Editoriaux - Histoire - 14 mars 2019

Pourquoi la colonisation serait-elle la honte de l’Occident ?

Quand tu décris un rat, un lion ou une tortue, la notion bon/mauvais n’intervient pas dans ta description. Pourquoi devrait-elle intervenir quand il s’agit de l’être humain ? Ainsi, rat, lion et tortue partent à la conquête d’autres territoires, comme tous les êtres vivants. Ce n’est ni « bon » ni « mauvais ». Pourquoi ce trait de caractère serait-il mauvais chez l’être humain ?

La mode est à la critique de toutes les actions de l’Occident, et en particulier la colonisation. C’est « bon » de critiquer ce qui est « mauvais » et le « bon » se sent tellement « bon » par ses paroles qu’il n’a plus besoin d’agir. Il n’a même pas besoin de se renseigner et j’observe que celui qui critique la colonisation ne l’a pas étudiée. Celui qui décrit le rat, le lion ou la tortue a étudié ses mœurs, sa nature, son cadre de vie… il ira plus loin dans cette étude s’il est enthousiaste. Jamais il ne jugera.

Mais pourquoi l’Occidental se vautre-t-il dans la honte, la repentance, quand il s’agit de ses mœurs à lui ? Se croit-il d’une autre nature que les autres peuples, que les autres animaux ? Il s’agit, dans la colonisation, d’une caractéristique humaine où – contrairement à d’autres groupes humains, mais comme l’Empire romain – l’Occidental a connu une réussite assez remarquable : la planète entière s’est occidentalisée ! Cette occidentalisation a bien évolué dans des pays au climat tempéré, elle devient un problème là où les populations n’ont pu se prendre en main après leur indépendance.

Je pense, en particulier, au Congo ex-belge. Ce pays est devenu indépendant en 1960 sous la pression de l’URSS, représentée par un agitateur dangereux, Patrice Lumumba. C’était l’époque de la guerre froide, la peur a fait « donner » l’indépendance à des pays qui n’étaient pas prêts, à des gens qui ne la demandaient pas, pays qui souffrent maintenant d’une mondialisation sans scrupules, de la corruption, de dictatures prêtes aux massacres… de la surpopulation !

L’Occidental ne se dit pas que l’histoire a mal tourné, qu’il serait correct de prendre des mesures pour aider le Congo à s’en sortir – par exemple, des mesures proposées par Jean-Pierre Nzeza Kabu Zex-Kongo. Non, l’Occidental bat sa coulpe, culpabilise ses ancêtres… accepte l’invasion de gens assez riches pour se payer le voyage vers l’Europe et assez dynamiques pour pouvoir se rendre utiles au Congo en y restant sur place. Ici, il ne s’agit pas de « colonisation » mais d’occupation du pays d’accueil… de destruction du pays d’origine privé de ses forces vives.

Incitons nos hommes politiques à se renseigner, à agir utilement – en exigeant la protection des gens dynamiques sur place, par exemple –, à être réalistes. Cela est possible et cela se fera après une prise de conscience.

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