[L’ÉTÉ BV] 45 % des Français prêts à voter RN ! Qui sont ces nouveaux convertis ?
Cet article a été publié le 16/05/2026.
On ne répétera jamais assez que les sondages ne sont pas l'élection et que leurs chiffres sont à prendre avec précaution. Tout autant ceux qui plébiscitent Édouard Philippe que ceux qui accordent 30 %, ou plus, à Marine Le Pen ou Jordan Bardella.
Le RN à plus de 30 % au premier tour de la présidentielle ?
Au sujet de ces 30 %, justement, une remarque s'impose : c'est une barre historique (cette barre fatidique des 30 %) haute rarement atteinte par un candidat. Depuis 1965 et la première élection présidentielle au suffrage universel direct, seuls cinq candidats ont dépassé ce plafond qui, par la dynamique qu'il donne, ouvre immanquablement la porte de l'Élysée : de Gaulle en 1965, justement (44,6 %), Pompidou en 1969 (44,5 %), Giscard en 1974 (32,6 %), Mitterrand en 1988 (34,1 %) et Sarkozy en 2007 (31,2 %). Pas de loi générale à tirer de ces rares précédents, les circonstances politiques de 2027 étant radicalement différentes de ce qu'elles furent (poids historique du gaullisme en 1965 et 1969, affrontement droite-gauche ensuite). Si, une, peut-être : ce candidat a su s'imposer, rassembler et fédérer très largement à droite et à gauche de son noyau dur. Il n'en reste pas moins que si le candidat RN atteignait les 30 %, ce serait un fait politique et historique majeur. Et cela voudrait dire qu'il a, justement, été capable de rassembler large, du centre à la droite ultra, sans laisser émerger de concurrent à plus de 10 % sur ce terrain. C'est pourquoi il est intéressant de scruter les raisons politiques et sociologiques qui expliquent le score actuel flatteur pour le RN.
À ce sujet — Rassemblement national : la barre fatidique des 30 %
Les quatre électorats RN
Le directeur de l’Observatoire de l’opinion de la fondation Jean-Jaurès, le docteur en science politique Antoine Bristielle, apporte, dans Le Monde, un éclairage intéressant sur l’élargissement du potentiel électoral du Rassemblement national (RN). Il se fonde sur la dernière édition de l’enquête électorale menée par Ipsos BVA-CESI École d’ingénieurs pour le CEVIPOF, la fondation Jean-Jaurès et Le Monde, qui indique que 45 % des électeurs français déclarent aujourd’hui une probabilité d’au moins 50 % de voter pour le RN, lors de prochaines échéances électorales ! Là encore, il faut manier ces chiffres avec prudence : 45 % avec une probabilité d'au moins 50 %... et tout cela à un an de l'élection, les candidats n'étant pas tous connus ni même d'ailleurs le candidat RN... Toujours est-il que ces 45 % proviendraient de la réunion de quatre courants différents. Si la droite, selon la vieille théorie de René Rémond, comptait trois tendances (orléaniste, légitimiste et bonapartiste), le RN 2026 se situerait à la confluence de quatre. Les deux premiers, qui constituent le socle historique, sont très différents mais « cohabitent bien ». Il y a d'un côté un électorat populaire délaissé, de l'autre ceux que notre chercheur nomme les « libéraux identitaires ». Un clivage sociologique recoupant la dichotomie RN du Nord, RN du Sud, symbolisée aux régionales de 2015 par les candidatures de Marion Maréchal en PACA et de Marine Le Pen dans les Hauts-de-France.
À ces deux piliers s'ajoutent désormais deux autres groupes qui assurent la dynamique actuelle du RN. D'une part ce qu'Antoine Bristielle appelle la « France glissante », l'électorat du « pourquoi pas ? » venu au RN grâce à sa dédiabolisation et la diabolisation symétrique de LFI. L'effet « barrage inversé ». D'autre part, « un réservoir de voix inédit ancré à droite », « des électeurs ancrés dans la droite dure, qui sans être en parfaite adéquation avec le RN, sont animés par un vote utile pour ce parti parce qu’il peut, à leurs yeux, gagner », « un électorat qui pouvait être filloniste en 201, zemmouriste en 2022, au sein duquel le vote RN n’était pas majoritaire jusqu’à présent ». Un électorat qui plébiscite Marion Maréchal et Éric Ciotti, mais aussi les prises de position droitières et libérales de Bardella et Marine Le Pen. Le défi, pour le RN et son candidat, consistera donc à parler à tous. En effet, si ces quatre électorats peuvent diverger fortement sur les questions économiques, ils se ressemblent très largement sur l'immigration, l'insécurité et l'identité. Pain bénit pour le RN : c'est précisément son ADN ! Si, à gauche, comme le révélait l'affaire de la note Glucksmann épinglée par Marc Baudriller, l'heure est à l'abandon de l'électorat populaire, au RN, plus que jamais, il s'agit d'agréger durablement ces nouveaux venus.
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267 commentaires
Objectif primordial : dégager la nébuleuse gauchiste, l’extrême centre et la fausse droite. Le RN est semble-t-il le mieux placé pour réaliser le miracle en 2027 à condition de transformer l’essai avec une majorité absolue lors des législatives. Ensuite, Dieu reconnaîtra les siens.
RN le mieux placé ? Pas si sûr. Disons que l’on est obligé de voter pour ce parti si l’on veut commencer à se débarrasser de l’oligarchie qui nous gouverne (et un peu les gauchistes qu’elle tolère complaisamment). Après, ce sera la longue marche pour le retour à la citoyenneté.
Commençons par voter en masse.
OUI au 1er tour il faut voté RN en masse le seul parti de la France et des Français.
Non, sûrement pas le seul. Ce sont surtout les souverainistes qui sont le seul parti de la France et des Français. Evidemment, les médias de plateau, y compris Bolloré les ignorent.
Mais le RN continue ses combines et cherche à être conforme aux idées dominantes, non seulement, il trahira une grade partie de ses électeurs, mais il risque bien de ne pas gouverner. PRUDENCE.
Le RN doit.être là pour réaliser le cordon sanitaire républicain .
Ironie de l’histoire !
Toutes les droites réunies nous passons au premier tour , faut avoir le courage et la volonté du changement qui sera difficile, les Français le savent , alors votez RN ! On y croit
D’abord, il n ‘y a plus de « droites ». Elles sont mortes en 2019 (cf. ce qu’en dit Zemmour publiciste). Le RN est mal parti pour incarner le changement. Nous, on doit se contenter de voter – pour commencer – et de voter pour lui, uniquement pour faire barrage à l’oligarchie, mais ce n’est qu’une étape. Tant que les souverainistes ne seront pas représentés au Parlement, il faudra se battre longtemps pour retrouver notre dignité de citoyens.