[ÉDITO] « La République est au-dessus de la démocratie » : à quoi rêve donc C. Barbier ?
« La République est au-dessus de la démocratie. Si une élection menace la République, il faut se dresser contre elle. » Les choses ne sont déjà pas assez compliquées comme ça dans le pays, il fallait donc que le chroniqueur Christophe Barbier y aille de sa petite dissertation noctambule sur la hiérarchisation entre démocratie et république.
Bardella en observation...
Dans un premier temps, en écoutant cet échange avec un journaliste du Figaro, largement diffusé et commenté sur les réseaux sociaux, on se demande si, finalement, Christophe Barbier n’a pas parlé pour ne rien dire - comme souvent -, puisqu’il conclut qu’il y a peu de chances que la question se pose en France en 2027. Ouf ! On notera, d’ailleurs, que notre confrère du Figaro évoque l’hypothèse de l’arrivée de Bardella au pouvoir, mais, curieusement, pas celle de Mélenchon : « Si Jordan Bardella est élu, est-ce qu’il faut aller contre la volonté du peuple ? » Ce à quoi Barbier répond : « Mais, non, il faut regarder s’il menace la République, laissons venir. Pour l’instant, il n’a pas dit qu’il allait abolir la République… » On est rassuré : Bardella vient d'obtenir son brevet de respectabilité républicaine. Mais, attention : à confirmer quand même. Des fois qu'il veuille abolir la République à cause de qui vous savez...
«Il faudra se dresser contre une élection qui menacerait la République», assure Christophe Barbier dans Le Figaro La Nuit. pic.twitter.com/jGd9htQDlk
— Le Figaro (@Le_Figaro) April 11, 2026
La République au-dessus de la démocratie : c'est écrit où, ça ?
Cela dit, le problème est qu’on ne comprend pas bien – du moins pas tout de suite –, à travers l’argumentaire de M. Barbier, pourquoi la République serait donc au-dessus de la démocratie, sauf à reprendre, comme il le fait, le sempiternel exemple de l’arrivée d'Hitler au pouvoir en 1934 et le vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain par la représentation nationale en 1940. En quoi la République serait-elle donc au-dessus, donc supérieure à la démocratie ? Barbier n’apporte aucun argument. Rien. Il faut recevoir ça comme un dogme de foi, une vérité révélée, indiscutable. Pourtant, notre Constitution, texte fondamental par excellence, ne dit-elle pas que « la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale », que « le principe » (pas « les principes », ces fameux et vagues principes qu’on peine d’ailleurs à définir) de la République, c’est « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple », que « la souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum ». Point barre. Tout le reste, comme le discours de Barbier, n’est que charabia.
La République inventa la Terreur
On va peut-être rabâcher, mais le Royaume-Uni de Grande-Bretagne s’opposa de toutes ses forces à Hitler. Le petit royaume de Norvège fit ce qu'il put, aussi, contre les nazis, souvent avec héroïsme. En revanche, les républiques populaires communistes, nées sur les décombres de la Seconde Guerre mondiale, furent de sinistres dictatures. L’Angleterre monarchique inventa patiemment à travers les siècles le parlementarisme et, finalement, la démocratie moderne, certes au détriment du monarque, mais qui est toujours là. La Ire République française, elle, peut se glorifier d'avoir inventé le gouvernement du peuple par la Terreur. Quant à la République de Venise, la Sérénissime, que Bonaparte renversa en deux jours, alors qu'elle n'était plus que l'ombre d'elle-même, elle fut une splendide république aristocratique - aujourd’hui, on dirait oligarchique - où le petit peuple n’avait sans doute pas grand-chose à dire.
La tentation de Venise
Mais au fond, c’est peut-être ça, le rêve - j'allais dire la tentation - de « cette coterie de bobos parisiens à laquelle appartient Christophe Barbier qui déteste la démocratie et considère que le pouvoir lui est dû », pour reprendre les mots du député RN de Vaucluse Hervé de Lépinau qui a réagi, sur X, aux propos de Christophe Barbier : le rêve, la tentation d’une sorte de république aristocratique où la volonté, les aspirations - réduites à des pulsions forcément malsaines - du peuple seraient gentiment encadrées, limitées, contrôlées. Voyez les débats pour exclure du champ référendaire la question migratoire. Oui, c’est ça, une République de Venise où ils pourraient continuer à aller de palais en palais, d’un bal masqué à l’autre, avec pour seul souci le risque d’une pénurie de gondoliers. Mais non, belle marquise, ne vous inquiétez pas, on les fera venir de loin et par galères pleines !
Cette coterie de bobos parisiens à laquelle appartient @C_Barbier déteste la démocratie et considère que le pouvoir lui est dû. Ce sont les circonstances qui façonnent les élections: la République est un système politique, pas une divinité, de sorte qu’elle est imparfaite. https://t.co/ZrcaFHlUDT
— Hervé de Lépinau (@H2Lepinau) April 12, 2026
À ce sujet — 2027 : la revanche des Bourbons ?
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83 commentaires
Depuis que la France est une République, elle n’a fait que des c…….s. (dixit Charles de Gaulle). J’ajoute que Mr Barbier nous prouve qu’elle a également produit de nombreux oligarques de carnaval (de Venise).
Toujours se méfier des gens qui se donnent un look reconnaissable, comme Barbier avec son écharpe rouge, Marc Veyrat avec son chapeau de quaker, ou le gourou de LFI avec ses vestes de prolos d’antan sur mesure… Ce sont des faiseurs.
La république française a été fondée sur le génocide Vendéen il n’y a rien à attendre de ce système
Et sur la mise à mort des prêtres, des religieuses et d’un régicide, une horreur !
La France est une République monarchique assumée, ou monarchie républicaine, ce qui revient au même.
Quand le » président monarque » affiche un mépris certain pour le peuple, quand le » démos » est oublié que reste t’il de la démocratie ? Si la République c’est » le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple », où placer la République lorsque la démocratie se réduit comme peau de chagrin ? « Au-dessus » de quoi ?
Que M. Barbier ouvre les yeux, et sorte de son » entre soi germanopratin », plutôt que de nous infliger ces effets sémantiques ineptes.
Pour moi, la république ce sont les impôts, la contrainte par la police et la justice et le régime de censure de la critique et de la parole, ce qui n’est guère différent de tout autre régime de gouvernance, c’est toujours une caste qui oriente le système pour son propre profit, le peuple est toujours dernier servi. La République a verrouillé par contre l’alternance, le renversement de la caste, en maintenant l’illusion de choix et de liberté… La monarchie elle pouvait alterner par exemple entre un Louis XV haï et égocentré, et un Louis XVI qui pensait le bien commun et la modernité.
La France n’est même pas une République car même le Bien commun n’a aucune espèce d’existence, qui la défendrait les armes à la main, la France sans doute mais le régime qui l’occupe où tous les biens communs ont été privatisé pour l’enrichissement ou les profits de quelques uns ?
Un délire de plus. Qu’est-ce qui, avec cette déclaration, sépare Barbier de LFI qui dit » si le résultat des élections ne nous convient pas, c’est la rue qui décidera » ?
Rien.
Les résultats, ce sont justement la rue !
en plus c’est faux Hitler n’a pas gagné légalement, il a ete désigné…
personne n’écoute Barbier qui passe son temps à aller sur les plateaux télé quand il n’est pas au théatre.
Qu’importe le propos il faut qu’on en parle…ridicule, stupide…il s’en moque….qu’on en parle!!!
Avec de tels raisonnements (si l’on peut considérer cela comme tel), il faut craindre à un refus de la part de l’hôte de l’Elysée de laisser sa place sous prétexte qu’il se voit l’unique rempart aux différents conflits actuels (Ukraine/Russie – Iran/USA/Israël). Il est bien capable de s’imposer malgré la volonté des Français donnant ainsi aux propos de Barbier un statut prémonitoire à peine voilé.
La république est une monarchie alternante avec l’élection d’un chef et une classe possédante et dirigeante. On ne change pas les humains.
Quels seront les critères de jugement et qui les fixera et les appliquera? Mr Barbier ne le dit pas! Dans son esprit on peut sous-entendre l’oligarchie en place.
Que le pouvoir commence d’abord à redonner la parole au peuple par des referenda: les sujets de manquent pas…
C’est sûr , la république macroniste est au-dessus de la démocratie . Cela , la France et son peuple l’ont enfin compris après 10 ans d’un règne sans partage !
Ledit peuple qui l’a élu et réélu d’où le règne sans partage…
Il faut bien exister puisque l’écharpe rouge ne suffit plus…