En mai, fais ce qu’il te plaît…

Cadre culturel
 

« Mesdames et messieurs, faites vos jeux ». Début des mises, après paiement des gains de la précédente.
« Les jeux sont faits ». Lancement de la bille.
« Rien ne va plus ». Fin des mises, la sortie du numéro gagnant étant imminente.
En effet, rien ne va plus…

On comprend ce qui taraude ces braves gens : on a vu le Brexit, puis on a vu Trump. Bon, mais c’était des Anglo-Saxons, en quelque sorte des barbares qui n’ont pas la finesse des Français. Ça ne peut pas, ça ne doit pas arriver à la France, terre des Lumières, de Descartes (même s’il est un peu hollandais), Rousseau et Voltaire. Le hic, l’erreur fatale est que l’Histoire de France ne se réduit pas à Descartes, Rousseau et Voltaire.

Alors, on assiste à une partouze politique sans précédent dans l’histoire de notre République. On imagine des couples se formant dans une scène fellinienne, d’une délicieuse décadence : Villepin s’accouplant avec Cohn-Bendit, Bayrou copulant avec Robert Hue… Dans un creuset infernal où tous les bords, même les plus opposés, se retrouvent pour brûler ensemble, main dans la main, sorte d’apocalypse du front républicain où la « chose publique », ayant perdu tout honneur, est devenue « femme publique ».

Et la partouze pourrait s’élargir avec une alliance Hamon-Mélenchon ou Fillon-Macron.

Les jeux sont faits… rien ne va plus… Le scénario sera vraisemblablement soit Fillon-Macron contre Marine (les bourgeois contre le peuple), soit Mélénchon contre Marine (les peuples contre le peuple). Dans un cas comme dans l’autre, c’est le mondialisme économique ou migratoire contre la souveraineté du peuple français.

Jacques de Guillebon, dans un très bel article publié vendredi dans Causeur, « Marine Le Pen, une aventure française », décrit bien le contexte : « Ce qui fait précisément frémir le bourgeois mondialisé à l’avance, c’est la réhabilitation et la poursuite de l’esprit français, qui est plus fait d’honneur que de comptabilité. »

Il faudrait convoquer au jeu de massacre à la fois Louis-Ferdinand Céline et Léon Bloy, les deux pourfendeurs de l’esprit bourgeois. Entendons-nous bien. L’esprit de bourgeoisie, bien définis par Léon Bloy et son filleul Jacques Maritain, n’est pas une question de milieu social ou de classe. C’est bel et bien un conformisme à l’air du temps qui peut, à un moment de l’Histoire, toucher toutes les couches de la société.

Toutes les bourgeoisies de mœurs, d’argent, pseudo-intellectuelles se trouvent acculées. L’esprit français est en train de les vomir. L’événement que nous allons vivre va être plus terrible que 1789 et même que la Terreur de 93, car quand on a coupé une tête, a priori, elle ne continue pas de penser. Là, ce sera pire. Toutes les têtes pensantes et bien-pensantes de ces dernières décennies vont devoir continuer de penser et contempler l’enfer où ils se sont précipités.

Dans un dernier post, je citais Shakespeare : Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre que dans toute votre philosophie. » Les libéraux libertaires et mondialistes touchent les limites de leurs postures et de leur commune imposture car ils n’ont ni ciel ni terre ou, pour être plus précis, ils penchent uniquement soit du côté du ciel (celui des idées), s’ils sont idéalistes, et oublient la dure réalité de la terre, soit uniquement du côté de la terre, s’ils sont matérialistes, et oublient l’exigence des droits du ciel inscrits dans l’Histoire de France.

Français, en mai, fais ce qu’il te plaît.

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