Quoi qu’il se passe le 8 décembre…

Une explication et une dénonciation.

Comme on mesure, pour le président de la République, ce qu’il doit ressentir avec la désaffection radicale de beaucoup ! Comme il n’est pas nécessaire d’être un fin psychologue pour comprendre que « le Président vit très mal d’être détesté par les Français » (Le Monde) ! On peut tenter de trouver, dans sa personnalité, sa campagne et les débuts de son mandat, des points communs avec tel ou tel de ses prédécesseurs, notamment Valéry Giscard d’Estaing. Il n’en demeure pas moins que, pour l’essentiel, Emmanuel Macron se créditait d’une irréductible singularité et qu’elle a été perçue positivement, durant un temps, par beaucoup.

Séduction, modernité à la fois royale et décontractée, subjectivité libre et audacieuse, jeunesse triomphante, l’éclat et l’incandescence après la grisaille pluvieuse, conscience de soi mais volonté, en même temps, de partage, incarnation atypique d’un nouveau monde, couple présidentiel à la fois fusionnel, mignonnet avec sa permanente main dans la main mais solide et omniprésent, lui à sa manière, elle avec son genre, fraîcheur de l’abandon de la politique traditionnelle et certitude d’une adhésion qui, à défaut des idées, s’attacherait au charme, vérité dans la proximité, autorité dans la distance, bref, un être que les Français ne pouvaient pas ne pas aimer même si son élection n’a pas été acquise avec un grand nombre de suffrages.

Et une telle retombée personnelle, ciblée, vindicative, haineuse, vulgaire, imprégnée de violence et de destruction, non plus seulement la dégradation du lien entre un peuple et son Président mais l’aspiration à néantiser ce dernier comme s’il était indigne. Il ne peut plus sortir d’une tour d’ivoire qu’on lui reproche sans être hué. En si peu de temps, l’émergence d’un sentiment contre lequel n’importe quelle politique risque de se briser : on n’en veut plus parce qu’il est lui et que nous sommes nous. Ses prédécesseurs, malgré les apparences, avaient la peau dure alors que lui, à l’évidence, pâtit d’un épiderme léger, susceptible et persuadé qu’il doit y avoir de l’équité dans la politique. Alors que celle-ci se moque de celle-là.

Le président interviendra au début de la semaine prochaine. J’ose espérer qu’à nouveau, il ne décevra pas ses soutiens et ses partisans. Qu’on m’entende bien : les contestations virulentes sont admissibles, quel que soit leur registre. La France raffole des querelles et elles sont légitimes. Il suffit, d’ailleurs, pour contredire celui qu’on a voulu qu’il parvienne au pouvoir. Il y a des élections pour que le ressentiment de tous et de chacun s’exprime. Bientôt les européennes au mois de mai 2019. Nul doute que, plus que jamais, elles constitueront un référendum pro ou anti-Macron. Et c’est normal.

Mais j’avoue être scandalisé par le surgissement d’une politisation débridée chez certains gilets jaunes qui sont, comme il se doit, ceux qu’on invite et qu’on entend partout. J’ai eu le bonheur de pouvoir écouter « Les Vraies Voix », sur Sud Radio, le 6 décembre, comme un auditeur ordinaire. Elles s’étaient dépaysées à Montauban sur un rond-point. À la fois je confirme l’excellence de l’émission et le caractère perturbant de certaines interventions.

Il y a véritablement l’émergence d’un coup de force démocratique, le surgissement ostensible et avoué, sans être contredit, d’un coup d’État institutionnel par le biais d’une idéologie clairement identifiable. L’obsession d’un putsch. L’allusion à des comités de citoyens fait froid, historiquement, dans le dos.

Destitution, démission, mise en pièces de la légitimité de l’élection présidentielle par des citoyens affirmant représenter le peuple mais clairement des factieux. Arlette Laguiller, par comparaison, est d’un parfait civisme. On a le droit de ne pas aimer ce Président, mais se glorifier de prétendre le chasser en dehors des chemins démocratiques est une honte.

Les opinions les plus folles et les plus choquantes sont écoutées avec déférence et componction au prétexte qu’elles sont habillées d’un gilet jaune. Il faudrait peut-être les prendre pour ce qu’elles sont : des appels à trahir l’esprit républicain.

C’est ce thème que le Président devra marteler la semaine prochaine. Il ne pourra plus rassembler sur sa politique. Il devra rassembler au nom de la démocratie et de sa défense.

Les Champs-Élysées en masse comme en 1968 ?

Extrait de : Justice au Singulier

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