthès, le maire actuel de Carcassonne, a annoncé la fin de certains contrats municipaux, notamment avec le groupe Dépêche, auquel appartient… Midi libre. Tiens, tiens...

Venons-en au fond, maintenant. Ce jeudi matin, sur France Inter, un Patrick Cohen très inquiet a pris le micro pour commenter l’affaire. « Je ne croyais pas à la possibilité d’un tel concentré d’abjection. C’est bouleversant ! Ce qu’on entend dans l’entre-soi de ce véhicule de police, sortant de la bouche d’un militant RN, est-il le véritable fond sonore du pays qui s’apprête à voter à l’extrême droite ? »

On se souvient qu’il y a quelques mois, mis en cause dans l’affaire Cohen-Legrand, l’éditorialiste de France Inter s’était ému de la diffusion d’« un échange qui s’inscrivait dans un cadre informel et confidentiel ». Il avait dénoncé des « méthodes de barbouzes ». Est-ce à dire que la diffusion d’un enregistrement réalisé à l’insu de son auteur ne le dérange plus lorsqu’elle concerne un policier de droite ? Patrick Cohen se dit « bouleversé » par ces propos de comptoir, déplore la haine des « bonshommes », s’inquiète, au passage, du vote « à l’extrême droite » d’une grande partie des Français. Mais à trop vouloir voir dans les propos d’un seul individu la confirmation de ses propres obsessions politiques, le journaliste semble passer à côté d’une question essentielle : celle du traitement médiatique de cette affaire et de la disproportion de l’emballement qu’elle suscite.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

75 commentaires

  1. En fait, qui a diffusé cette vidéo, et où était-elle depuis novembre 2025. Le précédente municipalité qui a étouffé l’affaire à ce moment là et qui n’a rien fait, a sans aucun doute une responsabilité écrasante dans la divulgation de la vidéo.

  2. Ou l’on voit l’humanisme du Sieur Cohen ainsi que de la gauche bouleversés par des propos mais pas du tout par les nombreux meurtres commis par les OQTF , ni par les exactions des pédophiles parisiens , pas mêmes par les horreurs sur les chrétiens commis par les djihadistes au Congo et j’en passe tant il y aurait à dire sur leur indignation à géometrie variable.

  3. toute cette affaire c’est déroulé lors du mandat de la précédente municipalité qui n’était pas RN ! Donc on arrête de prendre les gens pour des demeurés chroniques, le RN n’a RIEN à voir avec çà puisque c’est le RN qui a sanctioner les personnes ayant tenus ces propos inaceptable – Nous allons subir cette mentalité pourrie anti RN jusqu’au présidentiels et sans doute encore après si le RN gagne ! Ce pays par en vrille , la gauche et ses excès sont à 1000% responsable du déclassemet de la France !

  4. Moi çà me fait plaisir quand les gochistes sont « indignés ». Ils sont mal barrés pour les prochaines élections s’ils n’ont que çà et le bruit des bottes à se mettre sous la dent, je crois que les dernières élections le leur ont montré, mais bon, il faut pas demander à un gochiste de base de réfléchir, ils sont dressés dès le plus jeune age à obéir aveuglément à leur gourou respectif

  5. Ce n’est pas fini la diabolisation du RN……Encore 8 mois « de bave de crapaud , qui n’atteindra pas la blanche colombe »…..En effet avec plus de 35% de vote favorable , la faune de gauche devient irascible et à l’affût du moindre dérapage , souvent volontaire de certains écervelés manipulés par une presse de gauche odieuse….pour revenir à l’affaire de CARCASSONNE…..Le maire RN (nouvellement élu) a bien réagi en virant ce policier municipal qui apparemment n’a rien dans le cigare…..il fait plutôt du mal au parti RN et au Maire de cette commune…..

  6. Ce genre de choses ne se dit pas, surtout se sachant enregistré par une caméra-piéton. Un aimable collègue aura balancé la sauce à point nommé.
    Je retiens juste que ce policier n’est pas une lumière; que ça récupère dur alors que c’est interdit pour Lola et tant d’autres victimes des protégés de la gauche.
    Là il n’y a aucun mort mais la récupération est quasi obligatoire.
    Bientôt un message d’Aquitator qui ne tardera pas à montrer le bout de son nez?

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