Retour du Donbass : la guerre se poursuit mais le peuple s’organise


Responsable d’une association humanitaire

 

Je rentre tout juste de la République populaire de Donetsk (RPD), une des deux républiques du Donbass qui ont fait sécession de l’Ukraine suite au coup d’État, encouragé par l’Union européenne et les États-Unis d’Amérique, à Kiev en février 2014.

J’y étais avec l’association Ouest-Est pour distribuer de l’aide humanitaire sur la ligne de front auprès des personnes qui souffrent des bombardements quotidiens de l’armée de Kiev. La guerre a déjà fait plus de 10.000 victimes, mais personne ne sera Charlie pour les habitants d’ici : l’assassin est un ami de l’OTAN, et ça, ça change tout. Les conditions sur le front sont souvent inhumaines, sans eau, ni électricité, ni soins médicaux.

J’étais également invité par la RPD à participer, le 9 mai, aux festivités de la victoire de 1945 sur le nazisme ainsi qu’au troisième anniversaire de la jeune république, deux jours plus tard. Lors des deux manifestations publiques, j’ai été impressionné par la ferveur et le nombre de personnes dans les rues pour soutenir la jeune république. J’ai vu des dizaines de milliers de personnes, et notamment des jeunes, venues de toute la région, et même des villes officiellement occupées par Kiev, marcher dans les rues, le sourire aux lèvres et fiers de défendre leur liberté malgré la guerre. Les rues de Donetsk sont d’ailleurs impeccables, preuve que les citoyens ne se laissent pas abattre et entretiennent ce qui est leur.

Un peu taquin, un homme me dit : « La seule fois que vous réussissez, à l’Ouest, à mettre autant de personnes dans la rue, c’est pour une grève ou une Gay Pride. Chez nous, ça n’arrivera pas. »

Cette jeune république et ses citoyens affichent fièrement leurs nouvelles couleurs et tous m’ont dit qu’il était hors de question qu’ils retournent un jour cohabiter avec l’administration de Kiev. « Comment voulez-vous que nous retournions habiter avec ceux qui nous tuent, nous coupent nos vivres et qui veulent nous interdire de parler notre propre langue ? » m’ont-ils tous dit. Depuis qu’ils ont pris leur destin en main, il est vrai qu’eux, contrairement à Kiev, ont réussi à se débarrasser des oligarques et des injonctions de Bruxelles et du FMI. Cela est dû, notamment, au travail colossal réalisé par la toute jeune administration du très charismatique président Alexandre Zakhartchenko, que j’ai pu rencontrer, qui réussit à insuffler courage, confiance et détermination à son peuple.

On verra comment l’administration Macron honorera la signature de la France au bas des accords de paix de Minsk II. En attendant, les habitants du Donbass ont besoin de notre aide et de notre soutien pour faire connaître leur calvaire au plus grand nombre et pour peser auprès de nos dirigeants afin d’obliger Kiev à déposer les armes. Le Donbass, comme le reste de l’Europe, n’a pas besoin de guerre mais de paix.

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