[ÉDITO] Le patrimoine, c’est mal : la preuve par l’impôt

L'État ne peut être partout : s'occuper du patrimoine privé et subventionner les associations immigrationnistes !
CHATEAU CHAPELLE D'ANGILLON

Il suffit de voir le succès du Loto du patrimoine, des Journées du patrimoine (devenues européennes !), des rares émissions de télévision consacrées au patrimoine ou encore l’émoi causé par le pillage du Louvre pour réaliser combien les Français sont sensibles à cette question. Patrimoine matériel, patrimoine immatériel, patrimoine national, patrimoine communal, que sais-je encore. Le patrimoine en long et en large. Et même arrangé à la sauce woke, avec l’invention du barbarisme « matrimoine » ! Globalement, le patrimoine, tout le monde est pour. Même Macron s’est emparé du sujet (de quoi ne s’est-il pas emparé pour, au final, tout saccager ?) durant son déjà trop long règne : ne s’était-il pas penché sur le malheureux sort de nos pauvres églises de France, le temps de faire une photo et de lancer une collecte nationale afin d'aider les communes de moins de 10.000 habitants à restaurer leur patrimoine religieux. Encore un truc qui a fait pschitt ! Mais bon, globalement, le patrimoine en France, c’est bien lorsque c’est collectif.

Le vaste projet millénaire du macronisme

C’est lorsque le patrimoine devient individuel que les choses se gâtent. La saillie de Yaël Braun-Pivet sur l’héritage est encore toute fraîche et a laissé des traces partout, même après sa tentative de rétropédalage. La Macronie, qui prétendait inaugurer un nouveau monde (on allait voir ce qu’on allait voir... et on a vu), rêvait de transformer la France en vaste « start-up nation ». Du reste, vous avez remarqué ? Depuis un certain temps, le mot a disparu des écrans, balancé à la poubelle comme ces goodies distribués à la fin d’un meeting ou d’un séminaire d’entreprise, sitôt rentré à la maison. Et dans le vaste projet millénaire du macronisme, il s’agissait de bouger, de se bouger, de lutter contre l’immobilisme. Alors, on se mit « en marche ». Vers où, on ne savait pas très bien. Huit ans et un chaos politique plus tard, on commence à avoir une petite idée. On bougea sur l’impôt. En supprimant la taxe d’habitation, histoire que, par ricochet, les propriétaires en prennent plein la figure. On supprima l’impôt sur la fortune (ISF) pour le remplacer par un impôt sur la fortune immobilière (IFI). L’immobilier, vous comprenez, par définition, c’est immobile. C’est pas bien. C’est même très mal.

Le budget : traduction en chiffres d'une politique

Mais foin de philosophie et redescendons de quelques marches. Lundi 21 octobre, les députés de la commission des finances ont attaqué l’examen du projet de loi de finances (PLF) 2026 en commençant, comme de coutume, par la partie recettes. De prime abord, il n’est pas question de philosophie mais de chiffres. De prime abord, car un budget, par définition, est la traduction, la mise non pas en musique mais en chiffres, d’une action politique. Du moins, en principe. Si, par exemple, vous rejetez - comme ce fut le cas, ce lundi -, la proposition de donner une part fiscale dès le deuxième enfant au motif que cela coûte un milliard (selon le rapporteur LR Juvin), vous ne faites pas seulement de la comptabilité, vous faites bien de la politique en passant par pertes et profits ce patrimoine dont, aujourd'hui, il ne reste plus que l’ombre : une politique familiale digne d’un grand pays, autrefois mise en œuvre sous de Gaulle et Pompidou. C’est un exemple, mais on pourrait en prendre d’autres.

Le nouveau « paradigme fiscal »

Et, justement, revenons à la question du patrimoine, sujet auquel, donc, les Français sont si sensibles. Un député RN – pour ne pas le citer, le député du Var Philippe Lottiaux – a déposé un amendement proposant d’ajouter à la liste des actifs exonérés de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) les bâtiments classés ou inscrits au titre des monuments historiques ouverts au public. Naïvement, nous pensions que c’était déjà le cas. Le propriétaire d’un château historique, hérité de ses ancêtres (« héritages rebond », pour reprendre au bond les propos de Yaël Braun-Pivet) ou acquis, un peu par folie, beaucoup par amour des vieilles pierres, doit donc s’acquitter de l'IFI, si son bien entre dans le barème (et on peut rapidement y être). Parce que, vous comprenez, il faut réorienter l’épargne des Français vers l’économie productive, puisque telle était l’idée de génie de Macron, soucieux d'installer en France un nouveau « paradigme fiscal » en instaurant l’IFI.

Exonérer les monuments historiques de l'IFI ? Vous n'y pensez pas !

Constat de ce député : « De nombreux monuments ne sont pas assez entretenus par leurs propriétaires privés, surtout lorsque ces derniers ne bénéficient pas de subventions publiques. Les coûts de fonctionnement et d’investissement d’un monument historique sont en effet très importants, que ce dernier soit ouvert au public ou non. » Que voulez-vous, l'État ne peut pas être partout : s'occuper du patrimoine privé et subventionner avec nos impôts les associations immigrationnistes. Et notre député d’ajouter : « De plus, en raison de ces coûts, certains propriétaires sont tentés de s’en séparer au profit d’acquéreurs étrangers plus fortunés, ouvrant ainsi la voie au démantèlement de notre patrimoine national. » Et, donc ? Amendement rejeté…

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Georges Michel
Journaliste, éditorialiste à BV, colonel (ER)

Vos commentaires

38 commentaires

  1. Il faut supprimer toutes les subventions à toutes les associations. Soit une association est utile et alors elle attire des membres cotisants pour la faire vivre. Soit une association est inutile, voire néfaste, et alors elle n’attire pas de membres cotisants, et elle doit disparaître et mourir.

  2. De mon temps, j’ai presque 80 ans, on faisait des enfants par amour… on ne calculait pas la part fiscale, ç’aurait fait débander !!! Hi hi hi…

  3. On reconnaît un grand pays à ses priorités, visiblement la France n’est que l’ombre de son passé. Macron lui continuera à vendre aux crédules son bilan merveilleux!

  4. Le patrimoine c’est un problème de riche ( LOL)
    Donc supprimons le ministère de la culture et France Télévision et Radio France puisque destinés aux riches !
    On se vante d’être un pays touristique mais on dénigre tout ce qui attirent les touristes…

  5. Quand il est question de gens qui n’ont pas d’argent ou pas assez pour entretenir leurs châteaux et hôtels particuliers, je sais que le mot « bénévoles » va se pointer. Je n’ai pas vraiment le temps de réagir sur le sujet de l’article, mais il est question de privé et de public Au niveau de ménages, le privé c’est ma maison, le public c’est le commissariat par exemple. Des travaux dans ma maison, j’ai un budget ( ou pas comme l’Etat) et en fonction je réalise ou j’appelle un entrepreneur. Ce ne sont pas les voisins qui vont m’apporter main d’oeuvre et financement, sauf, si évidemment, j’ appelle au bénévolat! Pour mon commissariat, ce n’est pas moi qui vais aller y faire des travaux de peinture en tant que bénévole, c’est un corps de métier payé en partie par mes impôts qui va s’y mettre. Voilà, tout est dit, c’est simple. A tiens, je viens d’entendre sur antenne que faire des économies, pour l’Etat, c’est lever des taxes. Ce n’est pas arrêter de distribuer, c’est engranger de l’argent! Au niveau des ménages c’est un aspect marrant !

  6. une part fiscale dès le 2ème enfant rejetée par les LR, eux préfèrent subventionner les immigrés, malgré leur discours sur les plateaux TV, il y a des milliards à reprendre aux ONG pro-migrants, il faudrait cnditionner les subventions de ces organismes que lorsqu’ils sont dans le pys des immigrés pas en France.

  7. Dans le grand livre de l’Histoire des hommes, le merveilleux chapitre France qui suscitait l’admiration du monde entier, ce clôt et s’achève dans un grand suicide tonitruant et pathétique. RIP mon beau pays tant aimé, l heure est venue de nous quitter. Je m’en vais vers des contrées qui s’aiment et se respectent.

  8. le fond est simple, le patrimoine c’est l’enracinement, de la famille, aux lieux, à sa ville ou région, à l’histoire à sa culture.
    Tout ce que déteste les macronistes sevrés au lait de Davos  » vous ne possèderez rien et vous serez heureux »
    Cest tout le symbole des quinquenats Hollando-macronistes.

  9. Tout est comme cela, à l’avenant. Moralement, je suis épuisée par tant d’incurie. « La possibilité d’une île » de Michel Houellebecq reflète bien ce sentiment où, finalement, on se sent vraiment seul(e) face au marasme dans lequel se trouve notre beau pays : la France. Qu’en reste-t-il ? Partir ? Mais où ?

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