[MUNICIPALES] « Six maires noirs » : une essentialisation approuvée par Rima Hassan

Ici, les élus ne sont pas classés selon leur orientation politique mais selon leur couleur de peau.
@AN2303/Wikimedia commons
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« Six maires noirs, issus de banlieues, à la tête de villes qui les ont vus grandir. Pas un hasard, pas un symbole isolé. Une réalité qui s’impose. Ceux qu’on pensait loin des décisions sont désormais au cœur. Discrètement, le paysage change. Et ce n’est que le début. » Ce message a été posté par un compte nommé Bamakosoldat, sur X. Il était accompagné des photographies de Bassi Konaté, maire de Sarcelles, Yahaya Soukouna, maire de Fleury-Mérogis, Adama Gaye, maire de Mantes-la-Jolie, Aly Diouara, maire de La Courneuve, Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, et de Traoré Demba, maire du Blanc-Mesnil.

La publication est en elle-même dérangeante à bien des titres. Les mots employés ne doivent rien au hasard. Dans la phrase « Une réalité qui s’impose », il y a évidemment une notion de contrainte. L’auteur de ces lignes parle de ces élections comme de quelque chose de subi. Or, jusqu’à preuve du contraire, ces maires ont été élus et donc choisis par la majorité de leurs administrés. Le sens du mot « réalité » reste à définir.

Un message équivoque

La suite du message est du même acabit : « Discrètement, le paysage change. » Le Robert définit ainsi le mot « discrètement » : « Qui n'attire pas l'attention ». Il donne ensuite les synonymes suivants : « en catimini, à pas de loup, sur la pointe des pieds, en douce ». Et que dire de « le paysage change » ? Est-ce une façon poétique de parler de Grand Remplacement, un Grand Remplacement organisé, puisqu’il est imposé, mais aussi réalisé de manière sournoise ?

Après cette série de phrases qui suggèrent sans vraiment affirmer, la conclusion a des allures de menace : « Et ce n’est que le début. » Évidemment, nous pourrions avoir tout lu de travers et laissons donc à l’auteur le bénéfice du doute quant au sens réel qu’il a voulu donner à ses propos.

Il n’en reste pas moins que réduire ces six élus de la République à leur couleur de peau n’est pas chose normale. Cela laisse entendre que leurs compétences sont bien moins importantes que leur pigmentation, mais c’est aussi et surtout une forme de discrimination.

Propos équivoques, essentialisation… Tous les ingrédients étaient réunis pour plaire à Rima Hassan. Sans surprise, la députée européenne de La France insoumise a commenté ce post : « La fierté des nôtres ». Quatre de ces six nouveaux maires n’étant pas affiliés à La France insoumise, « les nôtres » ne peut faire référence à la politique. Quel est ou quels sont les points communs entre ces six élus en particulier et Rima Hassan ? Ils sont racisés, évidemment !

Une essentialisation sans équivoque

L’eurodéputée colle à son tour une étiquette sur les six maires susnommés. Comment Rima Hassan peut-elle; à longueur de journée; dénoncer le racisme des uns et des autres tout en refusant de mettre sur un pied d’égalité Blancs et Noirs ? Le fait de porter aux nues ces six hommes uniquement à cause de leur couleur de peau et, donc, de les opposer à ceux qui n’ont pas la même, n’est-ce pas là le point d’entrée du racisme ?

Rima Hassan l’a prouvé, elle n’a jamais été de ces élus qui rassemblent. Son fonds de commerce est la division, les oppositions et les prises de position hasardeuses. Son commentaire n’en est qu’une énième preuve.

 

Vos commentaires

53 commentaires

  1. Chassez le racisme par la porte et il revient par la fenêtre ! Et à voir ce que nous voyons le doute n’est plus permis ! Le grand remplacement qui « n’existe pas » et pourtant plus que palpable quand on écoute les déclarations clairement racistes de certains élus qui ne se voilent même pas la face pour affirmer leur racisme avec l’excuse que le racisme anti-blanc n’existe pas… Combien de temps allons nous subir cette ségrégation qui ne veut pas dire son nom mais qui s’amplifie pendant que nos dirigeants regardent ailleurs… Comment qualifier ces idiots de droite qui n’ont pas encore compris quel est le danger à toujours vouloir perdre en refusant de s’allier. Ne voient-ils pas que d’autres s’allient non pas par les compétences mais par la couleur de peau.

  2. A Bruxelles-Brussel au moins, un journal « de fin de journée » avait titré que le nouveau maire avait une qualité de plus que sa couleur de peau, il était le père d’un joueur de football qui semblais connu au sein de ce journal à tendance gauchiste. Bon, le gars n’a pas été renouvelé…

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