Culture - Editoriaux - International - Politique - 20 octobre 2018

Macron ou la francophobie

L’occasion de dilapider un peu plus notre héritage culturel sur l’autel de la mélasse mondialiste était trop bonne : Macron ne l’a pas ratée !

En entrée, prendre en otage Aznavour transmué en chantre « saute-frontières », banalisé en produit commercial de consommation mondialisée, alors que, c’est tellement évident, l’artiste est universellement perçu comme porte-drapeau du génie de la chanson française, à l’égal de Brel, Ferré, Piaf.

La langue française gagnerait à ne plus appartenir au peuple qui l’a élaborée, ni même à la Francophonie, mais à une nébuleuse plurilinguiste, « une communauté (sic) linguistique… un être vivant qui s’enrichit de nouveaux sens »… » L’essentiel est ici de casser le lien entre un peuple et sa langue.

Pour bien enfoncer le clou, il insiste, osant assener que « la langue française s’est émancipée de son lien avec la nation française pour accueillir tous les imaginaires ». Outre son habituelle formulation pompeuse, tapie derrière une opacité fantasmagorique (« les imaginaires »), on écarquille les yeux devant ce qui n’est plus seulement le toupet d’un gamin immature, inconscient de ce qu’il fait. Se claironne désormais le bradage conscient, voulu, revendiqué d’un héritage qui ne lui appartient évidemment pas. Ce dont il n’a cure. Car, enfin, il n’est ni légitime ni constitutionnel qu’un président de la République s’autorise à juger de tout, à trancher sur tout, à dire le droit sur tout, oubliant que seule une majorité de circonstance, toute relative au demeurant, l’a désigné par défaut.

Alors qu’il est admis que toute langue est le reflet de l’âme d’un peuple, forge la pensée, est un lien social spécifique, ses déclarations à lui ne sont que génocide culturel.

Continuons sa lecture : « Quand je parle de la langue française, je parle de nos langues françaises [son] épicentre est sans doute dans le bassin du fleuve Congo, ou quelque part dans la région. » Mais où va-t-il chercher ces élucubrations ? Outre que l’on retrouve là un des prétextes à l’enterrement de la blanchitude, Macron accentue sa ligne obsessionnelle de l’aliénation de l’identité des peuples. Et d’abord du peuple dont il est issu. Sa volonté est de liquéfier notre identité dans le melting-pot mondial, de la réduire à un avatar local. Exit l’universalisme que le monde entier nous reconnaissait, et dont ce monde est aujourd’hui frustré !

Et puis invoquer Ionesco ou Kundera comme otages de la diversité, eux qui sont pourtant venus volontairement se lover dans la langue française par ressourcement amoureux…
On sait que la langue est porteuse de valeurs, d’identité, de pérennité, de liens. Mais, pour lui, « notre langue n’est pas installée pour toute éternité à travers nos continents ». On a envie de hurler.

La voix de la France, la Francophonie, n’est donc plus, pour lui, porteuse de cette universalité qui ouvrait le monde à la liberté, de ces idéaux où se ressourçaient les damnés de la Terre, mais se confine désormais aux modes du temps : « L’avenir de l’Afrique sera féministe. Tout comme en Europe et ailleurs. » Ouf ! nous voilà « politicorrectement » rassurés, sa Francophonie est décidément tendance !

Et pour anéantir les derniers espoirs de ceux qui n’auraient pas compris, il fait nommer secrétaire général l’improbable madame Louise Mushikiwabo, ministre de Paul Kagame, qui ne semble pas s’être élevée contre la fin, au Rwanda, de l’enseignement du français dans les écoles, ni l’abandon du français comme langue officielle, au profit de l’anglais.

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