Un chiffre qui fait froid dans le dos, et qui a dû être au cœur de ce cinquième Comité stratégique de la santé mentale et de la psychiatrie, le vendredi 21 janvier, en présence de Sophie Cluzel, secrétaire d'État au Handicap, et d'Olivier Véran, ministre de la Santé. Une nécessité, quand on observe la pandémie psychologique des deux dernières années : ainsi, d’après les chiffres dévoilés par Santé publique France, en septembre 2021, 63 % des Français déclarent des problèmes de sommeil (14 points de plus qu’avant la sanitaire), 15 % des Français montrent des signes d'un état dépressif, 23 % d'un état anxieux et 10 % ont eu des pensées suicidaires au cours de l'année (5 points de plus qu’avant la crise sanitaire). Si pandémie il y a eu, on peut être sûr que la pandémie psychologique est une réalité.

À l’heure où, pendant le premier de 2020, le et les médias lançaient l’alerte sur les faites aux femmes, est-ce que le problème de l’isolement, de l’enfermement et de la déscolarisation avec les conséquences psychologiques à craindre attirait autant l’attention ?

Notons que les autorités s’étaient penchées sur la question. Dès le 23 mars 2020, c’est-à-dire à peine quelques jours après le début du premier confinement, Santé publique France lançait CoviPrev : une enquête visant à suivre les comportements des Français et leur santé mentale. C’était en effet judicieux d’y penser. SOS Amitié, une association de bénévoles épaulant des personnes en détresse psychologique, a recensé 102.644 appels du 15 mars au 10 mai 2020, contre 77.722 sur la même période en 2019. Il était effectivement utile que les autorités se penchent sur la question.

Pour quels résultats ? En novembre 2020, 20 % des Français ont pensé sérieusement au suicide, ce qui, d’après la fondation Jean-Jaurès, est un chiffre à peu près équivalent à celui de l’année 2016 ; la différence étant que le nombre de tentatives augmente : 27 % en 2020, contre 22 % d’entre elles en 2016.

L’augmentation des tentatives de suicide chez les jeunes, le reflet d’une génération sacrifiée ?

Il n’est guère besoin d’être un grand spécialiste de la petite enfance pour être affligé à l’idée des conséquences que peuvent avoir, sur le long terme, les mesures sanitaires sur des élèves de primaire et de collège : déstructuration de la scolarité au moment où ils apprennent les fondamentaux, désocialisation au moment où ils apprennent à vivre en société. Comment vont-ils se tourner vers l’avenir ?

Les conséquences sur le court terme ont déjà de quoi effrayer. En octobre 2021, l’hôpital Robert-Debré, à Paris (XIXe), faisait état d’une augmentation de 299 % des admissions aux urgences pour tentatives de suicide chez les moins de 15 ans, entre juillet-août 2019 et mars-avril 2021.

« Il faut se méfier d’une vision centrée sur un seul hôpital », fait remarquer Vincent Jardon, responsable dans les Hauts-de-France de VigilanS, un dispositif de suivi des personnes ayant tenté de se suicider. Mais cela étant dit, il note que « le constat général semble assez partagé sur le territoire national ».

25 janvier 2022

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