[LIVRE] Mes fidélités. Chroniques d’un homme libre, contre la dictature du ressenti
Si l'été qui s'achève aura temporairement rendu plus léger le traitement médiatique de l'actualité, qu’à cela ne tienne ! La rentrée politique est déjà bien amorcée et, avec elle, son lot de petites phrases, de polémiques et de bons combats à mener. Voile islamique, immigration, insécurité, crises environnementale, économique et sociale, laïcité... Indéniablement, en cette année de campagne présidentielle, les sujets mordants vont passionner les esprits et donner du grain à moudre aux commentateurs.
Parmi eux, il en est un dont le visage, celui de l’ancien directeur de TV Vendée, et la voix, de chroniqueur sur RCF, seront certainement familiers aux lecteurs vendéens de BV. C'est donc en observateur avisé que le journaliste Hervé Le Roch scrute notre société dans son ouvrage intitulé Mes fidélités. Chroniques d’un homme libre. Avec une liberté de ton appréciable dans ses chroniques, d’abord diffusées sur les ondes de radio avant d’être sélectionnées dans ce recueil publié aux Éditions vendéennes, Hervé Le Roch dissèque avec humour les injonctions modernes de notre ère. « Les deux-roues doivent être des vélos électriques pour préserver la planète, un regard intempestif sur un tissu devient un signe manifeste d’agression sexuelle, et l’herbe n’est plus entretenue depuis longtemps pour redonner ses lettres de noblesse à la faune et à la flore. C’est moche, mais c’est le progrès. »
Le style parfois oral de ses billets n'enlève rien à la finesse d'analyse dans le fond : wokisme, transgenrisme, écologie punitive, politique dénuée de sens commun, véganisme, écriture inclusive, euthanasie ou dictature du ressenti... « Savez-vous quel est le comble de la culture hors-sol ? Eh bien, c'est de penser la vie en société à l'aune de la nouvelle bible universelle : le "C'est bon pour la planète !" » Derrière des chapitres courts et légers en apparence se cache un regard extrêmement lucide sur notre époque décivilisée. « Agriculteurs : tes parcelles sont trop grandes […], chasseur : tu es un tueur par essence […], éleveur : tu martyrises tes cheptels […] catholique : tu es responsable de la prolifération de la pédophilie en confortant des générations de prêtres dépravés […] ». Une critique corrosive et avisée mais toujours inspirée de foi, d’espérance et de charité qui animent le journaliste.
Posture et postiche
Son regard est celui d'un époux et père dont la sensibilité est marquée au fer rouge par la perte d'un enfant. Un drame qui le conduit désormais à porter un regard « débarrassé d’artifices et centré sur l’essentiel ». Dans cet ouvrage, c'est un cœur à la fois aimant et souffrant, en somme bien vivant, qui s'exprime avec spontanéité, s'appliquant certainement ce conseil bernanosien : « L'espérance est une détermination héroïque de l'âme, et sa plus haute forme est le désespoir surmonté. On croit qu'il est facile d'espérer. » Car celui qui, après avoir connu la plus vive des douleurs - « Augustin, 18 ans, est tombé. Il ne s’est jamais relevé ; et nous non plus » -, aurait pu sombrer dans l'affliction choisit, au contraire, de transcender son agonie en soif de vie. « La vie est belle si on décide qu'elle le soit. C'est une disposition d'esprit, un travail quotidien, fastidieux parfois, difficile souvent mais tellement plus réjouissant, épanouissant, satisfaisant que de penser la mort, la prévoir, l'anticiper », écrit-il, dans un billet consacré à l'euthanasie.
In fine, ce livre aurait aussi bien pu s’intituler Le bon grain et l'ivraie, tant le chroniqueur y dénonce les dérives d'une société lisse, consensuelle et formatée, tout en exhortant à une forme d'épaisseur et de verticalité. « Posture et postiche : tout cela confine désormais à l'imposture. Il nous faut donc retrouver de la dignité, de la hauteur, ne pas tout dire à n'importe qui et réfléchir avant de parler. C'est ce qui impose le respect et nous fait grandir en humanité pour servir notre prochain. » Nos candidats à la présidentielle pourraient bien s'en inspirer avant de se lancer dans la mère des batailles au service de la chose commune. À condition, seulement et peut-être... de ne pas confondre le service du bien commun avec celui des frites !






































Un commentaire
Puisque vous le dites, je ne serais pas censuré… Je ne me sent pas dans une dictature du ressenti mais dans une vraie dictature! LFI a tenu des propos anti blanc pas de problème, des jeunes disent qu’ils ne veulent plus d’immigration c’est le tribunal, on dit qu’on est croyant on passe pour des fachos mais on est musulman pas de problème… On ferme des chaînes tv, on juge des politiques, on menace de fermer des journaux, des institutions cassent même des lois et des budgets. On pense qu’une dictature c’est un tyran unique avec un culte de la personnalité, mais en europe c’est une toile avec une équipe très nombreuses sans leader défini. l’Europe a créé une nouvelle forme de dictature mais personne n’arrive à déterminer la tête pensante puisque c’est une hydre…