Le Lot-et-Garonne, département socialiste en quasi-faillite, bientôt mis sous tutelle ?

 

C’est un feuilleton à épisodes, mais sans véritable rebondissement, sans surprise. Comme le sont toujours une crise, et une faillite. Les chiffres sont implacables. Les remèdes aussi. De cheval. Une faillite, c’est toujours pareil, que ce soit pour une entreprise, un petit pays comme la Grèce depuis dix ans, ou un petit département comme le Lot-et-Garonne. Cela peut aussi arriver à d’autres. Et à plus grand.

Ici, c’est donc celle d’un petit département rural, sinistré économiquement, qui croule sous le poids de l’assistanat public et, donc, des impôts. Crise de ciseaux. Mais une telle situation n’est pas arrivée du jour au lendemain. Pas d’escroquerie. Pas de dissimulation des comptes. Pas de gros emprunt toxique. Non, cette faillite n’est que le résultat d’une gestion, d’un manque de courage et d’anticipation, de mauvaises habitudes. Et c’est presque pire…

Les choses ont commencé à se savoir quand, il y a quatre mois, le président PS du conseil départemental, M. Camani, appelait l’État à l’aide, en pleine campagne présidentielle, en expliquant que le département ne financerait plus la totalité du RSA. C’était l’acte I.

« Malgré les mesures drastiques que nous avons prises, l’exercice est impossible. Je vous propose donc, afin d’équilibrer notre budget, de ne répondre à nos obligations de solidarité nationale qu’à la seule hauteur de l’engagement de l’État. En clair, faire la grève du financement des allocations de solidarité nationale. Concrètement, sans dotation exceptionnelle de l’État, nous ne paierons pas, en 2017, cinq mensualités à la CAF pour rembourser le RSA. Cela représente 21 millions d’euros. »

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Acte II : il y a un mois, le préfet du département saisit la chambre régionale des comptes pour qu’elle examine la situation budgétaire du conseil départemental de Lot-et-Garonne, puisque les élus ont voté un budget avec une ligne de recettes fictive de 20 millions d’euros. Pour le président du conseil départemental, « cette saisine n’est pas une surprise et elle est la conséquence du bras de fer que nous avons engagé ».

Acte III : la chambre régionale des comptes a donc, au bout d’un mois, rendu son rapport et ses préconisations aux élus. Si elles n’ont pas été rendues publiques, des fuites indiquent les solutions incontournables : économies drastiques de cinq millions d’euros et hausse de 20 % de la part départementale de la taxe foncière… hausse de 20 %… vous avez bien lu…

Les élus auront un mois pour les accepter et voter un nouveau budget. Mais si les mesures nécessaires au redressement sont jugées insuffisantes par la chambre, le préfet arrêtera alors le budget en le réglant d’office à partir des propositions de la CRC. Le préfet et la CRC pour le Lot-et-Garonne, ce sont un peu la troïka pour la Grèce. Les porteurs de mauvaises nouvelles et de solutions douloureuses que les élus n’ont pas le courage d’assumer. Ce sera l’acte IV.

L’acte V ? Que les élus aient le courage ou non de voter ces mesures, les contribuables lot-et-garonnais subiront un matraquage fiscal sans précédent. Pour solder une politique de subventions irréfléchie, à moins qu’elle n’ait été électoraliste, et une politique sociale, avec le RSA, pour laquelle, visiblement, la France n’a plus les moyens de ses généreuses ambitions.

Faut-il préciser que le PS « canal historique » a été laminé lors du premier tour dans les trois circonscriptions du département, mais que les candidats LREM – arrivés en tête – ne sont que des ex ou post-socialistes qui ont su prendre le train en marche ?

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