La souffrance mentale de la Gen Z : entre buzz médiatique et enjeu politique
Deux articles publiés le week-end dernier par BFM interpellent : « "Dans ma génération, les gens ne veulent plus faire les mêmes erreurs que leurs parents" : ces jeunes actifs qui enchaînent les arrêts maladie », titre le premier, « "Il faut en parler et en reparler": mal accompagnée, la dépression post-partum est dangereuse pour la mère et les enfants », titre le second. Leur point commun ? Rapporter tous deux ce nouveau mal du siècle qui frappe la Gen Z : une souffrance mentale que le gouvernement a même érigée en grande cause nationale, en 2025 et 2026.
La Gen Z en souffrance mentale
En partant du cas extrême de Lindsay Clancy, dont la défense a invoqué une psychose puerpérale pour expliquer le meurtre de ses trois enfants, il s’agit, pour BFM, de revenir sur la dépression du post-partum. En effet, « si les cas de psychoses puerpérales sont rares (une à deux femmes sur 1.000), la période périnatale (de la grossesse à la première année de l'enfant) est particulièrement sensible pour la santé mentale des femmes », explique l’article, qui ajoute que « la dépression du post-partum touche ainsi 10 à 20 % des femmes après l'accouchement, selon les autorités sanitaires françaises ». Et si certaines montrent publiquement leur soutien envers la mère infanticide, c’est parce qu’elles verraient dans cette « affaire un symbole du manque d'accompagnement des femmes lors du post-partum ». Pourtant, chaque femme enceinte le sait, les services de santé sont particulièrement vigilants, aujourd’hui, pour prévenir ce trouble dépressif. Depuis les années 90, lit-on sur la page du reportage de l’INA qui y est consacré, de nombreuses structures et services se sont développés pour traiter cette dépression, qui aurait touché 16 % des jeunes mères, en 2021.
Faut-il y voir une génération plus fragile, psychologiquement, que celles qui l’ont précédée ? En tout cas, pour ce qui concerne le monde du travail, c’est bien une rupture générationnelle qui est décrite par BFM. « Pour Maxime, comme pour nombre de jeunes de sa génération, le monde du travail est devenu synonyme de souffrance mentale et d'arrêts à répétition », rapporte le média, qui explique que Maxime, « 27 ans, se décrit comme "queer" et "grosse", ce qui complique sa vie au travail, parfois jusqu'au harcèlement ». Arrêtée plusieurs fois à cause de burn out, de craquages émotionnels, de surmenage et d’une opération, Maxime a décidé de se faire « auto-entrepreneuse, convaincue que "ça n'existe pas, une entreprise où les supérieurs sont bons" ». Le témoignage rapporté par BFM ne semble pas extraordinaire, il est même présenté comme représentatif d’un mal générationnel, puisque « son cas n'est pas isolé. Une étude de Malakoff Humanis pointait, en juin, une augmentation de 25,5 % du taux d'absentéisme dans le privé entre 2019 et 2025 et une tendance au "polyabsentéisme" des jeunes salariés depuis plusieurs années ».
Un fait de société et un enjeu politique
Ainsi, « chez les jeunes, près de 37 % des arrêts sont liés à la santé mentale. Tous âges confondus, les troubles de la santé mentale constituent le premier motif d'arrêts longs », explique encore BFM. Les jeunes de la Gen Z ne voudraient plus « cravacher » comme leurs parents, « ne pas faire les mêmes erreurs » qu’eux mêmes et préféreraient même gagner moins pour se protéger plus. Serait-on passé d’une génération « marche ou crève » à une génération qui s’hyperprotège ? Déclarée grande cause nationale 2025 et 2026, la santé mentale est devenue un enjeu de société et un sujet politique. Selon les chiffres du gouvernement, « 13 millions de personnes présentent un trouble psychique chaque année en France. Et ce, sans distinction de milieu social ou d’âge : enfants et adolescents sont également concernés » et « 53 % des Français disent avoir été en souffrance psychique au cours des douze derniers mois, selon l’IFOP ».
Contactée par BV, Solène Calvez, psychologue scolaire, constate ce mal-être et y voit plusieurs causes. D’abord, explique-t-elle, c’est « une génération qui a été marqué par l’instabilité dans les familles, avec notamment beaucoup de divorces, ce qui a provoqué des peurs de l’engagement ». Ensuite, c’est une génération touchée par des crises comme celle de 2008, qui a pu engendrer une perte de confiance dans le monde du travail chez les enfants de ces salariés licenciés malgré leur investissement professionnel. Et enfin, elle explique ce malaise par l’explosion des réseaux sociaux qui « confrontent la Gen Z à ses échecs perso, ses difficultés, et entretient l’illusion que c’est mieux ailleurs » . Pour elle, ce qui a changé, avec la Gen Z, c’est son « individualisme très prégnant qui empêche le développement d’un sentiment d’appartenance à la nation et de pleinement s’investir dans la société » et, continue-t-elle, c’est cette perte d’unité qui entretient et pousse au communautarisme.
Autrement dit, la mauvaise santé mentale de la Gen Z est loin d'être anodine : elle est à la fois un fait de société et un enjeu politique. Difficile, alors, de ne pas y voir un écho à cette étude publiée par le think tank Institut Montaigne, en 2025, qui constatait qu'être de gauche est souvent lié à un mal-être, à une fragilité psychologique.
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43 commentaires
C’est vrai, les générations décimées par les tranchées, puis celle des bombardements, puis celle qui a décroché la lune, ont eu la vie belle.
Mais j’ai assez utilisé les arrêts maladie au cours des dernières décennies pour savoir que c’est bien agréable, à défaut d’être vertueux.
Les commentaires précédents ont déjà tout dit. Ils voulaient rendre la société malade… ils l’ont fait. Toutes les générations en souffrent, les animaux en souffrent, la terre en souffre, et rien ne nous sera épargné.
Depuis que la gauche nous a construit un monde de fous, ce sont tous les citoyens qui sont en souffrance.
Je pense qu’un smartphone ne remplacera jamais un copain – ou copine en direct mais surtout l’attention de parents adultes et conscients avec les coups de pieds au XXX sans lesquels il n’y a pas d’apprentissage de la vie.
Finalement ce Macron a fait souffrir toutes les générations, car les gens âgés, ceux qui ne sont pas morts abandonnés de tous dans les EhPAD durant le covid, ceux qui ont survécu et dont on attend la mort avec impatience pour toucher l’héritage (eh oui, même celle des boomers qui ont voté Macron !) souffrent également de ne pas reconnaitre le pays où ils ont vécu !
Gen Z : » Ce sont les premiers digital natives (enfants du numérique) qui ont grandi avec Internet et les smartphones omniprésents. » On commence à voir les dégats d’internet et des smartphones. La vie n’a plus de sens, ils ne se voient pas d’avenir. Les apprentis sorciers du numérique, qui eux en connaissaient les dangers, interdisaient à leur progéniture les smartphones et autre internet. Par contre ils onr réussis à détruire une grande partie de la jeunesse. De plus comment va t’on appeler la prochaine génération? Va t’on revenir à la préhistoire avec une génération A?
Macron a vraiment fait du bon boulot avec cette génération, seul motif, la destruction du pays écraser la population en imposant une immigration mortifère, des taxes et impôts pour tout, sur tout, ridiculiser l’éducation, détruire le système de santé, générer une justice à l’encontre des victimes, laisser se développer le communautarisme agressif et lenarcotrafique au point de le faire peser sur la sécurité au quotidien des français.
La Gen Z ( au début, je croyais que c’était la génération Zemmour ) a _ ou devrait _ avoir la vie plus facile, en principe ( finit le service national, 35 h , florès de salles de sports, restos etc _ rien de tout cela naguère dans un bourg moyen ). Cependant, malgré les nouvelles technologies qui devaient relier les gens , les inconvénients pèsent lourd pour certains ( harcèlement, accélérationnisme, addictions… ). On a tendance un peu trop à généraliser. Nombre de jeunes, sont plutôt heureux, mais jeune ou pas, il fazit être costaud quand on vous rebat les oreilles que le pays » brûle », que la guerre est à nos portes, qu’il y a eu un drame en Asie etc De plus, au regard de certains « influenceurs » qui prétendent gagner des fortunes ( à ne pas faire grand’chose de bien probant ), l’impression d’échec peut gagner les plus faibles. L’impression « d’échec » est plus prégnante maintenant que naguère où chacun traçait sa route sans se poser de grandes questions existentielles… ; on pourrait continuer longtemps à développer ainsi…
Je crois surtout que « souffrance mentale » est une periphrase pour ne pas employer le mot juste : « fainéantise ».
En ajoutant un certain nombrilisme – on n’a aucune conscience des situations épouvantables prévalant dans d’autres Pays et beaucoup d’infantilisme – tout nous est dû par le seul fait que nous existons.
je les appele « les fatigués de naissance » et l’IA leur tient désormais lieu de cerveau EFFRAYANT
Je suis « génération X » » apparemment, et quand je vois ce que j’ai vécu, enfant, ado, je me dis, avec du recul « mais qu’est ce que c’était bien » , nous n’avions pas internet, le téléphone était dans la maison et avec un cordon qui nous reliait à lui et encore nous ne l’avions pas le téléphone à une époque, nous nous amusions et savions qu’à telle heure nous devions être rentrés à la maison, mon père travaillant dur nous dinions tôt pour qu’il puisse dormir tôt, nous ne trainions pas après, à part le 14 juillet pour le feu d’artifice
Moi mon monde c’était la bibliothèque, mes frères le foot
Pas de RS pas de harcèlement
Ma maman ne travaillait pas (enfin vu ce qu’elle faisait c’était un travail à plein temps), une maison toujours propre et accueillante, un gâteau fait maison quand nous rentrions de l’école, de bons petits plats,, nous avons eu une éducation, des valeurs
C’était très dur à la maison, avec une seule paye, nous partions en vacances pourtant, mes parents se serraient la ceinture toute l’année, pas de vêtements neufs, que de l’occasion, pas de restaurant, si nous allions au cinéma c’est que notre grand mère nous y amenaient
Nous avions toujours de quoi manger, c’est une autre époque, pas de « besoins » crées
Je suis heureuse d’avoir mon âge (à part pour la santé ) et me dit, comme surement beaucoup de ma génération, mais nous étions des Rois !!! Et je suis triste de voir dans quel monde mes neveux et nièces encore bien jeunes et leurs enfants plus tard, vont vivre
Bonjour Ni Lady, ni Gaga ! Je n’ai rien à ajouter ou à enlever à ce que vous avez dit tellement j’aurais pu écrire quasiment mot pour mot ce que vous avez dit. Je n’ajouterai donc qu’une seule chose : nous avons eu de la chance de vivre à une époque dont on peut dire maintenant : c’était vraiment mieux avant !
Certes c’était mieux avant mais parler de chance ne signifie pas que cela ait été obtenu gratuitement. A la Libération nos parents s’y sont mis sérieusement et nous avons suivi ensuite.
Et moi qu’est-ce je pourrais en ajouter, pré-boomer d’un village de 300 habitants ayant suivi le cursus éducatif normal de ma génération pour franchir un étage de plus dans l’ascenseur social de la famille !
Si l’on abordait le fond ? Au vu de l’état d’endettement du pays et de ses perspectives d’avenir, lui qui est le champion sans conteste du prélèvement fiscal, pour un rendu qui le place derrière l’Albanie, comme du spectacle donné par les candidats à la future élection présidentielle, pourtant apparemment décisive, comment ne pas comprendre la « souffrance mentale » (quand elle n’est pas physique, d’ailleurs…) ?