Grande-Bretagne : arts plastiques et musique menacés par la montée de l’islam à l’école

Un document enjoint aux professeurs de se plier aux prescriptions islamiques dans tous les secteurs de la vie scolaire.
Leeds religions islam Angleterre

La couverture du document, à elle seule, est déjà tout un programme.

Concocté par la ville de Leeds, le Conseil consultatif permanent sur l'éducation religieuse et un organisme pédagogique spécialisé (Pennine Learning), le document Sharing the Journey révèle malgré lui la place de l’islam dans le système scolaire britannique.

Sharing the Journey : l’expression est équivalente de « vivre ensemble ». Et il est nécessaire, le vivre ensemble. À Leeds, on parle « plus de 100 langues ». D’où la nécessité que les écoles fassent preuve de « pratiques inclusives » et de « sensibilité » pour s’accorder aux religions des élèves, qu’ils soient chrétiens, musulmans, juifs, rastafariens, hindous, sikhs, mormons ou témoins de Jéhovah. On imagine que chacun arrive avec ses obligations et ses desiderata. En fait, toutes les religions ne pèsent pas de la même manière sur la vie de l’école. La plus exigeante d’aménagements est l’islam.

Pudeur et ramadan

L’habillement : la pudeur « est particulièrement importante en islam ». Ainsi est justifié le hijab qui « implique que les filles soient couvertes, à l'exception de leurs mains et de leur visage ». Mêmes prescriptions strictes pour les cours de sport (« certaines filles musulmanes peuvent vouloir porter des leggings et un long T-shirt pour nager et se doucher », « certains garçons musulmans peuvent souhaiter porter un maillot de bain jusqu’aux genoux »).

À la cantine, « il devrait être possible de trouver des aliments halal ». Le jeûne du ramadan est obligatoire dès la puberté, mais « les parents d’enfants plus jeunes [à l’école primaire, donc, NDLR] peuvent également souhaiter qu'ils observent le jeûne ». Les écoles sont invitées à « reporter les examens internes » qui tomberaient au moment du ramadan. De même, lors de l’aïd, on évitera d’organiser rien d’important tel que « réunions parents-professeurs ou journées portes ouvertes ».

Musique et arts plastiques sur la sellette

Venons-en aux programme scolaires. Le document avertit que « pour certains parents musulmans », des matières peuvent être des sujets sensibles. Les cours d’art plastique ou d’histoire de l’art devront en tenir compte : « L’imagerie figurative tridimensionnelle des humains est considérée comme idolâtre par certains musulmans. » Voilà qui envoie dans le néant 90 % de la production picturale européenne. Le professeur de dessin fera bien attention (ne serait-ce que pour sa propre sécurité, ajouterais-je !) « à ne pas demander à ses élèves de reproduire des images de Jésus, du prophète Mohammed ou d’autres figures considérées comme des prophètes dans l’islam ». Les élèves catholiques qui voudraient légitimement dessiner Jésus ne le pourront pas : il ne leur appartient plus.

La musique n’est pas mieux lotie. Dans l’islam, elle est « traditionnellement limitée à la voix humaine et aux instruments de percussion non accordables comme au temps du prophète » (sic). Taisez-vous, hautbois, calmez-vous, musettes ! Quant à la danse et au théâtre, les parents pourraient se montrer réticents à tout ce qui implique « un contact physique entre hommes et femmes », à toute performance qui encouragerait « l’impudeur ou les sentiments sexuels ». Les hommes côté cour, les femmes côté jardin… et une scène vide pour les séparer. La non-mixité s'impose aussi aux cours d’éducation physique, et spécialement la natation.

À l'encontre de nos arts et de nos mœurs

Dans la trentaine de pages du document, les mormons sont mentionnés une fois, comme les Témoins de Jéhovah. Les sikh et les hindous, onze fois chacun. Les chrétiens (christians, christianity), seize fois. Les musulmans (muslims, islam, islamic)… 38 fois ! 38 occurrences qui témoignent des pierres d’achoppement entre le système scolaire occidental classique et les élèves musulmans qui y sont inscrits. Il n’y a pas un aspect de la vie scolaire où l’islam n’impose ses prescriptions, points non négociables. Cela est transposable à la société tout entière.

Et que dire de la complaisance du document ! Sur l’habillement, le ramadan, l’aïd, les prières qui sont un des cinq piliers de l’islam, la description se fait détaillée, empressée, catéchétique, si on nous permet l’expression. Le document se montre totalement compréhensif d'une religion qui va à l’encontre de la peinture, de la sculpture, de la musique, arts livrés à la merci de l’iconoclasme. À l’encontre, encore, de la civilité de nos mœurs : « Un père musulman peut ne pas souhaiter serrer la main d’une enseignante ou une mère musulmane celle d’un enseignant masculin. » Qu’importe, l’école doit en tenir compte, la société l’accepter. Et se soumettre.

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

14 commentaires

  1. Ce n’est pas pour rien que l’on appelait autrefois l’Angleterre la PERFIDE ALBION.
    Elle a fait entrer le loup dans sa bergerie ; la même chose se met en place chez nous : les islamistes se servent de LFI comme d’un marchepied pour atteindre leurs objectifs de conquête, après ils essuieront leurs babouches dessus. Quant aux passionarias de LFI, elles devront aller rapidement se rhabiller, dans tous les sens du terme.

  2. Il y a un truc que je ne comprends pas, certains musulmans veulent vivre à l’heure du prophète, pourquoi pas pourvu qu’ils ne l’imposent pas, mais alors il faut aller jusqu’au bout, plus de voiture ni d’avions ou autres moyens de transports, plus de téléphones de télévisions, d’électricité bref de tout les moyens technologiques dont nous bénéficions aujourd’hui, je leur dit chiche.

  3. Ce sont les Européens qui doivent toujours s’adapter à la religion, à la culture et aux traditions de ceux qui viennent s’installer chez eux. C’est toujours les mêmes qui doivent faire des concessions pour accommoder toujours les mêmes. C’est le résultat de la politique menée par des gouvernements élus par des peuples complices ou qui s’en foutent. Pour ce qui concerne les Britanniques, le Brexit n’a rien changé.

  4. Ça ne veut pas dire non plus qu’il faille conserver un blanc seing sur ces deux matières. Personnellement je suis favorable à ce qu’on les remplacent par deux heures de cours d’éducation socioculturelle, à l’instar de ce qui se fait en lycée agricole.

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